Un tribunal du Caire a condamné mercredi à 15 ans de prison le célèbre militant de gauche Alaa Abdel Fattah ainsi que 24 autres personnes reconnues coupables d’avoir participé à des manifestations illégales, a indiqué à l’AFP son avocat.
Juste après l’annonce du verdict, M. Abdel Fattah et deux autres militants ont été arrêtés alors qu’ils se trouvaient à l’extérieur du tribunal, a indiqué à l’AFP l’avocat Ahmed Seif.
Les accusés ont également été condamnés à une amende de 100.000 livres égyptiennes chacun (environ 13.948 dollars).
Alaa Abdel Fattah, un des leaders de la révolte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak début 2011, avait été arrêté en novembre pour « violences lors d’une manifestation non autorisée » avant d’être libéré sous caution en mars. Il était poursuivi pour avoir enfreint la loi controversée limitant le droit de manifester.
Comme il a été jugé par contumace, Abdel Fattah pourra être rejugé durant sa détention, a déclaré M. Seif.
M. Abdel Fattah a été jugé par contumace car il n’a pas été autorisé à entrer dans la salle du tribunal, a-t-il expliqué, dénonçant un verdict précipité émis après seulement quelques audiences.
Il a indiqué à l’AFP que ni les avocats de la défense ni ceux de l’accusation n’avaient encore plaidé. Nous n’avions pas encore regardé de vidéos (censées comporter des) preuves.
Les 24 co-accusés d’Abdel Fattah ont été également condamnés par contumace à 15 ans de prison chacun pour avoir pris part à des manifestations interdites, à des émeutes, avoir bloqué des routes et agressé des policiers, selon des sources judiciaires.
Avec Abdel Fatah, ils ont été accusés d’avoir volé à un policier des talkiewalkies lors d’une manifestation en novembre qui dénonçait les pouvoirs de plus en plus importants octroyés à l’armée dans le projet de constitution, adoptée deux mois plus tard.
Après la destitution en juillet 2013 du premier président élu démocratiquement du pays, l’islamiste Mohamed Morsi, les autorités dirigées par l’armée s’en étaient pris aux islamistes mais aussi aux mouvements de jeunesse, très actifs dans la révolte anti-Moubarak.
En avril, un tribunal avait confirmé les peines de trois ans de prison ferme infligées à Ahmed Maher, fondateur du mouvement du 6-Avril, fer de lance de la révolte de 2011, à Mohamed Adel et à Ahmed Douma. Ils étaient eux aussi poursuivis pour avoir enfreint la loi limitant le droit de manifester.
L’ex-chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige de facto l’Egypte depuis qu’il a destitué Mohamed Morsi, a été élu fin mai président.
La présidence de Sissi ne ramènera pas l’Egypte à l’ère Moubarak, elle sera pire que le régime Moubarak, avait dit M. Abdel Fattah à l’AFP en mai.
Selon M. Seif, le véritable objectif de tels jugements (…) est d’empêcher les critiques du régime de se porter candidats aux élections législatives.
Source : AFP / 11 juin 2014
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