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11 novembre 2018

Quand la boucherie de 14-18 se perpétue un siècle plus tard...

Chaque année, les Français commémorent la grande boucherie de 1914, prélude à la guerre totale de 1939. Pas pour se féliciter de l’illusoire victoire sur l’Allemagne mais bien au contraire pour s’affliger du déchaînement de barbarie déclenché par l’incroyable inconscience des somnambules qui dirigeaient nos pays et qui, manifestement, continuent à les diriger aujourd’hui. Comme disait si bien Paul Valéry, la guerre, c’est « le massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais qui ne se massacrent pas ».


La Palestine a toute sa place dans cette commémoration puisque c’est à la faveur du démantèlement de l’empire ottoman que, en 1917, le ministre des affaires étrangères britanniques, Balfour, a fait cette funeste déclaration promettant aux Juifs un « foyer national » en Palestine, une terre qui ne lui appartenait pas, et qui était déjà bel et bien peuplée.

C’est ainsi que les puissances coloniales, relayées par l’empire états-unien, ont décidé de présenter au peuple palestinien la facture de près d’un millénaire de persécutions des Juifs par l’occident chrétien.
Des gazés de 1914 aux estropiés de Gaza, c’est la même logique impériale qui est à l’oeuvre. Inviter aux commémorations du 11 novembre un Trump et un Netanyahou, c’est comme inviter le Kaiser, l’empereur d’Autriche et le va-t-en guerre Poincaré, c’est comme cracher sur les tombes des victimes de leur puéril Kriegspiel.
Le nettoyage ethnique de la Palestine, engagé dès avant la Nakba de 1947, et qui se poursuit depuis méthodiquement, plus ou moins vite selon que la soi-disant communauté internationale regarde ailleurs ou pas, c’est, pour le résumer en quelques chiffres :
Plus de 10.000 civils palestiniens massacrés en 1947/48, au moins 500 villages détruits, quelque 800.000 habitants chassés de leur terre ancestrale, et aujourd’hui plusieurs millions de réfugiés apatrides, 5670 prisonniers politiques, dont 476 sans aucun chef d’inculpation, sous le régime de lettre de cachet nommé « détention administrative », dont 300 enfants, ainsi que des prisonniers soumis à une torture systématique, comme l’ont constaté des ONG telles que l’ACAT ou Amnesty International.

La marche du retour, initiative spontanée d’une jeunesse gazaouie soumise au blocus depuis maintenant 12 ans, aux privations, à l’abandon par la communauté internationale, Etats arabes compris, cette marche du retour ne fait que revendiquer l’application de la même résolution de l’ONU qui a permis le partage de la Palestine et la création d’Israël.
La réplique d’Israël, ce sont 220 tués, plus de 2000 blessés graves, les membres explosés sciemment par les tireurs d’élite d’une armée israélienne dont la politique est de faire des Gazaouis un peuple d’estropiés.

De bonnes raison d’aller manifester ce dimanche contre la guerre, contre l’hyprocrisie des cérémonies pour la « paix », et contre l’invitation de criminels de guerre, dont Netanyahou, bourreau du peuple palestinien.

Par Philippe GAILHARDIS

CAPJPO-EuroPalestine


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