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Et maintenant la quête pour des respirateurs et moyens de protection pour les soignants !

mardi 24 mars 2020

Et voilà maintenant que l’on nous demande de nous cotiser pour pouvoir acheter des respirateurs et procurer des moyens de protection aux soignants ! Quelle honte !
Pourquoi ne vient-on jamais nous faire la quête pour les drones, les essais nucléaires ou les "opérations militaires sur des champs extérieurs" ?
Ci-dessous le message envoyé mardi à nos nombreux sympathisants à propos de la politique gouvernementale face au covid19.

Chères amies, Chers amis,

Nous espérons que vous allez bien, en tout cas le mieux possible.
Si nous sommes, pour un grand nombre d’entres nous, confinés, nous ne sommes pas pour autant inconscients et muets.
Et certainement pas d’accord avec ceux qui clament « L’heure n’est pas à la polémique ».

Si, justement. C’est le moment ou jamais de s’informer, de réfléchir et d’analyser ce qu’il se passe en France et dans le reste du monde dans ce moment de crise sanitaire.

Et de continuer à échanger avec nos amis Palestiniens, confinés depuis plus de 13 ans à Gaza dans une situation dramatique, ou harcelés et contaminés en Cisjordanie occupée par le régime israélien qui, tout en généralisant l’espionnage téléphonique à l’ensemble de sa population, pour soi-disant « lutter contre le coronavirus », persécute encore plus les Palestiniens. (Cf les infos sur notre site).

Et on se doute que des gouvernements qui n’ont actuellement que le mot de « solidarité » à la bouche, et qui ne sont pas choqués par cette situation, ni par celles des Iraniens dont l’épidémie est aggravée par leur embargo, ne sont pas crédibles quand ils se présentent comme nos sauveurs face au covid-19.

D’ailleurs la longue liste de leurs mensonges prouve le mépris dans lequel ils tiennent ceux qui ne sont pas « les premiers de cordée ».
Macron & Co nous ont en effet affirmé tout d’abord de manière péremptoire que les masques ne manquaient pas, mais qu’ils n’avaient pas la moindre utilité, tout comme les tests de dépistage...

Et quand ils nous citent l’exemple du confinement très strict en Chine, c’est en omettant soigneusement de dire que la mesure de confinement a été appliquée à la région la plus contaminée (quelque 50 millions d’habitants dans la province de Hubei) et qu’elle s’est aussitôt accompagnée de dépistages massifs et de moyens de protection adéquats (masques pour toute la population notamment).

Pourquoi le Pr. Didier Raoult, un spécialiste des maladies infectieuses à Marseille, a-t-il d’abord été méprisé, voire ridiculisé, alors que ses essais cliniques montrent depuis 2 semaines l’efficacité du dépistage, puis d’un traitement à base d’hydroxychloroquine et d’un antibiotique, deux médicaments anciens et disponibles ?

Puis le gouvernement Macron a annoncé que toute la production « non indispensable » devait s’arrêter, mais a demandé aux travailleurs de l’automobile ou du bâtiment de continuer à se rendre à leur travail… y compris en l’absence de moyens de se protéger contre la contamination ??

Enfin, et c’est encore plus scandaleux, le gouvernement qui tente de culpabiliser au maximum la population et de la diviser en essayant de faire porter le chapeau aux « indisciplinés », est directement responsable de l’engorgement des hôpitaux, du manque de personnel, de respirateurs, et même de moyens de protection aussi basiques que les masques.

Il n’a cessé de réduire les moyens de la santé publique, taillant sans cesse dans les effectifs, les lits, et refusant d’assurer un salaire décent au personnel soignant en nombre toujours plus restreint, et aujourd’hui épuisé, contaminé, et comptant un nombre croissant de malades (on ne sait même pas combien de personnes sont décédées parmi les infirmières, aide-soignantes, et personnel des EPADS).

Plus de 100.000 lits d’hôpitaux ont été supprimés en France en 15 ans, alors que la population augmentait. En Italie, 46 500 emplois dans le secteur de la santé ont été supprimés entre 2009 et 2017. 70 000 lits d’hôpital ont disparu. L’Italie disposait de 10,6 lits en hôpital pour 1 000 habitants en 1975 : il n’y en a maintenant plus que 2,6 ! La Grande-Bretagne a suivi la même voie : de 10,7 lits pour 1000 habitants en 1960 à 2,8 en 2013.

Et ceci alors que depuis 2003, les épidémies se multiplient : SRAS, MERS, H5N1, grippe porcine ou aviaire, Ebola…, et que les experts de l’OMS, appellent à la mise en place d’un système de veille à l’égard du risque de pandémie, afin de contenir celle-ci avant qu’elle ne déclenche une réaction en chaîne.

Les risques de pandémie par des infections bactériennes ou virales ne sont pas une surprise. Ils font des dégâts aujourd’hui et en feront d’autres demain, peut-être encore plus graves. Tous les scientifiques s’accordent pour dire que la capacité des virus à franchir la barrière humaine est liée à la déforestation, ainsi qu’aux élevages industriels gigantesques et à l’exploitation industrialisée de soja, d’huile de palme, de maïs, etc. C’est donc la transformation de la nature par l’activité humaine, fondée sur l’accumulation de profits, qui produit de nouveaux virus, ou déclenche des mutations qui n’avaient pas lieu d’être auparavant.
"La pandémie que nous devons affronter à l’échelle mondiale fait partie intégrante de la crise écologique. Elle est la conséquence d’une course aux profits et d’une croissance qui ignorent royalement les limites de notre ecosystème. Le capitalisme tend non seulement à épuiser toutes les ressources (naturelles et humaines) mais il impose à la nature une métabolisation qui lui est spécifique. Le maïs génétiquement transformé produit des maladies nouvelles qui requièrent de nouvelles manipulations. Les pesticides transforment la métabolisation de nos corps de la même manière que les stéroïdes le font avec nos muscles", écrit Stephen Bouquin. "La logique de rentabilité explique également pourquoi de nombreuses maladies tropicales ont été négligées pendant longtemps. Même si un milliard de personnes humaines souffrent ou sont exposées à ces pathologies, il n’y a pas de « marché », souligne-t-il.

Alors les remerciements, hommages, minutes de silence ou applaudissements ne peuvent compenser une telle gestion lamentable de la société, de la nature, et du système de santé. Et rien ne dit que la santé cessera, après la crise, d’être laissée pour compte car non « rentable » .

De même que la recherche scientifique. Car le coronavirus n’est pas nouveau. Le Covid-19 fait partie de la famille des Corona, connus depuis plus de 15 ans, mais pour lesquels la recherche a été stoppée car « non rentable », elle aussi, puisqu’il n’y avait pas de marché.

Donc à part terroriser les Français, tout en leur demandant « de ne pas paniquer », et distribuer des amendes, la « guerre » décrétée par Macron est un leurre. C’est surtout un appel à une « unité nationale » avec des inégalités criantes entre les familles confinées dans de tout petits logements et les plus aisés dans de larges espaces avec davantage de moyens et de possibilités de télétravail. Savez-vous que dans une famille nombreuse où l’un des enfants a atteint 18 ans, les deux parents sont obligés d’aller au travail. Le père est conducteur de bus, la mère travaille dans la grande distribution. Et celui de 18 ans doit s’occuper des petits… Ce n’est qu’un des nombreux exemples de ce que vivent les « derniers de cordée ».

Quant au feu vert donné aux entreprises pour imposer les dates de vacances et de RTT, ainsi qu’une prolongation du temps de travail à tous les salariés, il préfigure de nouvelles mesures de « flexibilité », qui risquent d’être maintenues à la fin de l’épidémie, et qui là encore toucheront essentiellement les couches populaires. Et on est loin d’être rassurés quand on entend le ministre de l’économie déclarer : « La croissance pourra reprendre à condition de prendre les bonnes mesures »... en se gardant bien de dire lesquelles.
Même craintes en ce qui concerne le renforcement de l’arsenal répressif et de surveillance, censé être justifié par l’ « urgence ».

Nous ne pouvons manifester aujourd’hui. Le confinement est bien pratique de ce point de vue. Nous ne pouvons que croiser les doigts pour que la casse humaine soit la plus réduite possible, pour nos proches et pour tous les pays à commencer par l’Afrique et d’autres régions particulièrement vulnérables.
Mais cette crise est une nouvelle preuve qu’on ne peut pas faire confiance aux gouvernant et à tous ceux qui leur obéissent, comme l’indique la pétition de 600 médecins français en colère.

Tout reste pourtant possible quand on voit le vaste mouvement de solidarité spontané et les systèmes d’entraide pour assister les plus fragiles, les personnes âgées ou malades, qui se créent de manière bénévole, qu’il s’agisse de plateformes numériques de solidarité, de systèmes alternatifs d’approvisionnement et de soutien, fondés sur la coopération. Ils montrent qu’un autre monde est possible.

Merci de continuer à lire nos articles quotidiens sur le site www.europalestine.com et de nous faire part de vos réactions et suggestions.

- Ci-dessous l’action BDS contre HP (Hewlett Packard), que nous avons menée juste avant le début du confinement : http://www.europalestine.com/spip.php?article905

Amicalement,
CAPJPO-EuroPalestine

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