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22 août 2018

"Pour un crime dénoncé, combien passent à la trappe ?", interroge Amira Hass

Ecoeurée, la journaliste israélienne rapporte que Louay, un enfant de Gaza de moins de 3 ans atteint de cancer, a été autorisé à se rendre à Naplouse pour y recevoir une chimiothérapie, mais sans sa mère parce qu’elle aurait des liens familiaux avec des membres du Hamas. Et à la dernière minute, face à la dénonciation de cette cruauté, le gouvernement israélien l’a appelée pour qu’elle rejoigne son fils hospitalisé.


Louay Al Khoudari à l’hôpital de Naplouse, sans sa mère,interdite de se rendre en Cisjordanie

Amira Hass explose. "Pour un cas que nous réussissons à faire connaître, combien d’autres restent ignorés", écrit-elle dans Haaretz.

"Et même si nous avions connaissance de tous les cas, ce qui est impossible, ajoute la journaliste, on sait que les consommateurs d’information se lasseraient et n’y feraient plus attention. Qui s’intéresse encore à tous ces enfants tués à bout portant par nos soldats ou aux oliviers palestiniens qu’on déracine, ou encore à ces grasses subventions que nous allouons aux colonies pour qu’elles prospèrent en expulsant toujours davantage d’agriculteurs palestiniens de leurs terres ?"

"Mais il y a pire encore, conclut-elle : c’est qu’en traitant comme des cas humanitaires exceptionnels toutes ces atrocités, nous tombons, en tant que journalistes, dans un piège. Celui de la banalisation du système qui les sous-tend : nous, Israéliens, sommes les geôliers sans coeur de 2 millions d’êtres humains enfermés dans la Bande de Gaza."

"(...)Le problème c’est que les Israéliens acceptent ce système et ses règles bureaucratiques, absurdes et cruelles. Et en tant que journalistes, nous ’tenons’ une histoire, seulement si le gouvernement israélien a outrepassé les règles qu’il a lui-même fixées. Mais on trouve en revanche normal que des étudiants de Gaza ne puissent pas aller étudier à Béthleem, que des écrivains gazaouis ne puissent pas se rendre à un salon du livre à Ramallah, ou que des amis qui vivent à 70 km l’un de l’autre ne puissent jamais se rejoindre.

Et quand nous écrivons sur des ’cas humanitaires’, nous acceptons de manière inhérente la déshumanisation des Palestiniens, elle-même inhérente à la politique de blocus israélien, qui a transformé le besoin élémentaire de liberté de mouvement d’êtres humains, en un acte rare, réservé à des cas exceptionnels".


Amira Hass

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : https://www.haaretz.com/opinion/.premium-the-gazan-toddler-with-cancer-and-the-humanitarian-trap-1.6408267?utm_term=20180822-02%3A57&utm_campaign=Amira+Hass&utm_medium=email&writerAlerts=true&utm_source=smartfocus&utm_content=www.haaretz.com%2Fopinion%2F1.6408267

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