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ISRAEL INFLIGE DE NOUVELLES HUMILIATIONS A ARAFAT ET AUX PALESTINIENS

Le gouvernement israélien a imposé au cours des dernières 24 heures une série de nouvelles humiliations aux Palestiniens, dont la plus spectaculaire concerne Yasser Arafat lui-même.


Ariel Sharon, qui avait prononcé en fin de semaine un discours très décrié par la presse israélienne elle-même, a ainsi annoncé dimanche une levée, mais très partielle, des arrêts « domiciliaires » auxquels est soumis depuis le 3 décembre 2001 le Président de l’Autorité Palestinienne dans ses bureaux de Ramallah (Cisjordanie).

Un geste de « détente » était cependant attendu sur ce point, après l’annonce, par l’Autorité Palestinienne, de l’arrestation de trois suspects dans le meurtre du ministre israélien du Tourisme Rehavam Zeevi (extrême-droite) en octobre dernier.

Or, l’arrestation des auteurs présumés de ce meurtre constituait, selon Ariel Sharon, la condition de la levée du blocus imposée à Yasser Arafat. Mais dimanche, au terme d’un Conseil des ministres sur la question à Jérusalemn le Premier Ministre israélien a fait savoir qu’à son avis les conditions « n’étaient pas remplies ». Il réclame, en particulier, l’extradition par l’Autorité Palestinienne des suspects arrêtés.

En attendant, les déplacements de Yasser Arafat ne sont autorisés que dans les limites de la municipalité de Ramallah (en zone autonome palestinienne, mais sous occupation militaire israélienne). S’il veut quitter la ville, Arafat « devra en demander l’autorisation à Ariel Sharon », ont claironné les services de presse du Premier Ministre israélien.

Ce « revirement » (pour reprendre les termes de ceux qui auraient accordé du crédit à la parole d’Ariel Sharon) a été dénoncé comme « éhonté » et « humiliant » par la direction palestinienne. Il a eu pour conséquence immédiate l’annulation d’une réunion « sécuritaire » entre délégations israélienne et palestinienne, prévue pour dimanche.

Dans le même temps, la voiture du Président du Parlement Palestinien, Abou Aala, a été l’objet de tirs, à un barrage, de la part de Tsahal. Abou Aala avait pourtant annoncé son arrivée au « check-point ». Un porte-parole de Tsahal a déclaré que ses soldats n’avaient fait que tirer en l’air, parce que la voiture du leader palestinien arrivait trop vite. Sept impacts de balles ont cependant été relevés sur le véhicule, sans faire de blessés. Shimon Peres, le ministre des Affaires étrangères d’Ariel Sharon, a exprimé ses « regrets » et promis une « enquête ».

Le week-end, censé être placé sous le signe de la “retenue” de la part des forces israéliennes, a été marqué par une poursuite des violences, qui ont fait de nouvelles victimes de part et d’autre :
– des soldats israéliens et des colons ont été blessés par des tirs, en Cisjordanie et à Gaza.
– plusieurs Palestiniens ont été tués ou blessés, notamment des femmes. Une jeune parturiente, en route pour la maternité, a été gravement touchée à la poitrine, après que son mari, au volant, n’ait pas strictement respecté, selon Tsahal, des consignes de ralentissement au deuxième barrage qu’il rencontrait en l’espace de quelques kilomètres, au sud de Naplouse. Les transports de femmes enceintes représentent aujourd’hui l’un des principaux motifs de déplacement dans la Cisjordanie soumise au bouclage, quand on sait que plus de 200 femmes accouchent chaque jour dans ce minuscule territoire. D’autre part, lundi matin, une Palestinienne dont l’identité n’a pas été révélée a été tuée à un barrage israélien près de la ville palestinienne de Tulkarem : les soldats ont déclaré qu’ils n’avaient fait que se défendre contre une agression au poignard, et qu’ils avaient visé les jambes de leur assaillante.

Dans son adresse à la nation, samedi soir, Ariel Sharon a en particulier annoncé la création de « zones tampon » entre la Cisjordanie et Israël, sans préciser si le plan concernait « seulement » la « ligne verte » de 200 kilomètres marquant les frontières d’Israël de 1967, ou bien également les 150 colonies israéliennes implantées à l’intérieur de la Cisjordanie.