Les supporteurs du Beitar de Jérusalem, un club de football dont le racisme est la marque de fabrique, ont contrecarré une tentative bizarre d’embaucher deux joueurs estampillés « musulmans » importés de Tchétchénie.
Les médias israéliens n’avaient pas d’explication entièrement satisfaisante à proposer après l’initiative du propriétaire du club, Arkadi Gaydamak, qui a acheté les joueurs Djibrill Kadiyev et Zouheir Sadayev au Terek Grozny, le club de la capitale de la Tchétchénie.
Le Jerusalem Post a avancé pour sa part l’idée que Gaydamak, un milliardaire enrichi dans le trafic d’armes –condamné en France à 30 mois de prison ferme dans le procès dit de « l’Angolagate » où il était défendu par Goldnadel- aurait effectué la transaction de manière à faciliter ses affaires en Tchétchénie, une république mafieuse dirigée depuis le Kremlin par Vladimir Poutine.
Pourquoi pas, en effet ?

« Le Beitar doit rester pur », hurlent les racistes
Electron libre dans le système politique israélien, Gaydamak utilise son argent de manière décomplexée pour asseoir sa notoriété et ce qu’il considère être sa « respectabilité ». On se souvient par exemple de ses tentatives pour devenir maire de Jérusalem, lorsqu’il avait acheté tout à la fois la principale charcuterie cachère du pays –dans l’espoir de se gagner les faveurs de l’électorat le plus religieux-, et la principale charcuterie non cachère –pour faire plaisir, croyait-il, à l’électorat russe. Mauvaise pioche : honni des deux côtés, Gaydamak avait dû se contenter d’un malheureux 3% aux élections municipales.
Alors, l’embauche de ces deux joueurs « musulmans », un nouveau coup de com’ destiné à illustrer la « largesse d’esprit » du patron et montrer que le Beitar n’est plus ce qu’il était, à savoir un club dont les supporteurs organisent régulièrement et impunément des chasses au Palestinien à la sortie du stade ?
Possible. A l’annonce de l’acquisition, une série de dirigeants israéliens bon teint, dont le président du Parlement Reuven Rivlin (du parti Likoud, dont les origines historiques fascistes sont les mêmes que celles du Beitar) ont salué la décision de recrutement des deux joueurs musulmans. La « seule démocratie du Proche-Orient » ne saurait être soupçonnée de racisme, n’est-ce-pas, et elle doit donner l’exemple.
Las ! C’était sans compter sans l’avis des supporteurs du club, pour qui, “Le Beitar doit rester pur, avec une équipe purement juive ».
Et vendredi matin, 150 de ces voyous ont déboulé sur le terrain d’entraînement du Beitar, où ils ont copieusement insulté Kadiyev et Sadayev, leur crachant dessus et menaçant de les passer à tabac, avant que les dirigeants du club mettent fin à la séance et évacuent les deux joueurs tchétchènes sous protection policière.
Est-ce que le Beitar va finalement les aligner en compétition ? A suivre. Mais comme le résume très bien, l’historien israélien Moshe Zimmermann, de l’Université Hébraïque de Jérusalem : « On a souvent tendance, en Israël, à considérer le Beitar Jérusalem comme des extrémistes marginaux ; c’est une manière commode de masquer le véritable problème ».
« Le fait est », déclare l’universitaire dans le New York Times, « que la société israélienne, dans son ensemble, tend à devenir de plus en plus raciste, ou à tout le moins plus ethnocentriste, et les agissements du Beitar ne sont qu’une manifestation de cette situation ».
HONTE A L’UEFA COMPLICE DE L’APARTHEID
Rappelons enfin que le stade du Beitar, le Teddy Stadium de Jérusalem, est l’une des quatre enceintes retenues par l’UEFA et Michel Platini pour accueillir la phase finale du championnat d’Europe des moins de 21 ans en juin prochain.
Ecrivez à Michel Platini et à l’UEFA pour protester. Chaque message compte :
Michel Platini : info@uefa.com
et contact@fondationdufootball.com
Vous pouvez également aller sur le site de l’UEFA, en haut à droite, il y a « Nous écrire » : http://fr.uefa.com/community/feedback/index.html et mettre son adresse e-mail comme mot de passe.
CAPJPO-EuroPalestine


