URL has been copied successfully!
Header Boycott Israël

La « trève » entre les mains de l’administration Bush

URL has been copied successfully!
URL has been copied successfully!
Partagez:

Par Uri Avnery, dirigeant du mouvement israélien « Gush Shalom » (le Bloc de la Paix)
7 juillet -La Hudna (trève) durera-t-elle ? Continuera-t-elle après la période initiale des trois mois ? Est-ce qu’Arafat et Abu-Mazen vont parvenir à rallier à eux le Hamas ? (traduction Carole Sandrel)


Ces réponses dépendent totalement de l’état d’esprit de la population Palestinienne. Le Hamas ne veut pas perde la sympathie publique en brisant une Hudna populaire ; au contraire, il veut jouer un rôle majeur dans le futur Etat palestinien. Mais si la population en arrive à la conclusion que la Hudna n’a mûri aucun fruit, le Hamas sera le premier à la détruire.
De quoi cela dépendra-il ? Si la Hudna permet un progrès politique majeur pour la nation et un progrès notable pour la qualité de vie des gens, elle sera populaire et s’enracinera.
C’est un test essentiel pour Abu Mazen. Que peut-il faire pour que la Hudna soit populaire ? Il doit obtenir la libération du maximum de prisonniers, l’amélioration des abominables conditions de vie , le retrait de l’armée israélienne des villes et des villages, l’élimination des check-points qui rendent la vie des Palestiniens intenable ; le rétablissement du libre accès aux centres urbains, aux lieux de travail, aux hôpitaux et aux universités, la fin des assassinats ciblés, des déportations, des démolitions de maisons, de l’arrachage des vergers, le gel des constructions dans les colonies et la fin de la construction du « mur » qui divise en deux de larges pans des terres de Cisjordanie.
S’il n’y a aucun progrès dans tous ces domaines, la Hudna s’effondrera. Si cela devait arriver, l’armée israélienne et l’establishment politique ne pleureront pas. Ici, la Hudna a été accueillie avec force grincements de dents, comme si elle était imposée par une force hostile. A dire vrai, elle a vu le jour sous la considérable pression américaine. La presse israélienne, qui est devenue totalement et depuis longtemps, un instrument de propagande en faveur de « l’instauration de la sécurité » a reçu la Hudna de la même manière, comme si on le leur avait ordonné, avec des commentaires du genre « Ca n’a aucune chance. Ca ne durera pas ». Une prophétie qui pourrait bien se réaliser..
Le commandement de l’armée s’était opposé au cessez-le-feu. Comme toujours les officiers avaient expliqué que la victoire était au coin de la rue, que tout ce qu’il fallait c’était le seul et dernier coup décisif. C’était exactement, et dans les mêmes termes, ce que disaient les généraux français qui s’opposaient à la fin de la guerre d’Algérie, et les généraux américains quand Nixon, finalement, abandonna la partie, au Vietnam. C’est ce qu’ont dit les généraux russes en Afghanistan et ce qu’ils répètent maintenant en Tchétchénie. Ils sont toujours à deux doigts de gagner. Ils ont toujours besoin de lancer l’attaque ultime. Et ce sont toujours les politiciens corrompus qui leur plantent un coup de couteau dans le dos et sont responsables de la défaite.
La vérité c’est que le commandement de l’armée a lamentablement échoué. Ils ont eu plein de petits succès, mais ils ne sont pas parvenus à réaliser leur principal objectif : briser la volonté du peuple Palestinien. Pour tous les « leaders locaux qui étaient « ciblés » et « liquidés », il y en avait deux autres à se lever.. « L’infrastructure terroriste » n’a pas été détruite parce qu’il n’existe aucun moyen de la détruire. Elle ne se compose pas d’ateliers d’armes ni de leaders, mais de soutien populaire et d’un très grand nombre de jeunes prêts à risquer et à abandonner leur vie.
Après 1000 jours, en dépit des morts et des destructions, l’esprit de résistance et la combativité des Palestiniens ne sont pas entamés. Le peuple palestinien n’a pas renoncé aux revendications exprimées à Camp David et à Taba. Au commencement de cette Intifada il y a eu des volontaires pour des missions-suicides ; désormais des centaines d’autres se tiennent prêts. .
Les Palestiniens n’ont pas gagné non plus. Ils ont prouvé qu’on ne pouvait pas les forcer à se mettre à genoux. Ils ont empêché la cause palestinienne d’être rayée de l’ordre du jour de la planète. L’économie israélienne a été terriblement frappée. L’Intifada a étendu son ombre sur la vie quotidienne des Israéliens. Bien des actions que les Israéliens considèrent comme des crimes sont aux yeux des Palestiniens des actes héroïques et glorieux. La destruction de tanks israéliens, la destruction d’un checkpoint important par un sniper isolé, l’attaque par des commandos Palestiniens qui rampent sous le « mur de séparation », des
actes comme eux-là ont rempli les Palestiniens d’orgueil. Et le fait incontestable qu’après mille jours le David Palestinien soit toujours debout face au puissant Goliath israélien est en soi une réussite qui se transmettra fièrement aux générations palestiniennes à venir.
Mais les Palestiniens n’ont pas réussi non plus à imposer leurs volontés aux Israéliens tout comme les Israéliens n’ont pas réussi à imposer leurs volontés aux Palestiniens. Les Israéliens et les Palestiniens n’en peuvent plus. Cette Intifada se termine, pour l’instant, en loterie.
Et maintenant ? Véritables négociations ? Négociations de façade ? Efforts de chacune des parties pour courtiser les Américains ? Pression américaine sur les deux camps pour imaginer des initiatives solides ? Posez la question à Condolezza.

Partagez: