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28 septembre 2006

Festival "Naplouse nous t’aimons" : un formidable pied de nez à l’occupant

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Les habitants de Naplouse sous occupation viennent de vivre trois journées mémorables, des dizaines d’associations coordonnées par DARNA, ayant réussi à organiser, malgré les bouclages, les incursions, les provocations, les privations, un festival culturel et économique qui a rassemblé plus de 25 000 participants de tous âges, de toutes conditions et de toutes les tendances politiques.

Alors que l’armée israélienne continue à entraver l’économie et l’ensemble des activités, à commencer par la circulation des 160 000 habitants de cette grande ville dynamique, l’université Al-Najjah a accueilli du 19 au 21 septembre, des milliers d’étudiants, d’enseignants, de travailleurs, de ménagères, venus à la fois faire connaissance avec les producteurs palestiniens qui disposaient de stands, et faire la fête avec de très nombreux artistes, musiciens, danseurs, comédiens.

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A couper le souffle, cette déambulation des familles découvrant, au sein de l’exposition, des industriels et artisans palestiniens, dont les produits d’excellente qualité sont souvent méconnus des Naboulssi.

L’occupant a en effet mis en place des stratagèmes pervers pour saturer le marché de produits israéliens parfois moins chers, et propagé des rumeurs alarmistes sur la qualité des produits palestiniens équivalents, afin de les déconsidérer.

C’est ainsi que de nombreux Palestiniens achètent les packs de lait israéliens, convaincus qu’il est plus "sain", alors que le lait palestinien "SAFA" est tout à fait excellent. Des conférences ont d’ailleurs permis à de nombreux auditeurs de mieux comprendre les divers procédés (dumping, publicité massive, rumeurs diffamatoires, taxes énormes sur les produits palestiniens...) par lesquels Israël entrave la production palestinienne sur son propre marché, et en dehors des territoires palestiniens, tout en faisant semblant de respecter les normes internationales.

Pour ne citer que quelques exemples, un producteur palestinien va avoir l’autorisation d’exporter ses aubergines, mais le délai de plusieurs jours où celles-ci se trouveront "retardées" dans les cales d’un port israélien, les feront arriver pourries à leur destinataire.

Chaque exportateur palestinien va par ailleurs voir le coût de ses produits grevés de lourdes taxes, à commencer par —incroyable mais vrai— au passage du check-point, une taxe de 6 dollars par palette à payer aux israéliens au motif du "travail pour la sécurité" qu’ils viennent d’effectuer. Lors des contrôles, qui s’effectuent en général au pont Allenby avant le passage en Jordanie, les services israéliens obligent ainsi chaque producteur palestinien à décharger tout son camion pour effectuer une fouille (fouille qui est souvent un bon prétexte pour abîmer toute une partie des produits fragiles, y compris quand le laser aurait permis de le faire rapidement et sans dégâts). Puis, après toutes les heures perdues et passées en plein soleil, le producteur palestinien doit payer 8 dollars par palette rechargée sur un autre camion jordanien. Autant dire que le produit palestinien a peu de chances de rester compétitif, sur d’autres marchés après un tel traitement.

Dans ce contexte, difficile de ne pas baisser les bras. Pourtant les Palestiniens s’acharnent et continuent à produire chaque fois que possible. Les habitants de Naplouse sont ainsi repartis du festival les bras chargés de farine, biscuits, lait, conserves, huile d’olive, produits de beauté, de ménage, vêtements, médicaments, téléphones, livres... palestiniens, après avoir discuté avec les entrepreneurs de la ville et constaté l’excellente qualité de tous les produits. Un pari important engagé et gagné par les organisateurs de Darna (Maison des Associations de Naplouse).

En bonne position, les savons de Naplouse, avec la ligne de production lancée par Darna pour la France et le Maroc, et commercialisée par les Amis de Darna, ont été plébiscités. L’expérience a été saluée chaleureusement par une assistance qui attend avec impatience d’autres initiatives de ce type, qui refusent l’embargo sur la Palestine.

Les représentants français d’EuroPalestine, des Amis de Darna, du Philistin, de Tec Dev, présents au festival, ont été très applaudis lors de leurs prises de parole, et très entourés pendant ces trois jours par une jeunesse avide d’échanges, de discussions, et d’informations sur la politique française. Pourquoi la France, traditionnellement amie des Palestiniens, leur tourne-t-elle désormais le dos ? Pourquoi le gouvernement français se plie-t-il aux exigences israéliennes et ne fait-il pas respecter le droit international ? Autant de questions sur toutes les lèvres, que la présence très appréciée du Consul de France à Jérusalem et ses attachés culturel et économique, ne pouvait empêcher de perturber les Palestiniens jeunes et moins jeunes.


Au grand dam de l’occupant, le festival a également réussi à réunir et faire dialoguer tous les responsables de la ville quelle que soit leur appartenance politique ou religieuse. Le gouverneur de Naplouse (Fatah), le maire de Naplouse (Hamas) partageait, tout comme le président de l’université, les industriels présents et les responsables de la chambre de commerce, le même plaisir d’être là, de saluer la résistance de la population, et de constater l’organisation exemplaire et la réussite inattendue de cet événement sans précédent.
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Sans précédent non plus depuis cinq années, la joie, les chants, les danses tous les soirs, sur scène comme dans le public. Des troupes de Dabké (danse palestinienne traditionnelle) des camps de réfugiés de Ballata et Azkar, aux symphonies jouées par les jeunes du conservatoire de musique de Naplouse et par l’orchestre des handicapés, victimes des exactions de l’occupant, en passant par des spectacles de clowns destinés aux enfants, l’ambiance était chaude en plein air dans la douceur des soirées de septembre.

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Et ce sont des tonnerres d’applaudissements qui ont accompagné tous les chants de la superbe Rim Banna venue de Nazareth (après une bataille serrée engagée par ses avocats pour qu’elle puisse se déplacer jusqu’à Naplouse !) pour partager ces trois jours de bonheur avec la population de Naplouse.

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Rim, qui a dédié chacune de ses chansons à l’ensemble des 10 000 prisonniers palestiniens. Parmi ces derniers, Taymour et Hamza, deux volontaires de Darna actuellement en prison (l’activité associative est considérée comme plus redoutable que les bombes humaines par l’occupant), et dont les familles, au premier rang ont été saluées avec effusion, de même de Emad, invalide depuis la première intifada, dont l’immeuble qui abritait une quinzaine de familles, a été sauvagement détruit au mois d’août, comme l’avait rapporté Youssef Haji sur notre site.

A part cela, RAS, c’est à dire des tirs israéliens toutes les nuits, une femme enceinte et son mari tués alors qu’ils se rendaient à l’hopital pour l’accouchement, une banque et des bureaux de change du centre de Naplouse dévalisés par l’armée israélienne mercredi dernier.

Mais une population qui garde son sang-froid, des automobilistes qui ne font jamais d’accident, même en l’absence de feux rouges (cibles préférées de soldats israéliens qui trouvent très amusant de faire des "cartons" sur les feux, en espèrant ainsi créer le chaos), une autodiscipline incroyable dans une énorme ville sans un seul policier, une confiance et une solidarité à toute épreuve face à l’occupant, une tolérance absolue par rapport aux choix vestimentaires, aux modes de vie ou aux pratiques religieuses des uns et des autres, une jeunesse vive et mature...

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Merci Naplouse pour cette leçon de vie fabuleuse !

Merci Youssef Haji pour avoir imaginé et réalisé une telle démonstration de vitalité et de persistance du patrimoine historique et culturel de Naplouse.

Merci à tous les volontaires de Darna, une équipe de femmes et d’hommes dévoués, intelligents, plein d’humour et de vie.

Les Palestiniens traversent des épreuves très dures. Mais, face à un esprit de résistance aussi puissant, les Israéliens sont loin d’avoir gagné la partie.

De l’envoyée spéciale de CAPJPO-EuroPalestine,

Olivia Zémor.
CAPJPO-EuroPalestine.

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