(Par les Invités de Mediapart) – En février 2026, les premières condamnations pour participation à des manifestations contre les crimes de guerre à Gaza sont tombées. Pour un ensemble de citoyen·nes, « il est de notre devoir de défendre le droit de manifester pacifiquement contre les crimes commis par Israël en Palestine » Pour eux, face à l’immobilisme du gouvernement, « contre la France officielle, les manifestant·es injustement verbalisé·es et condamné·es ont sauvé l’honneur de la France. »

Incapable de sanctionner fortement les crimes de guerre et crimes contre l’humanité, vraisemblablement constitutifs de génocide, commis par Israël, incapable de poursuivre les milliers de ses citoyens qui ont directement participé sur place à ces crimes, la France punit des milliers de manifestant·es qui ont osé descendre dans la rue pour dénoncer ces crimes, et poursuit devant ses tribunaux celles et ceux d’entre eux qui ont contesté les contraventions qui leur ont été infligées pour cela.
Les premières condamnations viennent de tomber en février 2026 devant le Tribunal de Police de Paris, pour des manifestations à Paris en octobre 2023.
Rappelons que fin octobre 2023, plus de 7000 personnes avaient déjà été massacrées par Israël à Gaza dans des bombardements indiscriminés. Il était déjà évident pour qui voulait bien ne pas détourner le regard que des crimes de guerre étaient commis à Gaza.
Le silence complaisant de la France et du monde occidental a permis à Israël de massacrer des dizaines de milliers d’innocents, d’en blesser des centaines de milliers, d’affamer, d’humilier et de terroriser plusieurs millions de civils. Malgré la violation évidente des valeurs européennes rappelées dans l’accord d’association d’Israël à l’Europe, cet accord n’a pas été suspendu.
Le gouvernement français a voulu imposer le silence à celles et ceux de ses concitoyens amoureux de la paix et de la justice qui voulaient exercer leur devoir de dénoncer ces crimes horribles. Le fait que le Hamas soit un mouvement terroriste, qui a lui aussi commis des crimes de guerre horribles le 7 octobre 2023, ne doit pas empêcher l’exercice de ce devoir. Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur en 2023, avait ordonné à ses préfets d’interdire les manifestations contre cette horreur, ce qu’ils ont fait avec un zèle récompensé par le pouvoir (Laurent Nuñez, préfet de Paris à l’époque, est devenu ministre de l’Intérieur).
Ainsi, à Paris, lors de la seule manifestation du 28 octobre 2023, dont la presse a témoigné qu’elle s’est déroulée pacifiquement, 1359 personnes ont été verbalisées à hauteur de 135 €. Ce chiffre massif trahit l’objectif de ces verbalisations : empêcher les citoyens attachés à la paix et à la justice de revenir manifester. La chape de silence ainsi imposée a permis que ne soit entendue que la voix de la France officielle, qui par ses plus hautes autorités persistait à affirmer son soutien « inconditionnel » à Israël, encourageant ainsi indirectement les criminels confirmés dans leur sentiment d’impunité.
Dans la logique de cette répression, les procureurs poursuivent désormais les manifestant·es qui ont contesté leurs contraventions. Plusieurs d’entre eux ont été condamné·es en février dernier. D’autres ont été relaxé·es… mais le Ministère Public s’acharne contre eux en se pourvoyant en cassation. De leur côté, certain·es de ces condamné·es se sont déjà pourvu·es en cassation. Ces condamné·es ont bien l’intention, si la cour de cassation ne reconnaît pas l’abus de pouvoir que constituait l’interdiction de manifester pacifiquement contre des crimes contre l’humanité, de porter l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’Homme.
En France, la patrie des droits de l’Homme, dont le premier est le droit à la vie, quand un génocide commence, il devrait être interdit d’interdire de crier, comme l’ont fait des milliers de manifestant·es depuis octobre 2023, « enfants de Gaza, enfants de Palestine, c’est l’humanité qu’on assassine ». Contre la France officielle, les manifestant·es injustement verbalisé·es et condamné·es ont sauvé l’honneur de la France.
La Déclaration des droits de l’Homme, qui a valeur constitutionnelle, proclame la liberté d’expression et le droit de manifester ses opinions, droits qui sont également protégés par la Convention européenne des droits de l’Homme. Il est donc de notre devoir de défendre le droit de manifester pacifiquement contre les crimes commis par Israël en Palestine.
Liste des premiers signataires de cette pétition :
- Abbes Ahmed, Directeur de recherche
- ASTOLFI Nathalie, Retraitée
- Badin Pierre, Chercheur Emérite
- Benameur Malika, Retraitée
- BONNET Julie
- BOUCHER François, Professeur des Universités
- Bourrel Guy, Retraité CNRS
- Brault Vincent, Enseignant chercheur
- Burnod Geneviève, musicienne
- Busse Michel
- Castebrunet Hélène, Enseignante-chercheuse
- Champeau Annick, retraitée éducation nationale
- Charlot Grégoire, Maître de conférences
- Chaumeron Camille, Enseignante
- Chenin Patrick, Retraite de l’Université
- Cinquin Philippe, Professeur émérite
- Clostre Mathieu
- Coatrieux Jean Louis, chercheur et écrivain
- Corbin Philippe
- Coux Françoise, Médecin
- Coux Olivier, Directeur de recherche
- Danjean Vincent, Enseignant-Chercheur
- Delaballe Anne
- Demongeot Jacques, Professeur Emérite
- Dervin Alain, Enseignant retraité
- Dezélée Céline, Libraire
- Diaferia Victor, Professeur de mathématiques (retraité)
- Dolphens Daphné
- Durand-Richard Marie-José, Maîtresse de conférences honoraire
- Ferjani Cherif, Professeur honoraire des universités
- FERJANI Claudette, Retraitée
- Feyt Grégoire, Enseignant-chercheur
- GABAY Pierre-Yves,
- Gay-Para Praline, autrice
- Grégoire Nathalie, Enseignante
- GRENNERAT Vincent, Enseignant
- Guglielmetti Jade, Enseignante
- Halbwachs Nicolas, retraité
- Houssay-Holzschuch Myriam, Professeure des universités
- Husson Laurent, chercheur
- JANIAUD Béatrice, enseignante-chercheure
- Jean Pierre, Enseignant de philosophie
- KERFA Sonia, Professeure des Universités
- Khamassi Mehdi, Chercheur
- Krzywkowski Isabelle, Universitaire
- Lambert Amaury, Professeur
- Langen Solveig,Bibliothécaire
- Lazarus Francis, chercheur en informatique
- Lesbec Estelle, Enseignante
- Malbet Fabien, Directeur de recherche
Lien pour signer la pétition : https://cryptpad.fr/form/#/2/form/view/EZr2xh7ukV+II9ePOYjWOTDH2lWM0n7zzDXKqYjA9Xw/
CAPJPO-EuroPalestine


