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"Le mirage of Benny Gantz", par Jonathan Ofir

mercredi 25 septembre 2019

Jonathan Ofir, opposant israélien vivant au Danemark, estime, à l’heure des tractations, qu’un Gantz au gouvernement serait encore pire qu’un Netanyahou.


Avigdor Lieberman et Benny Gantz le 23 septembre dernier. Photo du compte twitter de Gantz

"Le pays a choisi l’unité. Le pays a choisi Israel d’abord" a déclaré Benny Gantz, et on sait ce que cela veut dire, commente Ofir, musicien, chef d’orchestre, écrivain et blogueur.

"Quand vous entendez Trump dire ’l’Amérique d’abord" , vous savez qu’il s’agit de suprématie blanche. En Israel cela signifie suprématie juive, également appelée sionisme, mais là personne ne s’en offusque, comme si cela n’était pas également raciste."

"Gantz se propose de former un gouvernement avec Lieberman et le Likoud, et il ne risque pas d’accepter des "ennemis" tels que les députés arabes dans leur coalition.

En plus de Lieberman qui les a publiquement vomis, Moshe Ya’alon, ancien ministre de la défense et l’un des principaux dirigeants du parti bleu et blanc de Gantz, grand supporter de l’extension de la colonisation, a également déclaré que ’tous les partis sionistes étaient les bienvenus dans leur coalition", ce qui veut dire pas d’arabes en son sein.

On comprend dans ce contexte que le Parti Balad qui représente 3 sièges n’ait pas suivi Ayman Odeh dans son choix d’appuyer Gantz auprès du président israélien Reuvlin.

Les soi disant "sionistes libéraux", qui estiment que la priorité est de se débarrasser de Netanyahou, avec leur slogan "Tout sauf Bibi", et qui se font passer pour des opposants en votant pour Gantz, voire pour des partisans de deux Etats, ne peuvent ignorer que Gantz s’est plaint que Netanyahou lui avait "volé son idée", quand il a annoncé son projet d’annexion de la Vallée du Jourdain.

Il y a donc un grand danger en apportant une légitimité à des gens qui ne présentent aucune différence avec le Likoud, en ce qui concerne notamment la question palestinienne. Avec cette belle ’unité’ autour d’eux, soit-disant propres mais ayant les mains pleines de sang, ils vont avoir la tâche plus facile pour légitimer l’apartheid israélien.

Ces électeurs "anti-Bibi" ne sont pas gênés à l’idée que le Gantz, le boucher de Gaza, qui voulait les faire "retourner à l’âge de pierre", et qui souhaite qu’Israel puisse procéder à davantage d’exécutions extra-judiciaires, dirige le pays.
Du moment qu’il est sioniste, et qu’ils sont fatigués de Netanyahou, cela suffit pour l’adouber.

Cela montre à quel point les Palestiniens qui votent en Israël sont coincés. Quoi qu’ils fassent se termine toujours par du "Israel d’abord", et du "Palestiniens en dernier".

Par Jonathan Ofir

(Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Source : Mondoweiss

CAPJPO-EuroPalestine

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