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28 janvier 2018

Il y a commémorations et commémorations...

Une plaque commémorative en présence de l’ambassadeur d’Algérie doit être apposée à Marseille ce dimanche pour mentionner l’attentat de décembre 1973 contre le consulat d’Algérie dans lequel quatre personnes avaient été tuées et vingt blessées. Mais aucun représentant de l’Etat ne participera à cette cérémonie.


" L’attaque à la bombe contre la représentation diplomatique algérienne le 14 décembre 1973 fut l’épilogue d’une longue série de menaces et de violences à l’encontre des ressortissants algériens à Marseille.", rappelle Aziz Zémouri das Le Point.

À ce jour, la justice française n’a prononcé qu’une seule condamnation contre l’un des commanditaires de cet attentat.

"A l’époque, des nervis d’extrême droite, chauffés à blanc par les médias et les politiques locaux, appelaient aux « ratonnades » contre les Algériens. Mitraillages de foyers et de bidonvilles ainsi qu’assassinats transformèrent la vie des immigrés en cauchemar.

L’État algérien décomptera près de 50 morts – la France, 16 – et 300 blessés en moins de six mois. Les autorités d’Alger ont accusé le président Georges Pompidou et le maire socialiste Gaston Defferre de passivité.

Cette histoire méconnue a marqué durablement la mémoire collective des Algériens et de leurs descendants. « On veut bien vivre comme des chiens [dans des bidonvilles, NDLR], mais pas mourir comme des chiens », dira en substance un Algérien interrogé à l’époque par la télévision. Une séquence reprise dans "La Ratonnade oubliée", un documentaire de Morad Aït-Habbouche et d’Hervé Corbière diffusé sur Canal+ en 2009.

« Histoire commune »

Pour l’association locale Mémoire et Réconciliation, à l’origine de la cérémonie de dimanche, « il s’agit de participer à l’écriture d’une histoire commune en même temps que d’un devoir de mémoire, comme l’explique Fazia Hamiche, sa présidente. Au sein de notre organisation, nous sommes français, et il y a aussi des Algériens, des Franco-Algériens, des anciens et des jeunes. »

La pose de la plaque permettra surtout de réparer un oubli. Reste qu’aucun représentant de l’État n’a prévu d’être présent. Seule la mairie de Marseille devrait y envoyer un de ses adjoints. D’habitude, hauts fonctionnaires comme hommes politiques jouent des coudes pour être vus sur la photo lors des nombreuses commémorations que compte notre pays, et Marseille en particulier. Interrogées sur cette absence, les autorités jointes par Le Point n’ont pas souhaité répondre."

Source : http://www.lepoint.fr/societe/ratonnades-a-marseille-le-difficile-combat-contre-l-oubli-28-01-2018-2190201_23.php

CAPJPO-EuroPalestine


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