4 avril – Neuf mois après les faits, la justice a tranché en faveur de la principale du Collège Albert-Camus, à Brunoy (Essonne) et de son adjointe, accusées de « non assistance en danger » par les parents d’une jeune fille juive prise à partie par des collégiennes.
Les parents ayant prétendu que les responsables de l’établissement n’avaient pas fait leur devoir parce qu’il s’agissait d’une fille juive, et ayant médiatisé l’affaire à outrance, les juges du tribunal correctionnel d’Evry les ont condamnés à verser 4.000 euros de dommages et intérêt, en plus des frais de procédure, pour plainte infondée et abus de constitution de partie civile.
« Elles ont su à chaque fois et sans délai réagir comme elles le devaient », précise le jugement à propos de la principale et de son adjointe.
« Le dossier était monté de toutes pièces, a déclaré Me Horny, l’avocat de la défense, à l’issue du délibéré. On s’est servi du contexte international au mépris de l’honneur de mes clientes ». « Il n’est pas tolérable d’insinuer que mes clientes n’auraient délibérément rien fait, sachant qu’une bagarre était en cours, sous le prétexte que la jeune fille agressée était juive, explique-t-il ».
Le tribunal a été sensible à l’argumentation de l’avocat de la défense. Il ne se contente pas de dire que leur attitude a été irréprochable. Il précise que « leur honneur personnel et professionnel a été très gravement mis en cause par des accusations à peine voilées d’antisémitisme alors que rien ne permet d’affirmer que les prévenues aient eu une parole, une pensée ou un acte inspirés par cette forme de racisme ».
Pour maître Horny, « les parties civiles se sont servies d’une bagarre entre deux filles pour faire croire que l’école de la République ne protège pas les élèves d’une école israélite ».
« Les parents de Guittel , se plaint une officine de propagande du gouvernement israélien, n’ont plus qu’à méditer amèrement les promesses de Nicolas Sarkozy. « Face aux actes antisémites, a déclaré le ministre de l’Intérieur le 31 mars, lors de la soirée du 22ème anniversaire de Radio J, la seule réponse que je pourrai vous apporter, ce sont des faits : des gens arrêtés et des gens condamnés ».
« Ce qui a le plus choqué les parents de Guittel, c’est l’absence de compassion de la principale, commente cette officine en citant les parents de la jeune fille : « Si seulement elle avait téléphoné après l’agression pour prendre des nouvelles de ma fille, nous n’aurions jamais fait de procès », assure le père de l’adolescente agressée. Mais loin de manifester la moindre sympathie, la principale a nié tout au long du procès le caractère raciste de l’agression.« Je n’ai jamais pensé qu’il s’agissait d’un acte antisémite. À ce jour, je n’en suis pas persuadée », a-t-elle lancé à l’audience. Et l’avocat de la principale précise que ses clientes « ont très mal vécu la procédure et la médiatisation donnée par la partie adverse ».
Le tribunal non plus n’a pas apprécié la médiatisation. Et il le fait savoir. Un passage du jugement précise que « rien n’a été fait pour respecter la présomption d’innocence, le Tribunal constatant au surplus que cette affaire a fait l’objet d’une très importante mobilisation de la presse (vingt journalistes présents .au moins au début des débats) qui n’est certainement pas du fait du tribunal ou de celui des prévenues ».


