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19 mars 2018

Procès BDS à Versailles : On a eu notre tribune !

"Vous avez eu votre tribune et votre publicité" ! a lancé la présidente du tribunal de Versailles à a fin du procès, comme si c’est nous qui avions voulu cette mascarade. C’est dire que la solidarité était au rendez-vous ! On ne peut pas en dire autant de l’impartialité dans la manière de mener les débats... Le jugement sera rendu le 14 mai prochain.

Plus d’une centaine de manifestants étaient présents ce lundi devant le tribunal de Versailles, malgré le froid. Les prises de paroles de militantes et militants de toute la France, de multiples associations, de Grande-Bretagne et de Belgique, se sont succédées pendant plusieurs heures ! Et tous les témoignages écrits ont été lus pendant le rassemblement.

Comme si le succès de notre rassemblement la contrariait, la présidente du tribunal n’a eu de cesse de nous couper la parole pendant le procès : "J’ai compris, ça suffit !" a été le leitmotiv face à tous ceux, prévenue et témoins, qui démontraient qu’il n’y avait aucune discrimination ni incitation à quoi que ce soit à l’encontre des Juifs ou des Israéliens, mais uniquement des faits, dans les propos tenus le 15 janvier 2011 devant le concert de Vanessa, et publiés sur le site d’EuroPalestine.

En revanche l’avocat du grand absent Sammy Ghozlan, qui n’ose jamais se montrer dans les tribunaux après avoir déposé plainte, a été écouté avec bienveillance, alors qu’il répétait comme un perroquet une unique phrase plus d’une dizaine de fois : "Il y a des victimes juives en France qui meurent parce qu’on dit des choses affreuses sur Israel".

Ghislain Poissonnier, magistrat et spécialiste de droit international, qui a vécu un an en Palestine, cité comme témoin par la défense, a tout de même réussi à montrer que la France est le seul pays au monde à criminaliser la campagne BDS.

Et Udi Aloni, écrivain et réaliseur israélo-américain a brillamment prouvé qu’il y a d’autres Juifs et d’autres Israéliens que ceux qui sont autorisés à s’exprimer en France dans les médias dominants. Il a accusé l’Etat français d’avoir choisi le camp des fondamentalistes juifs qui s’adonnent à la violence pour exercer leur suprématie sur les Palestiniens, plutôt que celui des militants BDS qui ont choisi la voie pacifique pour défendre le droit et la justice.

"Le camp du BDS, que l’on soit pour ou contre le boycott d’Israël, a-t-il lancé, n’a jamais tué la moindre personne, alors que ceux qui veulent le réduire au silence ont les mains pleines de sang".

Répondant à la question de Me Dominique Cochain qui lui demandait : "Que ce serait-il passé si Vanessa était allée donner son concert en Israël ?", Udi Aloni a répondu : "C’est simple, si vous prenez l’exemple d’une ville comme Hébron, les Juifs qui y résident auraient pu se rendre au concert, alors que cela aurait été interdit aux Palestiniens qui habitent au même endroit" !

Mais ce genre de Juif et d’Israélien n’a pas eu l’air de plaire à la présidente, qui a essayé à plusieurs reprises de l’empêcher de s’exprimer.

Il a néanmoins réussi, tout comme Olivia Zémor, à expliquer que ce sont les pyromanes du lobby israélien qui alimentent l’antisémitisme en France, en faisant croire que tous les Juifs approuvent la politique criminelle de l’Etat colonial, et en essayant de bâillonner tous les autres, pour garantir l"impunité à l’apartheid israélien.

Impunité face aux crimes liés à l’occupation et à la colonisation, qui ont été malgré tout, énoncés à la barre, et qui sont des faits, comme l’ont souligné pour Vanessa Paradis, les militants BDS français et israéliens, et non des "incitations à la haine ou à la violence" !

Et Vanessa ? Le tribunal l’a superbement occultée !

La procureur n’a pas requis de condamnation et a estimé, après l’implacable démonstration de Me Dominique Cochain, que l’action était effectivement prescrite.

Le jugement sera rendu le 14 mai.

Un très grand merci à toutes celles et tous ceux qui nous ont apporté leur soutien, et qui montrent que l’intimidation, loin de nous décourager, nous renforce dans la conviction que les attaques sont à la mesure de notre efficacité.


Nos deux témoins : Ghislain Poissonnier et Udi Aloni

CAPJPO-EuroPalestine


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