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14 juillet 2018

Des milliers de manifestants à Tel Aviv contre une loi officialisant l’apartheid

Plus de 7.000 Israéliens, majoritairement juifs mais comprenant aussi des centaines de citoyens palestiniens, ont manifesté samedi soir à Tel Aviv contre un nouveau projet de loi renforçant le caractère raciste de l’Etat d’Israël.

Sans parler du sort des millions de Palestiniens des territoires occupés, qui n’ont aucun droit sinon celui de se faire tirer dessus –deux adolescents de la bande de Gaza ont encore été tués samedi dans un bombardement aérien-, il y a déjà en Israël des dizaines de lois et décrets discriminant la minorité palestinienne -20% de la population totale- du pays.

Pour n’en rappeler qu’une, citons à titre d’exemple l’odieuse « Loi du Retour », qui permet à chaque individu de par le monde reconnu comme « juif » de devenir quasi-automatiquement citoyen israélien (sauf s’il s’agit de juifs anticolonialistes, fréquemment refoulés à leur arrivée à l’aéroport), alors qu’aucun Palestinien expulsé de sa terre natale n’a jamais eu le droit de rentrer chez lui. Et un Palestinien israélien épousant un(e) habitant(e) de Cisjordanie n’a pas plus le droit de faire venir son (sa) conjoint(e).

Mais sur le papier, depuis la « Déclaration d’Indépendance » accompagnant la création d’Israël il y a 70 ans, l’Etat était censé être celui de « Tous ses citoyens, sans distinction de race, ethnie, religion, etc. ».

Avec le projet de loi sur « L’Etat-nation du peuple juif », qui a apparemment de fortes chances d’être voté la semaine prochaine au parlement, la fiction disparaît. Comme le souligne le journaliste du Haaretz Bradley Burston, « Netanyahou officialise ce que nous sommes : un Etat fasciste ».

Les discriminations additionnelles, en l’état actuel de présentation du projet, comportent notamment :

  • l’officialisation du droit, pour une communauté donnée (une ville, un quartier) de refuser l’installation (l’achat ou la location d’un appartement, par exemple) à tout candidat sur le fondement de critères de son choix : religion, nationalité, orientation sexuelle, ou autres motivations arbitraires. Des opposants au projet font remarquer que la loi graverait dans le marbre les discriminations déjà généralisées en pratique, non seulement contre les Arabes, mais aussi contre d’autres juifs, ceux qui n’ont pas la bonne couleur de peau (les Ethiopiens), ou ceux qui sont jugés trop –ou pas assez !- religieux par la majorité des habitants de ladite communauté.
  • L’arabe, langue maternelle de près de deux millions d’Israéliens, cesserait d’être une des deux langues officielles du pays, le monopole de l’hébreu étant décrété.

Le projet de loi lui-même est arrivé sur le bureau du parlement israélien (la Knesset ) il y a cinq ans, mais il a été retiré de l’ordre du jour à intervalles réguliers, par crainte des réactions internationales.

Il semble cette fois que Netanyahou et sa coalition de partis fascistes, qui ont, avec Donald Trump, la présidence états-unienne la plus servile de leur histoire, soient décidés à y aller.

Adoptée ou pas, et qu’elle soit le prélude ou non d’une annexion de la Cisjordanie, la loi d’apartheid ne suffira de toutes façons pas à venir à bout de la résistance du peuple palestinien et de ses soutiens.

A BAS LE REGIME D’APARTHEID ! BOYCOTT ISRAEL !

CAPJPO-EuroPalestine


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