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5 août 2018

Hilel, refuznik de 19 ans, arrêté et détenu pour son refus public de servir dans l’armée d’occupation

Tous nos encouragements et félicitations à Hilel Grami qui vient de faire une déclaration fracassante pour expliquer son refus d’être incorporé à une armée d’occupation, qui opprime 5 millions de Palestiniens, tout en déclarant son admiration à l’égard des manifestants de Gaza qui ont choisi la désobéissance civile pour revendiquer leurs droits..


Il est rare que l’armée israélienne se déplace au domicile de Juifs israéliens pour les arrêter. C’est pourtant ce qui vient de se passer, 6 jours après sa non présentation à sa base militaire, pour le jeune Hilel, 19 ans, qui a pris sa décision, mûrement réfléchie, de ne pas collaborer avec un "système antidémocratique et oppresseur."

C-dessous sa déclaration que nous avons traduite en Français à partir du texte en anglais que nous avons reçu du Réseau de Solidarité avec les Refuzniks :

"Je m’appelle Hilel Garmi​. J’ai 19 ans, et je devais être incorporé dans l’armée israélienne au début août 2018.

Récemment, dans le contexte des manifestations gazaouies près de la barrière construite à Gaza, j’ai pris le temps de lire les déclarations d’Ahmed Abu Ratima, l’un des organisateurs de ce mouvement et j’ai été très impressionné de découvrir ces gens qui ont opté pour des alternatives non armées, pour aborder la question de la situation entre la Méditerranée et le fleuve Jourdain.

Comme eux, je crois en la désobéissance civile pour souligner le caractère illégitime de notre régime.

Mon frère aîné et mes deux soeurs ont fait leur armée. Et quand j’étais petit, le passage par l’armée était pour moi non seulement une obligation inévitable, mais aussi un des objectifs qui me fascinaient ; et je voulais servir dans une unité d’élite.

Mais en grandissant, et en étant convaincu que tous les êtres humains sont égaux, j’ai changé d’avis. Je ne crois pas à l’existence d’un dénominateur commun entre Juifs qui feraient d’eux des êtres différents des Arabes. Je ne vois pas pourquoi je devrais être traité différemment d’un enfant né à Gaza ou à Jénine. Et je ne pense pas que les souffrances ou les joies soient plus importantes pour les uns que pour les autres.

Alors, je me suis demandé pourquoi 3 millions d’habitants de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est vivent sous occupation militaire depuis plus d’un siècle, et pourquoi 2 millions de Gazaouis subissent un siège militaire, imposé depuis plus de 10 ans par Israel sur terre, mer et dans le ciel.

Qu’est-ce qui donne à Israël le droit de gérer la vie de ces 5 millions d’êtres humains ? De décider de leur droit de circuler, d’importer, d’exporter, de pêcher ou d’avoir de l’électricité ? De pouvoir les arrêter à tout moment ?

Pas question pour moi de participer à un régime aussi anti-démocratique, et à tous les maux qu’il impose aux Palestiniens dans leur vie quotidienne, afin de permettre à une autre population de prendre leur place.

Il y a des lignes rouges qu’on ne peut franchir, et pour moi celles-ci sont infranchissables.

Ma décision de rendre ceci public est liée au fait que je suis convaincu que la désobéissance civile peut amener des changements sociétaux, en faisant appel au sens de la justice des plus privilégiés qui vivent dans cette région.

Si les manifestants de Gaza ont le courage de recourir à cette option, je me sens l’obligation et le pouvoir, en tant que personne née du côté de ceux qui détiennent le pouvoir, de m’engager également dans cette voie.

Hilel Garmi, Août 2018

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine


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