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2 décembre 2012

La Palestine à Porto Alegre

Trois mille participants, venus des quatre coins de la planète pour manifester leur solidarité avec le peuple palestinien, 36 pays représentés : les militants brésiliens pour la cause palestinienne sont fiers d’avoir réussi à organiser ce forum mondial, malgré les incroyables pressions exercées par le lobby israélien sur leur gouvernement et l’ensemble des dirigeants politiques et syndicaux.

Le choix du Brésil n’était pas évident, car ce pays est, pour Israël, la porte d’entrée vers l’Amérique Latine. C’est le gouvernement brésilien qui a fait le forcing récemment pour faire accepter Israël dans Mercosur, et de manière générale, le lobby israélien bien implanté au Brésil, finance régulièrement des déplacements de politiciens, syndicalistes, universitaires et journalistes en Israël.

Et ce lobby a tout fait pour empêcher la tenue du forum mondial sur la Palestine dans une ville qui a joué un rôle important dans la création et l’organisation des forum sociaux mondiaux. Pressions, menaces, tout y est passé pendant des mois. En désespoir de cause, les sionistes ont même préempté le lieu le plus spacieux et adapté à ces rencontres ("Gazometro"), contraignant les organisateurs à éclater les conférences sur une multitude de lieux (maisons de la culture, locaux syndicaux, universités...).

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Dans un mélange de "Grand messes" et ateliers plus restreints et studieux, la poursuite et le renforcement de la campagne BDS a été le mode d’action clairement plébiscité.

Son efficacité peut se mesurer à l’aune des réactions d’Israël — et de son "think tank" l’Institut Reut— qui, après avoir qualifié la campagne BDS internationale de "menace stratégique", la présente désormais comme une "menace existentielle".

Elle a été déclinée à Porto Alegre sous toutes ses formes :

  • Embargo militaire, boycott et désinvestissement de firmes comme Elbit qui participe à la construction du mur, ou G4S, qui fournit des prestations aux prisons israéliennes, technologies ensuite exportées dans d’autres pays, tout comme l’armement testé sur les Palestiniens est ensuite utilisé contre d’autres populations.

Clairement, les expériences menées avec succès dans plusieurs pays montrent qu’il est inutile de chercher l’appui des dirigeants syndicaux, généralement corrompus par Israël, mais que c’est auprès des syndicalistes de base qu’il faut dénoncer la colonisation israélienne.

  • Boycott des produits agricoles et pharmaceutiques exportés par Israël. Les militants brésiliens qui ont rejoint la campagne BDS en 2011, se sont ainsi aperçu récemment que le Brésil importe du café israélien ""Tres Coraços")
  • Boycott universitaire, en soulignant que de nombreuses universités israéliennes participent à des recherches profitant à l’industrie militaire de l’occupant.
  • Boycott sportif et culturel, qui progresse plus rapidement que celui mené contre l’Afrique du Sud de l’apartheid et qui nécessita une trentaine d’années avant de percer réellement.

Les militants d’Afrique du Sud, venus à Porto Alegre en force, ont fait état de la Coalition pour une Palestine Libre qu’ils ont réussi à former récemment et qui milite actuellement :

  • pour faire appliquer la provenance exacte des produits exportés par Israël (ce qui a été voté récemment, mais rencontre des résistances)
  • pour exiger la révocation de la nationalité sud-africaine aux double-nationaux qui vont servir dans l’armée d’occupation israélienne
  • pour libérer les frontières et aéroports sud-africains de la présence du MOSSAD

(Pour rappel, l’Université de Johannesburg a rompu en 2011 ses liens avec les universités israéliennes)



Ronnie Kasrils et Naëma d’EuroPalestine

Des militants et artistes japonais sont venus d’Hiroshima pour rappeler les conséquences à long terme des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki et souligner les séquelles que laisseront les bombardements israéliens au phosphore et à l’uranium appauvri sur la population palestinienne.

L’atelier d’EuroPalestine a permis de visionner plusieurs vidéos sur diverses actions de boycott, de soutien aux prisonniers palestiniens et de missions pour briser l’enfermement des Palestiniens. La brochure "On peut pas s’en foot", sur la nécessité d’agir contre la tenue de la Coupe européenne de football des moins de 21 ans en Israël, brochure qui a été traduite et publiée en espagnol par nos amis de RESCOP, a intéressé les militants présents.




Les Palestiniens présents à Porto Alegre ont pour leur part privilégié deux thèmes :

  • le nécessaire travail d’information sur la situation des prisonniers palestiniens, et sur la torture
  • le fait que la Palestine est un tout et qu’il n’est pas question de brader l’un des droits essentiels du peuple palestinien, son droit au retour, inscrit dans la résolution 194 de l’ONU.

    Abla Sa’adat, épouse du célèbre prisonnier du FPLP, Ahmad Sa’dat

CAPJPO-EuroPalestine


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