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24 avril 2008

1960 : « Arabes = Nazis »

Le 23 mai 1960, le Premier ministre Ben Gourion annonce la capture en Argentine et l’extradition du SS Adolf Eichmann, acteur majeur du génocide de 6 millions de Juifs.

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La période qui va de l’ouverture du procès Eichmann à sa condamnation à mort et à son exécution, le 1er juin 1962, marquera profondément la société israélienne.

Jusqu’alors en effet, la destruction des Juifs d’Europe avait occupé une place secondaire dans la vie publique du pays, où l’accent était mis plus volontiers sur les héros morts au combat, tels les combattants du ghetto de Varsovie, qui étaient identifiés à ce « Juif nouveau », combatif, que devait être tout citoyen de la nation en construction.

Inversement, le martyr de la grande masse des Juifs d’Europe, dont 300.000 survivants vivaient pourtant maintenant en Israël, était absent de l’espace public, et il était implicitement reproché aux Juifs d’Europe de s’être laissés conduire dans les chambres à gaz « comme des moutons à l’abattoir ».

Par exemple, en 1960, plus d’un quart des écoles du pays ne célébraient toujours pas le « Jour de la Shoah », malgré le vote d’une loi spécifique sept ans plus tôt.

Le procès montrera, avec le témoignage de centaines de survivants qui raconteront l’horreur, qu’Israël avait « oublié » les victimes, sacrifiées à la volonté sioniste de tourner la page du judaïsme diasporique. Pour beaucoup, la reconnaissance de leurs souffrances sera un grand soulagement. Mais s’amorce aussi à ce moment-là «  un processus de mobilisation explicite et organisé de la Shoah au service de la politique et de la raison d’Etat israéliennes, en particulier dans le contexte du conflit israélo-arabe  », estime l’historienne Idith Zertal.

A cette époque, la propagande israélienne lance une campagne, qui va durer des décennies, pour assimiler les Arabes… aux nazis. Ces derniers sont décrits comme « pires que Hitler » et l’idée que le génocide des Juifs a en réalité été inspiré par les Arabes, fait son chemin. L’Encyclopédie de la Shoah consacre ainsi une notice deux fois plus longue au nationaliste palestinien Hadj Amin al-Husseini qu’à Eichmann lui-même !
par CAPJPO-EuroPalestine


ENGLISH TEXT----------------------------------

1960

Arabs = Nazis

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On May 23, 1960, Prime Minister Ben Gurion announced the capture in Argentina and subsequent extradition of the SS official Adolf Eichmann, a major player in the genocide of 6 million Jews.

The period which extended from the opening of the Eichmann trial to his death sentence and execution on 1 June 1962 left a profound mark on Israeli society.

Until then, in fact, the destruction of European Jewry had occupied a secondary place in the public life of the country. The preferred role model to be emulated by all citizens was the fighting hero killed in combat, such as the Warsaw Ghetto resisters, and this was identified as the “new Jew”. Conversely, the martyrdom of the great mass of European Jews, of which 300,000 survivors now lived in Israel, was absent from public discourse. There was an implicit reproach against those European Jews who had not resisted being led to the gas chambers “like sheep going to the slaughterhouse”.

For example, in 1960, more than a fourth of all schools in Israel did not yet commemorate the Holocaust, in spite of a law passed seven years earlier stipulating this official remembrance

Hundreds of survivors testified at the Eichmann trial, allowing the public to relive the horror. The trial would show that these victims had been forgotten by Israel, their plight relegated to secondary importance because of the Zionist need to turn the page of the history of Judaism’s Diaspora. This belated recognition of the suffering of the survivors became a great relief. But this moment also primed a new process, according to historian Idith Zertal, of an organized mobilization explicitly using the Holocaust to serve political aims and to provide a rationale for an Israeli state, particularly in the context of the Israeli-Arab conflict.

In this period, Israeli propagandists launched a decades-long campaign which equated Arabs… with Nazis. In this campaign, the Arabs are described as “worse than Hitler”.

The idea that the genocide committed against the Jews was in reality inspired by the Arabs gained ground. For example, the Holocaust Encyclopedia dedicated a section on the Palestinian nationalist Hadj Amin al-Husseini that was twice as long as the section on Eichmann himself !

* "Israel : 60 years of smokescreens - 22 000 days of Palestinian resistance"

by CAPJPO-EuroPalestine


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