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5 avril 2018

Massacre à Gaza le 30 mars : 210 plaintes pour la CPI... en attente de la signature de Mahmoud Abbas

Plus de 200 plaintes, concernant des victimes de l’armée israélienne vendredi dernier, sont déjà documentées avec l’aide des Hôpitaux de Gaza et de juges palestiniens, indique Me Gilles Devers qui compte saisir l’ONU et la CPI (Cour Pénale Internationale). L’ensemble des victimes de Gaza appellent solennellement Mahmoud Abbas à valider ces plaintes par une déclaration envoyée au procureur de la CPI, sur la base de l’article 14 du Statut. Une conférence de presse sera organisée à ce sujet ce jeudi 5 avril, à Genève.

COMMUNIQUÉ SUR LES CRIMES DE GUERRE COMMIS A GAZA LE 30 MARS

Le 30 mars 2018, les Palestiniens de Gaza ont manifesté pacifiquement sur leur territoire, par "une marche du retour", référence à ce droit fondamental, garanti par la résolution 194 du 11 décembre 1948. C’est le droit absolu du peuple palestinien à manifester sur son territoire, pour rappeler la force de la plus essentielle de ses revendications : la souveraineté palestinienne.
Tout le monde peut regarder les vidéos de ces manifestations, rassemblant uniquement des civils. En outre, tout le monde sait que l’occupant israélien a construit des barrières qui ne peuvent être franchies sans équipement militaire.

L’armée d’occupation n’a pas le droit d’interdire la liberté de manifestation palestinienne sur le territoire de Gaza et elle ne peut pas évoquer un risque pour sa « sécurité », car ces soldats sont installés derrière des protections militaires, construites derrière la barrière de séparation.
Cependant, la journée du 30 mars a été dramatique : 16 morts et 1400 blessés, dont 758 par balles réelles, ce qui montre l’intensité de la fusillade par les soldats israéliens sur une population pacifique.

Tout d’abord, nous voulons exprimer nos remerciements aux équipes médicales de Gaza. Alors que les campagnes médiatiques passent leur temps à critiquer tout ce qui se passe à Gaza, nous saluons le travail extraordinaire des équipes médicales à soigner les 1400 blessés. Malgré le blocus, malgré la violence de la situation, les équipes médicales montrent leur immense qualité.

Ensuite, bien sûr, nous sommes sensibles aux déclarations de Mahmoud Abbas, Antonio Guttieres, secrétaire général de l’ONU, et Federica Mogherini, représentante de la diplomatie européenne, appelant à une « enquête indépendante ». Nous soutiendrons toujours toutes les initiatives visant à établir la vérité et la justice, et nous assurons la pleine disponibilité du peuple palestinien à accueillir une « enquête indépendante ». Mais par le passé, nous avons vu que tous les appels à "des enquêtes indépendantes" ont été inefficaces parce qu’Israël refuse de coopérer et s’oppose à la présence d’enquêteurs internationaux à Gaza.

De plus, il ne fait aucun doute que ce massacre humain est un crime de guerre. Rien ne peut justifier ces tirs intensifs, visant les civils.

La vraie réponse est une enquête de la Cour pénale internationale contre les criminels israéliens. L’impunité encourage les crimes sionistes, et la justice internationale est le bon niveau de réponse. Nous avons tous les éléments de preuve, et les victimes, par centaines, ont donné des mandats pour saisir la Cour pénale internationale. La volonté des victimes doit être respectée, et seule une enquête de la CPI est susceptible de freiner les criminels sionistes.

Les plaintes des victimes seraient déposées ce jeudi 5 avril devant la CPI.

Dans ces conditions, nous appelons solennellement Mahmoud Abbas à valider les plaintes des victimes, par une déclaration envoyée au procureur de la CPI, sur la base de l’article 14 du Statut. Cette déclaration permettra une véritable enquête internationale.

Nous demandons le soutien d’Antonio Guttieres et Federica Mogherini, pour ce procès. Alors que les Palestiniens font face à la justice, face à la violence armée, à quoi cela servirait-il de s’opposer à cette approche ?

La vie des Palestiniens est impliquée. Nous n’avons pas besoin de déclarations, mais d’actions."

Me Gilles Devers indique par ailleurs : "Nous avons également une trentaine de dossiers concernant des faits de même nature, suivis de la mort de manifestants, survenus les années passées. Et nous disposons d’un dossier particulièrement complet s’agissant de la mort de Ibrahim Abu Thoraya, ce jeune manifestant handicapé, tiré à bout portant par les soldats israéliens alors qu’il était sur son fauteuil roulant, le 16 décembre 2017.

Au nom des victimes, et en lien direct avec la société civile palestinienne, nous allons agir dans deux directions. D’une part, nous allons saisir les instances compétentes de l’ONU, en particulier le Conseil des droits de l’homme et les rapporteurs spéciaux. D’autre part, nous allons déposer des plaintes nominatives devant Madame la Procureur de la Cour pénale internationale, pour ces faits qui sont des crimes de guerre.

L’impunité est un encouragement au crime, et tous les efforts doivent converger pour obtenir l’ouverture d’une enquête, sous le contrôle de la Cour pénale internationale. "

Me Gilles Devers

CAPJPO-EuroPalestine


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