Alain Gresh s’indigne à juste titre de la réponse du ministère français des affaires étrangères, interrogé sur l’arrestation et les mauvais traitements infligés aux mineurs de moins de 12 ans par Israël.
Nous avions fait état la semaine dernière sur notre site (
http://www.europalestine.com/spip.php?article5687 ) d’un rapport alarmant d’associations israéliennes de défense des droits de l’homme sur ce sujet, établissant notamment que, pour la seule ville de Jérusalem, plus de 1200 enfants palestiniens avaient été arrêtés, interrogés sans parent ou avocat et avaient souvent subi des violences physiques.
Soupçonnés d’avoir participé à des manifestations et d’avoir jeté des pierres pour protester contre l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem, B’Tselem note que :
– Nombre de jeunes Palestiniens sont arrêtés la nuit, dans leur lit, et immédiatement conduits dans des centres d’interrogatoire ;
– Les parents sont souvent empêchés d’assister à ces interrogatoires, alors même que la loi garantit cette présence ;
– Nombre de ces jeunes ont fait état de mauvais traitements ;
– Quatre des personnes arrêtées avaient moins de… 12 ans. Un garçon de 8 ans a lui aussi été arrêté dans son lit parce que son nom était le même que celui d’un jeune soupçonné d’avoir lancé des pierres.
Or, ce mardi, le porte-parole du ministère français des affaires étrangères a été interrogé sur ce rapport et voici ce qu’il a répondu :
« Q -Depuis quelques jours, l’ONG israélienne B’Tselem a porté plainte et va entamer un procès contre le gouvernement israélien, contre la police israélienne pour l’arrestation des enfants dans des conditions enfreignant la loi. Ils auraient arrêté des enfants la nuit et les auraient battus. Avez-vous des informations et avez-vous une réaction ?
R – Non. Si la justice israélienne est saisie, il faut la laisser faire son travail. En Israël, il y a des lois, c’est à la justice israélienne, en toute indépendance de se prononcer sur ces plaintes.
Q – N’y a-t-il pas d’accord sur le principe concernant les arrestations d’enfants ?
R – Nous devons analyser cela au regard de la légalité israélienne. »
Alain Gresh conclut : Si les mots ont un sens, la France n’a rien à dire sur ces événements, bien qu’ils se déroulent dans un territoire qu’elle considère comme « occupé », pas en Israël. Et faut-il vraiment analyser ces faits au regard de la légalité israélienne ? A supposer que ces arrestations soient légales du point de vue israélien – ce qui n’est pas le cas –, sont-elles acceptables ?
Source : http://blog.mondediplo.net/2010-12-16-Paris-enterine-l-arrestation-d-enfants-de-moins
CAPJPO-EuroPalestine