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L’aéroport, et notamment Roissy, un nid d’espions : enquête de Mediapart

mardi 16 juillet 2019

Sous couvert d’empêcher des attentats, les alliés les plus proches de la France dans la lutte antiterroriste – États-Unis et Israël en tête – détournent certaines mesures de sécurité dans les aéroports pour se livrer à de l’espionnage notamment industriel. Mediapart, dans un article intitulé "L’aéroport, ce nid d’espions", révèle cette guerre secrète qui se livre entre autres dans les salles d’embarquement.


"Entre décembre 2018 et avril 2019, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a attiré à plusieurs reprises l’attention des pouvoirs publics sur le danger représenté par… les « mesures de sûreté aériennes » de nos alliés. Dans différentes notes, dont certaines ont été anonymisées afin d’éviter une classification confidentiel défense qui aurait restreint leur diffusion au sein de l’administration, les services de renseignement détaillent comment, sous couvert d’empêcher des attentats, certains pays (aux premiers rangs desquels figurent les États-Unis et Israël) détournent leurs procédures de sécurité pour mieux se livrer à de l’espionnage à l’intérieur de leurs frontières, mais aussi dans les aéroports français, Roissy-Charles-de-Gaulle en tête.", écrit Mediapart.

Si vous choisissez de voler avec El AL, la compagnie aérienne israélienne préférée du Mossad, dont les agents de sécurité sont formés par le Shin Beth (services secrets israéliens), ne venez pas vous plaindre ensuite de vos « mésaventures ». C’est connu depuis des années, et ce n’est pas un scoop de Mediapart, c’est une zone de non droit sur laquelle le gouvernement français ferme les yeux depuis longtemps.

Qui que vous soyez, vous pouvez non seulement être fouillé dans un local à part, de même que votre téléphone et votre ordinateur, mais vos valises peuvent également l’être en dehors de votre présence ce qui est illégal.
Vous risquez également d’être longuement interrogé(e) sur votre vie privée et professionnelle.

Et si vous constatez en arrivant en Israel que votre téléphone ne fonctionne plus, ou qu’un cheval de Troie a été introduit dans votre ordinateur, rien d’étonnant non plus.

« Les mesures de sécurité mises en œuvre [par certains pays] sont l’occasion de capter des données personnelles ou confidentielles détenues par les voyageurs », déplore-t-on à la DGSI.

"Entraver les déplacements des voyageurs, capter leurs données, lors des contrôles douaniers ou des contrôles réalisés par les compagnies aériennes, tous les coups sont permis", écrit Mediapart.

"Les formalités d’enregistrement auprès d’une compagnie aérienne offrent une occasion en or aux services de renseignement pour compléter leurs informations. Dans son ouvrage Les Guerres secrètes du Mossad (Nouveau Monde éditions, 2012), Yvonnick Denoël raconte comment le service secret avait piraté le système informatique d’Air France pour y trouver l’adresse d’un client régulier que les espions d’Israël cherchaient à intimider.

À l’étranger, les services de renseignement se débrouillent aussi pour avoir leurs sources au sein des effectifs de police locaux qui procèdent aux contrôles. Le journaliste gallois Gordon Thomas a raconté dans son Histoire secrète du Mossad (Nouveau Monde éditions, 2006) comment des agents de sécurité de Schiphol, l’aéroport d’Amsterdam, informaient les services secrets hébreux des allées et venues du leader kurde Abdullah Öcalan.

Les Etats-Unis pas en reste, explique Mediapart.

Depuis une nouvelle directive portant sur la protection des frontières, un officier de l’immigration américain peut se connecter à n’importe quel support informatique nomade et en copier le contenu sur la foi de simples soupçons « raisonnables » que l’homme en face de lui s’adonne à une quelconque activité illégale. La boîte de Pandore est ouvert

L’enquête de Mediapart montre que les salles d’embarquement présentent un autre risque d’espionnage industriel. Plus insidieux car invisible et indolore. Le Wi-Fi. « La règle est simple, se souvient un ancien du ministère de la défense. Ne jamais se connecter à un Wi-Fi d’aéroport ou d’hôtel. »
L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) a édité un Passeport de conseils aux voyageurs dans lequel elle préconise d’éviter « les réseaux Wi-Fi publics ou inconnus ». « Ces réseaux peuvent être contrôlés par des cybercriminels qui peuvent intercepter vos connexions et récupérer au passage vos comptes d’accès, mots de passe, données de carte bancaire… » détaille l’ANSSI.
« Même s’il n’est pas victime d’un leurre et accède bien à son compte, l’utilisateur, quand l’embarquement commence, oublie souvent de se déconnecter. Il suffit alors de se connecter à sa suite sur son mail pour aspirer de nombreuses données. Cela reste du piratage bas de gamme, mais comme tout piratage bas de gamme, cela fonctionne très bien… »
"Les salles d’embarquement) offrent moult prises électriques ou ports USB pour y recharger ordinateurs et téléphones. « Vous n’avez aucune assurance qu’un service n’ait pas installé dans le mur un périphérique de stockage qui aspire tout ce qui se trouve sur votre support informatique ».

Une fois monté à bord de l’avion, nous n’êtes pas tranquille pour autant.
Trifouillages en soute ne sont pas rares, dont disques durs d’ordinateurs copiés. Mediatpart donne l’exemple de chefs d’entreprises dont toutes les données stratégiques, le fichier clients, les contrats commerciaux en cours de négociation et 4 000 courriels portant sur la recherche et développement de l’entreprise, le plan de financement à l’horizon 2025... ont été copiées.

"Face aux ingérences aussi variées que répétées de nos alliés, l’ANSSI, la DGSI et la Direction du renseignement et de la sécurité de la Défense (DRSD) multiplient les sessions de sensibilisation auprès des acteurs économiques privés et publics en insistant, à l’intention des voyageurs d’affaires, sur « les évolutions réglementaires des pays étrangers en matière de sûreté aérienne »....

Source : https://www.mediapart.fr/journal/international/130719/l-aeroport-ce-nid-d-espions

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