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27 février 2018

Torture : une famille palestinienne poursuit un fournisseur hollandais de chiens d’attaque (vidéo)

A l’âge de 15 ans, Hamza Abou Hashem a été sévèrement blessé par un chien d’attaque, que ses maîtres, les soldats de l’armée israélienne, avaient délibérément lâché sur lui.

Sur cette courte vidéo, on peut clairement entendre les soldats encourager le molosse, aux cris de « va-z-y, mords-le ce fils de p…, Qui c’est qui a peur là ? », alors que le jeune homme est sans contestation déjà maîtrisé par les hommes en armes, rapporte le site Mondoweiss.

L’attaque avait eu lieu le 23 décembre 2014 au village de Beit Omar en Palestine occupée, et un parlementaire israélien, Michael Ben-Ari, avait publiquement salué la vidéo en ces termes : « Voilà une bonne leçon administrée à ce petit terroriste ! Partagez cette vidéo, de façon que chaque terroriste sache le prix à payer pour qui cherche à faire du mal à nos soldats ! ».


(Hamza aujourd’hui)

Trois ans après les faits, Hamza souffre encore de sérieuses lésions aux jambes, aux bras, et à une épaule, infligées par les morsures.

Immédiatement après l’agression barbare, Hamza avait été arrêté, pour la 4ème fois depuis son 11ème anniversaire, conduit menotté dans un hôpital israélien où il avait été maintenu 7 jours enchaîné à son lit, sans recevoir de visite familiale, puis condamné à 100 jours de prison sous l’accusation de jet de pierre. Ses cinq frères totalisent plusieurs dizaines de séjours dans les geôles israéliennes.

Trois ans après les faits, Hamza et sa famille ont décidé de porter plainte, non seulement contre le gouvernement israélien, sans la moindre illusion évidemment, mais aussi contre la firme néerlandaise qui fournit depuis plus de 20 ans l’armée coloniale en chiens d’attaque.
Appelée Four Winds K9 (http://www.fourwindspolicedogcenter.com/home-en), cette dernière se vantait en 2015 de vendre plusieurs dizaines de molosses chaque année à l’armée israélienne, et d’être le fournisseur de cette dernière à hauteur de 90% !

Des élus néerlandais, s’appuyant sur les rapports d’ONG palestiniennes telles Al-Haq, ont dénoncé publiquement le scandale. Et en juin 2016, la compagnie a annoncé qu’elle ne vendrait plus de chiens d’attaque à Israël, mais seulement ce qu’elle nomme des « chiens de pistage », jurant qu’elle n’avait « pas l’intention de violer les droits humains ».
Mais pour Ahmad et Hamda Abou Hashem, cela ne fait pas du tout le compte. « Il faut obtenir l’arrêt de toutes ventes de chiens à l’armée israélienne, une armée d’occupation », déclare Ahmad.


(Ahmad et Hamda Abou Hashem, chez eux à Beit Omar, avec leur fille Seja)

« Et qu’il soit bien clair que ce n’est pas une question de compensation financière. Notre famille, dans chacune de ses plaintes, ne demande pas un shekel de dédommagement. Mon mari et mes six garçons ont été incarcérés un nombre incalculable de fois, et Israël nous a infligés des dizaines de milliers d’euros de cautions non restituées, mais ce que nous voulons, ce n’est pas de l’argent, mais que les enfants palestiniens soient protégés », s’insurge son épouse.

Hamda rappelle que la dernière fois où les 10 membres de la famille ont été réunis dans leur maison, c’était lors du dernier ramadan, en juillet 2017, juste avant que l’aîné de la fratrie, Thaer, ne soit envoyé en prison, où il se trouve encore en ce mois de février 2018.
« Four Winds K9 nous a approché, et ils nous ont proposé 10.000 € si on laissait tomber la plainte et qu’on renonçait à rendre l’affaire publique. Ils se moquent de nous ? Non, ce que nous exigeons, c’est le droit à la protection pour tous les enfants de Palestine », s’indigne encore Hamda.

« Ce qui est particulièrement révoltant, c’est qu’on trouve dans les monde des entreprises qui ont vendu en toute lucidité, et pendant des années, des chiens d’attaque à une armée d’occupation qui viole systématiquement le droit international, et qui se permet d’utiliser à tout moment ces bêtes contre des enfants. Voilà pourquoi nous ne sommes prêts à aucun compromis amiable avec ces gens. On parle ici d’une affaire qui dépasse ma propre personne, mais qui concerne le droit de chaque petit Palestinien à mener une existence normale, ce qui ne m’a jamais été donné », conclut de son côté Hamza.

(Par Yumna Patal, journaliste à Bethléem, pour le site Mondoweiss : http://mondoweiss.net/2018/02/following-palestinian-military/?utm_source=Mondoweiss+List&utm_campaign=8085ac3435-RSS_EMAIL_CAMPAIGN&utm_medium=email&utm_term=0_b86bace129-8085ac3435-398531689&mc_cid=8085ac3435&mc_eid=42ac9e93b1 ; traduction CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine


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