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Comment Israël entrave le fonctionnement des universités palestiniennes

lundi 22 juillet 2019

Israël refuse de délivrer des permis de travail aux universitaires internationaux travaillant dans des universités palestiniennes en Cisjordanie occupée et durcit sa politique en matière de visas, ce qui les force à abandonner leurs étudiants et à quitter le pays.


Groupe d’étudiants et enseignants en science de Birzeit

Au cours des deux dernières années, Israël a durci ses restrictions de visa à l’encontre des universitaires internationaux : leur refusant l’entrée en Cisjordanie ; leur refusant des prolongations de visa ; retardant la procédure de prolongation de leur visa au-delà de la période de validité du visa ; leur attribuant de façon arbitraire des visas de courte validité, parfois de seulement deux semaines à trois mois ; limitant les visas à la seule Cisjordanie et n’autorisant l’entrée et la sortie que par le pont Allenby, plutôt que par l’aéroport Ben Gourion ; exigeant le dépôt de grosses sommes d’argent comme garantie, sommes allant parfois jusqu’à NIS 80 000 (environ US$ 23 300).

L’Université de Birzeit en Cisjordanie et deux groupes palestiniens de défense des droits de l’homme, Adalah (le Centre juridique pour les droits des minorités arabes en Israël), et Al-Haq, intentent une action en justice.

Si les autorités israéliennes sont les seules à pouvoir en fournir le nombre total au cours des années passées, les refus de renouvellement de prolongation de visas, ainsi que toute une série d’autres restrictions, sont en augmentation. La Campagne pour le droit d’entrer, qui suit la question des procédures d’entrée et de visa pour les ressortissants étrangers depuis plus de dix ans, rapporte une claire augmentation des refus de prolongation de visa et un durcissement des restrictions depuis au moins la mi-2016.

L’Université de Birzeit, rapporte une augmentation de 200% des refus de visa au cours des deux dernières années académiques seulement.
Pas un seul des enseignants internationaux, à l’exception de ceux qui étaient directement employés par des programmes gouvernementaux étrangers, n’a reçu de visa pour la durée complète de son contrat pour l’année académique 2018-2019.
Plus de 12 départements et programmes risquent de perdre des enseignants au cours de la prochaine année académique à cause de la politique israélienne.

Dans le Classement mondial des universités QS de 2019, l’Université de Birzeit s’est classée parmi les 3% des meilleures universités du monde. Mais ce classement se base sur un certain nombre d’indicateurs clés – dont la proportion d’enseignants étrangers et d’élèves étrangers – qui sont maintenant la cible d’Israël. En empêchant Birzeit d’employer des enseignants internationaux, Israël entrave sa capacité à fonctionner comme une université qui répond aux normes internationales.

Et le Conservatoire national de musique Eward Said, affilié au Conseil d’administration de l’Université de Birzeit, rapporte une augmentation de 200% des refus de visa au cours des deux dernières années académiques seulement : pendant l’année académique 2017-2018, 4 enseignants internationaux sur 20 se sont vu refuser des prolongations de visa ou l’entrée à la frontière ; en 2018-2019, ils étaient 8 sur 19.

Abdullatif Abuhijleh, le président de l’Université de Birzeit, a déclaré : « L’obstruction à notre droit d’engager des universitaires internationaux fait partie des efforts continus de l’occupation israélienne pour marginaliser les établissements d’enseignement supérieur palestiniens. Le récent durcissement dans les restrictions de visa n’est qu’un élément d’une politique israélienne systématique et de longue date visant à saper l’indépendance et la viabilité des établissements palestiniens d’enseignement supérieur. »

L’Université de Birzeit n’est pas la seule : des universités sont affectées par la politique israélienne dans tout le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est.

Une étude de février 2018 du ministère palestinien de l’Éducation a révélé que plus de la moitié des enseignants et employés internationaux (32 sur 64) de huit universités avaient été affectés pendant les deux années précédentes par des rejets israéliens de leurs demandes de nouveau visa ou de prolongation de visa, ou par le refus de les laisser entrer en Cisjordanie. Ces universitaires, dont beaucoup sont des Palestiniens détenteurs de passeports étrangers, sont citoyens de divers pays, dont les Pays-Bas, la France, l’Allemagne, l’Inde ou la Jordanie ; la majorité d’entre eux viennent des États-Unis et de pays membres de l’Union européenne.

La politique qu’Israël mène à l’égard des universitaires internationaux viole à la fois le droit israélien et le droit international. Elle viole la liberté des universités d’élargir les champs de recherche et d’études qu’elles offrent aux étudiants palestiniens comme aux internationaux. En ce faisant, Israël empêche la population palestinienne occupée de déterminer par elle-même le type d’enseignement qu’elle souhaite dispenser.

De fait, selon l’interprétation appliquée à l’article 43 du Règlement de La Haye de 1907, la souveraineté sur l’éducation ne change pas de mains – elle est inaliénable – et doit demeurer entre les mains de la population palestinienne occupée.

(Traduit Par MUV pour l’AURDIP)

Source : d’Adalah

CAPJPO-EuroPalestine

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