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Le Monde refuse de publier un droit de réponse à la tribune pourrie qu’il a publiée, assimilant antisionisme et antisémitisme

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Du coup, nous publions cette tribune intitulée « Pour que la lutte contre l’antisémitisme ne serve plus de prétexte à la répression », qui est une réponse à la tribune publiée dans le journal le Monde le 21 mars 2025 qui titrait « Pour que l’antisionisme ne serve plus de prétexte à l’antisémitisme ! »

 « Pour que la lutte contre l’antisémitisme ne serve plus de prétexte à la répression de ceux qui dénoncent le génocide palestinien

Nous, militants de la cause palestinienne, avons été choqués par la tribune, publiée par Le Monde, d’un collectif regroupant essentiellement des responsables politiques qui cherchent depuis le début à invisibiliser le génocide palestinien.

Cette tribune demande la pénalisation de l’antisionisme par l’inscription de celui-ci comme délit pénal par voie législative.

Ce texte est une nouvelle falsification grossière de la vérité historique, que nous entendons démontrer. 

De quoi le sionisme est-il le nom ?

On lit dans cette tribune : « Le sionisme, c’est un idéal d’émancipation, un ancrage durable, un barrage à la haine, un rempart à l’extermination. ».  Après un an et demi de bombardements, 50 000 morts dont plus de 15 600 enfants, des milliers de blessés, d’amputés, de torturés, d’orphelins et 70 % du territoire dévasté, nous estimons qu’il est logique d’en douter. Le sionisme, c’est à la fois la division territoriale de la Palestine sur des bases ethniques et l’extension sans fin de frontières jamais définies. L’entité qui porte ce projet n’est en rien représentative d’un peuple, mais au contraire, reflète les intérêts économiques et militaires de pays étrangers à la région, à commencer par les Etats-Unis. Nous assistons actuellement à l’aboutissement d’un projet d’expansion militaire et coloniale fondé sur la destruction de tout un peuple.

Cette tragédie n’a pas commencé le 7 octobre, mais il y a un siècle avec le nettoyage ethnique méthodique de la Palestine, combinant des phases d’agression miliaire de haute intensité et des phases d’oppression impitoyable basée sur un régime d’apartheid et d’enfermement généralisé des Palestiniens, d’assassinats, d’expulsion massive et de refus du retour des réfugiés.

Manifestation de rabbins antisionistes à New York

Le droit international bafoué de façon continuelle par Israël

La première résolution bafouée par Israël est celle dont elle tire son existence même, la résolution 181 qui proposait un plan de partage avec un État israélien pour les juifs et un État arabe pour les Palestiniens. Ce plan de partage n’a jamais été respecté.

Selon le journal israélien Haaretz, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté depuis 1947 près de 1 500 résolutions. Entre 1968 et 2002, Israël a « violé 32 résolutions qui comportaient la condamnation ou les critiques à l’égard des politiques et des actions des gouvernements », se plaçant ainsi au premier rang des pays enfreignant les résolutions de l’ONU. Pour la seule année 2022, Israël a battu tous les records en faisant l’objet de 15 résolutions de l’ONU, pendant que la Russie faisait l’objet de 6 résolutions. 2022, c’est bien avant le 7 octobre 2023, et l’oppression, l’occupation, l’apartheid et le blocus de Gaza apparaissaient à la Communauté Internationale suffisamment insupportables pour interpeler 15 fois le gouvernement d’extrême-droite israélien, mais sans jamais le mettre au ban des nations. Certains d’entre nous pensent que la solution réside dans l’ONU, d’autres pensent le contraire, car ses positions sont à géométrie variable. Pourquoi l’ONU n’envoie-t-elle pas des casques bleus en Palestine comme force d’interposition ? Quels que soit les moyens, le massacre doit cesser tout de suite et définitivement, car le sionisme dévaste la terre de Palestine et bafoue le droit international.

En finir avec l’instrumentalisation de l’antisionisme

Tous les sionistes ne sont pas juifs et tous les juifs ne sont pas sionistes : une des ambitions de cette sombre tribune est d’essentialiser les juifs comme cibles de l’antisionisme. C’est un procédé malhonnête, dangereux et… antisémite.

Car, que cherchent les auteurs de cette tribune en assimilant les juifs du monde entier aux atrocités israéliennes, tout en indiquant qu’elles procèdent « d’un idéal d’émancipation » ? Quelle stratégie et quel cynisme animent des signataires n’ayant pour la plupart rien à voir avec le judaïsme et étant largement insérés dans les institutions ? De quel droit stigmatisent-ils les juifs français avec de tels propos ? Ces sionistes, quel que soit leur parti, sont des racistes prêts à mettre une cible dans le dos de tous ceux qui s’opposent à leur projet colonial.

Rien ne peut justifier l’actuel nettoyage ethnique : les Palestiniens ne sont pour rien dans l’antisémitisme des années 30 en Allemagne, en France, en Italie…

Un passage du texte pousse même le raisonnement à son absurdité totale : « On ne reproche plus aux juifs de vouloir contrôler le monde mais aux sionistes de vouloir contrôler les terres » Il ne faudrait donc pas critiquer le vol de terres et les dévastations des colons, car cela pourrait être comparé aux arguments ayant cours dans l’entre-deux-guerres ? Mais en quoi le Palestinien d’aujourd’hui est-il responsable des élucubrations de l’extrême-droite européenne des années 1930 ?

En grand nombre, des juifs du monde entier disent « pas en mon nom » et rappellent qu’on avait proclamé « plus jamais ça » après le génocide perpétré par les nazis.

Des millions de citoyens sont saisis d’horreur en voyant hommes, femmes et enfants massacrés par milliers en direct et sans que les dirigeants des pays européens en perdent le sourire, ni l’opportunité de vendre des armes.

Expliquer que l’émancipation d’un groupe ne peut passer que par un État religieux signifie donc qu’il serait impossible de combattre pour un Etat laïque, traitant les citoyens de la même manière quelle que soit la religion. Drôle de conception ! Pour nous, tous les citoyens doivent jouir des mêmes droits, indépendamment de la religion.

Répéter un mensonge n’en fait pas une vérité.

L’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme… et ils le savent !

Notre empathie n’est pas dictée par les considérations des marchands d’armes américains. Nous sommes solidaires des juifs antiracistes, y compris israéliens, et clamons que le droit international doit être le cadre du règlement pacifique des conflits. Nous admirons tout autant une Rima Hassan qu’un Pierre Stambul ou un Rony Brauman. Nous nous intéressons trop à la justesse de l’émancipation pour prendre en compte les convictions religieuses ou philosophiques.

Nous en appelons à toutes celles et ceux, militants démocrates, défenseurs des droits de l’homme, descendants de la résistance, syndicalistes, journalistes honnêtes, politiques auxquels il reste une conscience, et à tous ceux qui refusent le chantage et regardent avec lucidité l’étendue des injustices faites aux Palestiniens depuis un siècle. La critique du sionisme est une liberté qui nuit à l’extrême-droite et à ses marchepieds.

On ne règle pas un problème politique en interdisant la liberté d’expression. Liberté qui est toujours celle de celui qui pense autrement.

En aucun cas, la moindre loi ne peut venir interdire à celleux qui dénoncent le génocide de donner leurs arguments, y compris dans leur combat contre le sionisme.

Premiers signataires :

Pierre Stambul, Ujfp

Martine Boudet, Conseil scientifique d’Attac France

Jean-Sébastien Pierre, Professeur émérite à l’Université de Rennes, Libre Penseur

Lobna Nassar, Avocat à la Cour

Olivier Le Cour Grandmaison, Universitaire

Dror Warschawski, Chercheur, Sorbonne Université

Yolande Moreau, Comédienne/ réalisatrice

Sivan Eyal, Cinéaste-essayiste

Eyschen Christian, Secrétaire Général De La Libre Pensée

Bernard Salques, Anthropologue

Judith Bernard, Metteuse en scène

Jacques-Marie Bourget, Journaliste

Daniel Kupferstein, réalisateur

Laurent et Françoise Weill, médecins retraités, membres de l’UJFP

Fabrice Riceputi, historien

Valerie Depierre, Maire de Arbois

Nacira Guénif, Sociologue, anthropologue, professeure à l’université Paris 8

Houria Bouteldja, QG décolonial

Jean-Claude Arezki, Président du Théâtre du Tiroir

Mustapha Mekki, Médecin cardiologue

Ismail Kamci, président du centre culturel des Alevis Narbonne

Véronique Timsit, Dramaturge

Camille Levy Sarfati, Autrice et curatrice

Dominique Lonchampt, Conseiller Régional Bourgogne Franche-Comté

Stephen Butel, Comédien

Soizic Beaumier, Pediatre

Simon Savry-Cattan, Juriste en droit international

Gilles Champion, Comédien, auteur, metteur en scene et responsable associatif

Élise Vigier, Metteure en scène et comédienne

Jean Princivalle, Editeur

Patrick Boumier, dirigeant syndicaliste, astrophysicien, président du Cercle rationaliste Paris-Saclay

Juliette Bialek, Comédienne

Valérie Osouf,Réalisatrice

Michèle Guenoun, Professeur émérite ENSAD

Philippe Diaz, Auteur producteur, scénariste, réalisateur

Jean-Pierre Bouché, Chercheur retraité, auteur de trois livres sur la Palestine

Élisabeth Jonniaux, Réalisatrice

Ivan Marin, Mathématicien

Olivier Azam, Réalisateur-producteur-éditeur

Laila Benderra, Médecin (Pédiatre)

Madeleine Guespin, Écrivaine et traductrice

Michel Reinette, Journaliste

Daphnée Denis, Journaliste

Blanche Gardin, humoriste et comédienne

Alexis Zimmer, Historien

Razerka Lavant, Directrice Festival

Bruno Lepetit, physicien retraité

Alexis Charansonnet, Enseignant chercheur retraité

Daniel Sidobre, Maître de conférence émérite, responsable associatif

Pierre Bourdin, Professeur à l’Université Oberta de Catalunya

Sophie Zafari, syndicaliste

Labouysse Jòrdi, historien, conférencier

Laloum Adam, Musicien

Falquet Jules, Universitaire

Sarner  Éric, Ecrivain

Sophie Djigo, Philosophe

Julien Théry, Historien

Jean-Pierre Magaud, Docteur en médecine, Docteur es sciences, professeur des universités.

Odile Hélier, anthropologue

Marco Candore, Auteur, vidéaste

Raymonde Ferrandi, Psychologue – Ecrivain

djamila Kraouti, Médecin

Malifaud Jean, enseignant-chercheur, fondation Copernic

Hani Zurob, Artiste

Louis Albert Serrut, Auteur, essayiste, syndicaliste, docteur en science de l’art

Nicole Foulquier, Avocat

Helene Goldet, élue ville de Marseille, militante associative

Michèle Sibony, UJFP

Christian Dauriac, Journaliste

Christian Lavault, Ujfp, Profeseur des universités (retraité)

Véronique Klauber, Sociologue (doctorat, terrain de recherche: un ghetto rom en Hongrie). Auteure d’Encyclopaedia Universalis.

Nacera Aknak Khan, Culture XXI

Christiane Vollaire, Philosophe

Evelyne Herbau, présidente association d’art de rue Eurek’ART

Pierre Josse, journaliste

Marin Maguy, Chorégraphe

Franc Bardou, Poète

Brice Montagne, Comédien-membre de Jewish call for peace

Chrystèle Saint-Louis-Augustin, Mannequin, Actrice, Collectif MNA Je Suis Là!

Michelle Guerci, Journaliste

Florent Castagnino, sociologue, Institut Mines-Télécom

Jean-Marie Marchand, Artiste

Patricia Mazuy, réalisatrice

Karine Durance, Attachée de presse cinéma

Claude Degliame, Actrice

Vince Y, G.Œ, Label & Artistes Management

Sylviane Chambellant, maitre de conférences  – retraité

Tiffou Stéphane, Designer,  fils de Freddy, Grand prix de Rome de Peinture et de Colette,  Meilleur Ouvrier de France

Alexis Peskine, Artiste plasticien

Peskine Gystere, Musicien, réalisateur

Anselme Jean-Pierre, Journaliste

Timothy Perkins, artiste

Jean-Marc Schiappa, Historien, Président de l’IRELP

Elli Medeiros, Artiste

Simone Bitton, Cinéaste

Valerie Massadian, Cineaste

Nicolas Klotz, Cineaste

Elisaberh Perceval, Cineaste

les initiateurs de ce droit de réponse nous signalent que, pour ne pas donner le prétexte de la longueur, ils avaient raccourci le texte envoyé et réduit le nombre de signataires, pour être exactement dans les mêmes conditions que la tribune initiale du 21 mars 2025.

Rien n’y a fait. Le Monde, journal de « révérence », a choisi son camp.

Et si l’on enlève le chantage à l’antisémitisme aux soutiens des génocidaires, que leur reste-t-il ?


CAPJPO-Europalestine

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