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Palestine occupée : un enfant de 10 ans ciblé à la tête et dans le coma

jeudi 18 juillet 2019

Les villageois de Kafr Qaddum, en Cisjordanie occupée, sont encore sous le choc après qu’un enfant de 10 ans a reçu une balle dans la tête, tirée par un sniper israélien.


Abdul Rahman Shteiwi, 10 ans, qui a reçu une balle dans la tête vendredi

Depuis 8 ans, les habitants de ce village manifestent tous les vendredi pour protester contre les confiscations de leurs terres par Israel, et le bouclage de leur village par les forces d’occupation. Et depuis 8 ans, ces Palestiniens ont en vu passer des balles, des grenades lacrymogènes, des blessés et même des morts, malgré le caractère pacifique de leurs marches. Mais la situation ne fait qu’empirer.

Et vendredi dernier, ils portaient comme d’habitude des pancartes et des drapeaux, scandaient des slogans, quand les escadrons de la mort israéliens ont attaqué, ne tirant pas en l’air mais sur la foule, visant les manifestants pour tuer, rapporte Mondoweiss.

Et alors qu’il n’était même pas en tête de manifestation, Abdul Rahman, 10 ans, a reçu une balle en pleine tête, avant d’être conduit à l’hôpital de Naplouse le plus proche, à une vingtaine de km.

Après une intervention chirurgicale de 3 H, les chirurgiens ont indiqué à sa famille qu’il avait été ciblé avec une balle explosive qui avait explosé en une centaine de fragments dans sa tête, causant des dommages irréversibles à son cerveau.

Abdul Rahman, visé par un sniper professionnel, a ensuite été transporté dans un hôpital de Tel Aviv où il se trouve dans la coma.

Dans son village, tous les commerces sont fermés depuis vendredi, et toutes
les cérémonies, dont un mariage, ont été annulés.

La mère d’Abdul, qui venait de subir une intervention chirurgicale cardiaque deux semaines plus tôt, voit sa santé se détériorer, et a dû être conduite à l’hôpital à trois reprises depuis que son fils a été grièvement blessé.

Plusieurs habitants de Kafr Kaddum sont devenus handicapés depuis 2011 par les tirs par balles ou par grenade. L’un a perdu l’usage de la parole, un autre est aveugle, des enfants ont été visés aux jambes.

En 2014, c’est un Palestinien de 75 ans qui est mort asphyxié par les gaz lacrymogènes.

A des journalistes israéliens qui ont le culot de venir interroger les habitants de ce village pour leur demander pourquoi ils laissent les enfants participer à de telles manifestations puisqu’ils savent que l’armée israélienne a recours à la violence, l’oncle de Abdul Rahman répond que "les enfants protestent contre ce qu’ils voient, ce qu’ils vivent chaque jour, sous occupation. Ces enfants se sentent en prison, privés de droits élémentaires. Alors, c’est normal qu’ils manifestent".

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Mondoweiss

CAPJPO-EuroPalestine

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