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29 août 2012

La mission en visite dans l’immense camp de réfugiés de Baqa’a

La mission Bienvenue en Palestine a poursuivi mardi et mercredi son voyage de solidarité, avec un déplacement dans l’immense camp de réfugiés palestiniens de Baqa’a, à une vingtaine de kilomètres au nord d’Amman.

Immense par sa population, mais pas par sa taille, car les 145.000 habitants du camp s’y entassent sur un minuscule espace de 140 hectares.

Ces Palestiniens, dont une partie a le statut de réfugié et l’autre, encore plus précaire, de « personnes déplacées » sont le produit, non pas de la grande opération d’expulsion de 1948 (la « Nakba »), mais de la nouvelle vague de nettoyage ethnique conduite par Israël dans le sillage de la guerre de juin 1967.


(Les premiers habitants de Baqa’a)

Les quartiers du camp portent le nom des différentes régions de Palestine dont sont originaires les habitants : Quartier Gaza, Quartier Jérusalem, Quartier Naplouse, et Quartier Sud.

Ces civils palestiniens expulsés au cours de l’été 1967 avaient survécu des mois dans la vallée du Jourdain (côté jordanien), avant d’être installés en 1968 dans des conditions presque aussi précaires sur le terrain de Baqa’a.

Notre délégation, qui a passé 24 heures dans le camp entre mardi et mercredi, a pu constater comment ces gens sont maintenus, sous une surveillance policière constante et pesante, dans un état d’isolement, y compris vis-à-vis du reste de la banlieue nord de l’agglomération d’Amman.

Cet isolement forcé n’est sans doute pas pour rien si l’idée de « retourner » en Palestine, y compris chez les jeunes qui n’y ont jamais mis les pieds alors que c’est à quelques dizaines de kilomètres seulement, est aussi présente dans la population de Baqa’a comme nous avons pu le constater.

Les services sanitaires et sociaux y sont de piètre qualité, avec par exemple 12 médecins seulement et une soixantaine d’infirmières pour les trois dispensaires du camp.

RENCONTRE AVEC LEILA KHALED

Notre déplacement à Baqa’a s’est tout de même fait dans la joie, et nous avons fait la fête avec tous les enfants, avec danses et chansons dans toutes les langues.

Nous avons également eu l’opportunité d’une rencontre très intéressante, avec cette figure historique de la résistance palestinienne qu’est Leila Khaled.
Agée aujourd’hui de 68 ans, Leila en avait quatre lorsqu’elle fut expulsée de sa ville natale, Haïfa, par l’armée israélienne en 1948, et prit le chemin de l’exil avec sa famille. En 1969, Leila Khaled quitte son emploi d’enseignante pour rejoindre la résistance armée, dans les rangs de l’organisation FPLP (Front Populaire de Libération de la Palestine). Elle participe ainsi à des opérations de détournements d’avions (israéliens, américains), qui font connaître mondialement la cause palestinienne et son égérie Leila.


(Leila Khaled, ici lors d’une conférence en 2009)

Capturée, internée brièvement en Grande-Bretagne avant d’être libérée en 1970 dans le cadre d’un échange de prisonniers, la carrière « militaire » de Leila Khaled aura été d’autant plus courte que son organisation, le FPLP, renonce rapidement à sa stratégie de détournements d’avions.

Installée depuis 1992 en Jordanie avec ses deux enfants, Leila Khaled n’a pas renoncé pour autant, bien au contraire, à la lutte pour la libération de la Palestine. Jamais abusée par les mirages du « processus d’Oslo », Leila Khaled, qui a salué notre mission en termes particulièrement chaleureux, continue de militer pour l’avènement en Palestine d’un seul Etat démocratique, garantissant les mêmes droits à tous ses citoyens, quelle que soit leur religion.



Mission Bienvenue en Palestine (France)

CAPJPO-EuroPalestine


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