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PALESTINE : LES DELEGATIONS FRANCAISES PRISES DANS LES BOUCLAGES

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JERUSALEM, 20 février (CAPJPO)- Deux délégations françaises au moins ont expérimenté, mardi et mercredi, la politique de bouclage généralisé mise en place par l’armée israélienne dans les territoires et à Gaza, leur statut de voyageurs occidentaux leur conférant cependant un sort un peu moins désagréable que celui des Palestiniens eux-mêmes.


« J’ai passé toute la journée, en coordination avec le Consulat de France, à aider au déblocage de ces délégations : une délégation mixte de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et de l’Association des Travailleurs Maghrébins en France en Cisjordanie d’une part, et du collectif toulousain Les Motivés dans la bande de Gaza d’autre part », raconte le militant de gauche israélien Michel Warschawski, interrogé mercredi soir à son retour à Jérusalem.

« Notre activité ? Parler et parler encore avec les officiers israéliens aux postes de contrôle qui quadrillent entièrement le territoire palestinien », indique-t-il, soulignant qu’il y a au moins 150 barrages militaires sur un territoire d’une superficie de 5.000 kilomètres carrés, le centième de celle d’un pays comme la France.

« Et heure après heure, les réponses sont les mêmes, dans la même langue de bois militaire : ‘impératif de sécurité ‘, ‘raisons opérationnelles’», pour interdire le passage d’une cité à l’autre, distantes de quelques petits kilomètres seulement.

« Mais si les gens que j’ai tenté d’aider ont parfois pleuré, ce n’est pas tant sur leur propre sort que sur celui des Palestiniens », ajoute-t-il. Les délégations en question ont en effet été directement témoin du déchaînement des armes israéliennes mardi puis mercredi, tant à Gaza (pour les Motivés) qu’à Naplouse (où se trouvait mercredi le groupe ATMF/UJFP). L’armée israélienne, qui a essuyé elle-même ses plus fortes pertes (6 soldats tués en une seule opération palestinienne) depuis le début de l’Intifada à l’automne 2000, a tué en effet plus de 30 Palestiniens en moins de deux jours.

« Le lot commun des Palestiniens aux barrages, c’est d’attendre dans le froid, pendant 24 heures et plus, alors qu’à l’approche de la fête de l’Aïd el Kebir, beaucoup ont programmé des déplacements familiaux », indique encore Michel Warschawski.

Des représentants des télévisions françaises ont pu interviewer des membres de ces délégations, et devaient diffuser des reportages sur ce sujet mercredi soir ou jeudi.

On trouvera ci-dessous le communiqué commun de l’ATMF et de l’UJFP, en date du 18 février.

> Communiqué ATMF-UJFP
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> Les 20 volontaires, membres d’une mission commune de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP) et de l’Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF), qui participent ensemble à la Campagne Civile internationale pour la Protection du Peuple Palestinien (CCIPPP), sont arrivés ce dimanche 17 février 2002 en Palestine.
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> Leur mission les conduira en Cisjordanie. Ils seront ce soir au camps de réfugiés de Deheishé, à Jérusalem, dans la Bande de Gaza, mais également en Israël, en particulier à Nazareth.
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> Ce 18 février, la mission a été reçue à Ramallah par le Président de l’Autorité Nationale Palestinienne, M. Yasser Arafat, en présence de M. Ahmed Abdel Rahman. M. Yasser Arafat s’est félicité de l’organisation de cette mission.
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> Depuis son bureau, encerclé par les chars israéliens, il a rappelé les moyens et les conséquences de la politique d’Ariel Sharon en Palestine occupée : bombardements par les F16 d’écoles, de maisons, d’églises ou de mosquées ; utilisation d’armes donnant lieu à des commissions d’enquête (cf : commission sur l’éventuel usage d’uranium appauvri) ; interdiction d’entrer à Jérusalem ; destruction de l’agriculture (50 % des oliviers, approximativement, ont été arrachés, des milliers d’hectares de terres ravagées) ; destruction de sites financés par la Communauté internationale, l’union européenne la France (tels que l’aéroport international de Gaza) et blocus, aboutissant, selon le FMI et la Banque Mondiale, à 7,5 milliards de dollars de pertes.
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> Le président Arafat en a encore une fois appelé à la Paix des braves. Rendant hommage à son partenaire Yitzhak Rabin assassiné le 5 novembre 1995, il a souligné qu’il ferait tout pour y parvenir car la paix, que refuse Ariel Sharon, concerne non seulement la Palestine et Israël, mais aussi tout le Proche-Orient et le monde entier. Le Président Yasser Arafat a salué les 10000 Israéliens qui ont manifesté voici deux jours pour la paix à Tel-Aviv.
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> Youssef Haji (ATMF) et Michèle Sibony (UJFP), les deux porte-parole de la mission, ont quant à eux rappelé que les deux associations souhaitent manifester leur solidarité avec le peuple palestinien, observer, témoigner, intervenir en faveur d’une force internationale de protection en Palestine, mais aussi, contre les logiques communautaires qui veulent donner une lecture confessionnelle du conflit, et conduisent à l’impasse, la mission entend rétablir une lecture politique et faire prévaloir une démarche solidaire.
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> Saluant le Président Yasser Arafat, la mission a salué à travers lui tout le peuple palestinien.
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> Ramallah, le 18 février 2002.

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