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Proche-Orient: « Tragédie humaine » à Djénine selon l’Américain Burns

JENINE (AFP), le 20-04-2002
William Burns, le premier haut responsable américain à se rendre dans le camp dévasté de Djénine, en Cisjordanie, a évoqué samedi « une tragédie humaine », alors qu’Israël a affirmé être prêt à coopérer avec une future mission d’enquête de l’ONU.


En visite dans le camp de Jénine, le secrétaire d’Etat adjoint américain pour le Proche-Orient, William Burns, a parlé de « tragédie humaine pour des milliers de Palestiniens innocents », selon un diplomate américain l’accompagnant. M. Burns, qui a passé trois heures sur place, a ajouté qu’il était « important que le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan dépêche une mission dans le camp de Jénine ».

Egalement en visite dans le camp, l’émissaire russe au Proche-Orient, Andreï Vdovine, a constaté une « dévastation très grande ». « Je n’aurais jamais imaginé une destruction d’une telle ampleur », a-t-il déclaré.

Après avoir refusé toute enquête, Israël a accepté la résolution 1405 du Conseil de sécurité, adoptée vendredi soir à l’unanimité, et qui stipule l’envoi, à une date non déterminée, d’une « équipe chargée de l’établissement des faits » dans ce camp du nord de la Cisjordanie. Cette équipe doit être nommée par Kofi Annan. « Nous collaborerons avec cette équipe car nous n’avons rien à cacher », a déclaré Raanan Gissin, porte-parole du Premier ministre israélien Ariel Sharon.

La vice-ministre de la Défense, Dalia Rabin-Philosoph, a déclaré qu’Israël était favorable à « la venue d’une équipe dont les membres pourront constater de leurs yeux qu’il n’y a pas eu de massacres, mais une guerre ».

Les Palestiniens parlent de « massacre », accusant l’armée israélienne d’avoir tué environ 500 personnes, dont des femmes et des enfants, procédé à des exécutions sommaires et caché des corps dans des fosses communes.

Israël réfute catégoriquement ces accusations, affirmant que les morts sont des combattants tués lors des affrontements particulièrement violents.

Pour les Palestiniens, la résolution est « un pas dans la bonne direction ». « Nous espérons que l’équipe envoyée pour l’enquête » sera libre de ses mouvements et qu’elle arrivera le « plus tôt possible », a déclaré le dirigeant palestinien Saëb Erakat.

Le ministre palestinien de la Coopération internationale Nabil Chaath a, lui, mis en cause Washington qui n’a pas « encore bougé pour arrêter les massacres qui ont lieu dans les territoires palestiniens ». « Il faut qu’il (le président américain George W. Bush) assume la responsabilité des crimes de guerre qu’Israël commet », a-t-il déclaré lors d’une visite à Paris.

A Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie qu’Israël a promis d’évacuer rapidement, les autorités locales ont annoncé un nouveau bilan de 75 tués en une semaine de combats. Plusieurs autres victimes pourraient être sous les décombres de la vieille ville dévastée par les tirs d’hélicoptères israéliens.

Dans le nord de la bande de Gaza, un Israélien a été tué au point de passage d’Erez par un Palestinien, qui a été abattu à son tour, selon des sources sécuritaires israéliennes. Un groupe armé lié au mouvement Fatah de Yasser Arafat, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, a revendiqué par haut-parleurs à Gaza l’attaque.

L’Israélien a été tué lorsqu’un Palestinien a ouvert le feu et jeté des grenades. Un intense échange de tirs s’est produit alors et des blindés israéliens ont tiré des obus sur un poste de la police palestinienne.

A la frontière avec l’Egypte, six Palestiniens ont été blessés, dont un grièvement, par des tirs israéliens, selon des sources médicales palestiniennes.