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27 avril 2018

Témoignages alors que se prépare la 5ème Marche du Retour à Gaza ce vendredi

Face à une propagande israélienne digne de Goebbels, des témoins oculaires continuent à témoigner.

Ainsi, Christophe Denantes, médecin anesthésiste, qui se trouvait avec l’infirmière Paulette Fauché avec les manifestants de Gaza jusqu’au 15 avril dernier, témoigne du caractère massif de ces marches et du fait que ce sont des jeunes non dirigés par le Hamas qui y participent :

"Ces jeunes sont en 1ère ligne lors des manifestations quotidiennes qui se déroulent en 5 points de la zone tampon qui se trouvent le long de la barrière de démarcation qui séparent la Bande de Gaza. Cette manifestation appelée « Aouda » (Marche pour défendre le droit du retour) réunissait vendredi 13 avril plus de 200 000 personnes sur les 5 sites proches de la frontière.

Nous avons été à Shujaya qui est le quartier le plus à l’est de Gaza ville –un quartier rasé par les bombardements israéliens en juillet 2014- où nous avons participé à un rassemblement qui réunissait autant de femmes que d’hommes, des enfants et des adultes de tout âge, un rassemblement où à 500 m de la barrière de séparation il y avait un village de tentes et beaucoup de marchands ambulants vendant de la nourriture, des camions citernes distribuant de l’eau, et à 1km de là des parkings de cars et de voitures. Nous avons quitté le village de tentes où commençait la prière du vendredi pour nous rapprocher de la barrière de séparation et à 100 m de celle-ci nous avons traversé la route tracée par les services de sécurité du Hamas avec des postes de surveillance pour protéger les paysans qui cultivent ces terres.

Là nous sommes entrés dans un no man’s land fait de monticules de terre. Nous nous sommes approchés du mur à moins de 50m, là où se tenait la presse et les ambulances. Et nous avons vu entre nous et la barrière des jeunes (garçons et filles) qui allaient planter des drapeaux palestiniens sur la barrière ou qui lançaient des pierres.
En face, dans un paysage lunaire à moins 50 m, des soldats tiraient A chaque fois qu’un jeune tombait, des ambulanciers venaient le ramasser et l’ emmenaient dans des ambulances et puis un véhicule militaire israélien s’est avancé qui lançait des fumigènes. Nous avons reculé, nous sommes repartis vers le village d’où la prière étant terminée affluaient les gens où j’ai reconnu quelques amis de différents partis, tant Hamas, que Fatah et FPLP, ainsi que des familles.

L’après midi nous avons fait un parage de plaie de jambe chez un jeune de 18 ans qui finira probablement amputé, car 3 jour après il présente des complications infectieuses.

Tous ces jeunes n’ont aucune perspective économique ni politique à laquelle ils puissent adhérer, et ils ne veulent pas vivre la vie de leurs parents. Depuis avril 2007 Gaza a connu trois attaques israéliennes (2009, 2012 et 2014), et se trouve sous un blocus israélien et égyptien, qui limite les entrées et les sorties tant pour les hommes que pour les marchandises.

Les effets de ce blocus sont aggravés par la division entre Gaza et Ramallah, alors que l’Autorité Palestinienne (AP), qui depuis un an ne paye que 30 à 50% du salaire aux fonctionnaires qui dépendent de son administration, n’a toujours pas versé les salaires de mars."

  • Par ailleurs on peut lire dans le magazine d’opposition israélien 972+ que l’armée israélienne largue des tracts sur la population de Gaza, sur lesquels on peut lire : "Résidents de Gaza, vous participez à des manifestations violentes. Le Hamas vous exploite pour commettre des actes terroristes. L’armée israélienne ne fera pas de quartier. ne vous approchez pas de la barrière. N’obéissez pas aux ordres du hamas qui met vos vies en danger. Vous pouvez agir autrement. Votre avenir est entre vos mains".

Goebbels n’aurait pas fait mieux en matière de propagande mensongère.

Les tentes et campements présents près des frontières, souligne-t-il, correspondent à des villages et des villes détruits pendant la Nakba ’la Catastrophe) en 1948, lorsque plus de 700.000 Palestinienns ont été expulsés de chez eux et ont dû aller se réfugier pour certains dans la bande de Gaza, où plus de 70 % de la population est constituée de ces réfugiés et des leurs descendants.

Et la décision prise de camper à quelques centaines de mètres de la frontière, d’y organiser quotidiennement des événements, comme des courses de vélo, jusqu’à la commémoration de la Nakba, à la mi-mai, a pour but de rappeler au monde cette injustice et ce déni de roit, puisqu’ Israel refuse d’appliquer le droit au retour pour ces réfugiés, alors qu’il est inscrit dans la résolution 194 de l’ONU.

"Nous voulons nos droits, mais notre objectif est de vivre en paix avec les Israéliens, et c’est pourquoi nous avons choisi une action non violente, qu’Israel essaie de faire dégénérer, car les dirigeants israéliens ne connaissent que la violence", déclare AL-Kurd, l’un des animateurs de ces Marches du Retour.

972+ souligne que "les autorités israéliennes continuent à tirer sur des manifestants non armés malgré les critiques internationales, les avertissement de Fatou Bensouda, la procureure de la Cour Pénale Internationale, et les risques d’enquêtes indépendantes".

L’armée a tiré sur 6 journalistes en un seul jour, en tuant deux, décédés à la suite de leurs graves blessures, alors qu’ils portaient un gilet et un casques sur lesquels le mot "PRESS" était écrit en gros.

CAPJPO-EuroPalestine


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