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Nouvelle provocation états-unienne contre l’Iran ; le risque d’attaque augmente de jour en jour

jeudi 20 juin 2019

Les forces iraniennes ont abattu jeudi un drone d’espionnage états-unien qui avait pénétré leur espace aérien, augmentant du même coup le risque d’attaque généralisée contre l’Iran.


(drones du même modèle que celui abattu jeudi : prix de vente unitaire 150 millions d’euros !)

L’avion sans pilote volait au-dessus de la province iranienne d’Hormozgan. Cette région contrôle le détroit d’Ormuz, c’est-à-dire la porte d’entrée et de sortie du Golfe persique pour le transit d’une partie importante du commerce mondial de pétrole.

Comme son nom l’indique, le détroit d’Ormuz est une voie d’eau étroite, large d’une quarantaine de kilomètres seulement, dont les Etats riverains sont l’Iran et le sultanat d’Oman, pas le Trumpland ni Israël ! En outre, l’affirmation américaine selon laquelle le drone espion se trouvait dans "l’espace aérien international" est plus que douteuse : ce qu’on appelle en effet "espace aérien international" est la zone non couverte par les espaces aériens nationaux. Or, ces derniers s’étendent conventionnellement sur les premiers 20 kilomètres des côtes des Etats. Autrement dit, au niveau du détroit d’Ormuz, il n’existe tout simplement pas "d’espace aérien international".

(AJOUT VENDREDI A 16 HEURES, alors que l’administration Trump a annoncé avoir renoncé pour le moment à ses bombardements. La carte ci-dessous, qui montre le lieu où le drone a été abattu par la défense aérienne iranienne, a été produite par le Pentagone. A lire cette carte, on comprend que l’avion espion volait soit dans l’espace aérien iranien, soit dans l’espace aérien arabique (émirien ou omanais), mais certainement pas "international")

La violation de l’espace aérien iranien par le drone espion MQ-4C (dit également « Triton », c’est plus mignon) est la dernière en date des provocations états-uniennes, sur prescription de Netanyahou, en vue de ce que ces fauteurs de guerre appellent un « changement de régime » en Iran.

La séquence actuelle a commencé avec la dénonciation il y a tout juste un an, par le président Trump, de l’accord sur le nucléaire iranien signé en 2015 par la République Islamique d’une part, 6 grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) d’autre part.

En échange d’une limitation de ses activités dans le domaine de l’industrie nucléaire (Téhéran ne disposant de toutes façons pas d’une capacité nucléaire militaire, et n’ayant jamais revendiqué le droit d’en avoir une), l’embargo économique occidental frappant l’Iran devait être en partie levé.

(Traduction de cet excellent dessin satirique américain : L’IRAN VEUT LA GUERRE ! REGARDEZ COMMENT ILS METTENT LEUR PAYS AUSSI PRES DE NOS BASES MILITAIRES)

Mais avec le retrait de Washington de l’accord international, en mai 2018, par un Trump directement cornaqué par Netanyahou, l’hyperpuissance américaine a réinstauré un embargo total sur l’Iran (que ce soit en termes d’achat de pétrole ou d’investissements dans le pays) qu’il a en outre imposé à ses laquais occidentaux, (la France de Macron, Peugeot et Total, le Royaume-Uni, l’Allemagne….etc). Et cela, malgré le fait que les gouvernements de ces pays ne voient aucune raison d’annuler l’accord de 2015, les Iraniens ayant respecté leurs obligations contractuelles dans ce domaine.

Et ces dernières semaines, sous la pression, apparemment, des éléments les plus fanatiques entrés récemment dans le gouvernement U.S., comme le ministre des Affaires étrangères Mike Pompeo, de culture dite « évangéliste », ou le Conseiller national à la Sécurité John Bolton, dit « le va-t-en-guerre moustachu), accédant aussi aux demandes des pétro-monarques tels le Saoudien « MBS », Trump a accéléré. La lecture de la presse ne permet pas, en revanche, de se faire une opinion sur la question de savoir si Netanyahou est, ces jours-ci, en pole position dans la tribu des bellicistes.

Tandis qu’il envoyait des hommes et des armes supplémentaires dans la région (porte-avion, bombardiers stratégiques, forces spéciales …), on apprenait de mystérieux attentats, n’occasionnant au demeurant que des dégâts modérés et pas de pertes en vies humaines, contre des navires pétroliers traversant le Golfe Persique.

Washington et une partie de ses alliés (Israël, Arabie Saoudite) accusent l’Iran, qui dément, avec d’autant plus de crédibilité que ce pays n’a strictement aucun intérêt à vouloir se confronter à l’Empire militaire le plus puissant de l’histoire.

Le précédent des « armes de destruction massive » qui a servi de prétexte à l’invasion de l’Irak en 2003 alors que lesdites armes étaient une pure invention des services de propagande du président américain de l’époque, George Bush, et de son caniche britannique Tony Blair, est là pour nous le rappeler.

Quand on veut noyer son chien, on dit en effet qu’il a la rage, et le risque d’une attaque occidentale contre l’Iran, aux conséquences incalculables, est d’une terrible actualité.

CAPJPO-EuroPalestine

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