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18 juin 2018

Photographier les exactions de l’armée d’occupation bientôt puni de plusieurs années de prison (photos, vidéos)

Une commission gouvernementale israélienne a validé dimanche une proposition de loi prévoyant des peines de plusieurs années de prison pour le fait de documenter –par photos, vidéos, enregistrements sonores- ou diffuser les violences de l’armée en Palestine occupée.


La proposition de loi, émanant d’un député membre de la majorité parlementaire, désigne explicitement 3 ONG israéliennes qui dénoncent, preuve à l’appui, la barbarie de l’occupation : B’Tselem, qui a équipé en caméras des dizaines de correspondants palestiniens en Cisjordanie ; Machsom Watch, dont les volontaires surveillent les agissements de la soldatesque aux check-points ; et Breaking the Silence, qui témoigne également des brutalités commises par les militaires.

Sans B’Tselem, l’exécution en mars 2016 à Naplouse, par le soldat Elor Azaria (Azria) du Palestinien Abdelfattah al-Sharif, alors que celui-ci gisait au sol, grièvement blessé, aurait ainsi été purement et simplement passée sous silence par le régime d’apartheid.

L’existence de la vidéo (ci-dessus) et sa diffusion avaient cependant obligé les autorités à traduire l’assassin devant un tribunal, et à le condamner à une peine ne dépassant pas 9 mois de prison au final.

Mais c’était encore trop pour le ramassis de tueurs qui dirigent Israël, dont l’armée reste bien entendu « la plus morale du monde ». D’où la proposition de loi, que les médias locaux, avec un brin de cynisme, ont déjà baptisée « Loi Elor Azaria ».

Le conseiller juridique du gouvernement a eu beau observer que le texte mettait à mal la prétention d’Israël à être, comme le claironnent depuis toujours ses dirigeants, « la seule démocratie du Moyen-Orient », la commission interministérielle réunie dimanche est passée outre.

On sait seulement que le tarif pour la réalisation ou la diffusion d’images « sapant le moral de l’armée ou portant atteinte à la légitimité de ses actions », qui prévoit jusqu’à 10 ans de prison dans sa version initiale, pourrait être ramené à 3 ou 5 ans.

La nouvelle loi ne concernerait a priori que les citoyens israéliens, selon certaines sources, et il s’agit en premier lieu de terroriser la dissidence interne, pour la réduire au silence.

Mais comme l’observe justement le site +972, s’agissant des Palestiniens, Israël n’a de toutes façons pas besoin de textes supplémentaires pour les réprimer durement dans ce domaine : à preuve, les nombreuses condamnations pour « incitation » à la suite de post Facebook, ou les 8 mois infligés à Nariman Tamimi, la mère d’Ahed, qui avait filmé puis diffusé la fameuse vidéo où l’on voit sa fille s’en prendre aux soldats qui avaient envahi la cour de sa maison (après avoir grièvement blessé Mohamed, 15 ans, un des cousins d’Ahed).

Voici, pour rappel, quelques exemples de documents illustrant les violations flagrantes des droits humains par Israël, et qui deviendraient passibles de lourdes sanctions s’ils étaient produits et/ou diffusés après adoption de la proposition de loi.

(Arrestation par des soldats travestis en manifestants ; on y voit clairement l’un de ces hommes en civil tirer à bout touchant dans la jambe du jeune déjà à terre et roué de coups par la meute)



« Brisez leur les os ! »

(Une des séquences les plus marquantes de la première Intifada en 1988 ; le ministre de la Défense, un certain Yitzhak Rabin –futur Prix Nobel de la Paix !- avait donné l’ordre de briser les os des Palestiniens ; consigne reçue "5 sur 5" par ses soldats, qui s’étaient acharnés à coups de lourdes pierres contre deux jeunes bergers de la région de Naplouse)

CAPJPO-EuroPalestine


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