En ce jeudi 8 septembre, il est difficile d’obtenir des informations complètes sur le mouvement de résistance des prisonniers palestiniens, mais il semble que les négociations en cours sont très difficiles. Les nombreux transferts de prisonniers et notamment des « leaders » dans différentes prisons ont compliqué la situation. En outre, aller à leur rencontre dans les prisons israéliennes (traverser les nombreux check-points aller et retour), noter les différents points de vue, les retransmettre et organiser une concertation n’est pas simple. La volonté du gouvernement israélien d’imposer des négociations prison par prison et non de manière globale a également pesé sur le mouvement de grève, certains prisonniers étant tentés d’accepter cette solution, tandis que d’autres la refusaient. La suspension de la grève de la faim par les prisonniers d’Ashkelon le 2 septembre, après que l’administration pénitentiaire de cette prison eût cédé sur un nombre non négligeable de points, a ainsi créé une brèche dans le mouvement.
La suspension de la grève de la faim par les prisonniers d’Ashkelon le 2 septembre, après que l’administration pénitentiaire de cette prison eût cédé sur un nombre non négligeable de points, a ainsi créé une brèche dans le mouvement, qui est traversé par plusieurs courants.
Le comité des familles de prisonniers et son porte parole Mahmoud Ziadeh font savoir que les négociations engagées avec le gouvernement « pourraient durer au moins un mois car l’essentiel reste à négocier ». Les prisonniers envisageraient de reprendre la grève en cas d’échec de celles ci. Pour l’instant, il y aurait quelques avancées, mais sur les revendications les plus importantes, ne sont toujours pas prises en compte, indique Mahmoud Ziadeh.
Ainsi :
– On » promet » qu’il y aura » moins de fouille «
– Le droit de toucher les enfants dans le dernier quart d’heure de la visite serait accordé, mais seules les femmes de la famille pourront rendre visite aux prisonniers (les hommes n’ont toujours pas le droit de visiter les prisonniers)
– La plaque de verre qui sépare les parents en visite des prisonniers est maintenue
– Les revendications concernant les quelque 400 enfants prisonniers sont toujours rejetées par Israël. Refus de les séparer des adultes et des droits communs et bien évidemment refus de les libérer comme le réclamaient des militants anticolonialistes de Ta’ ayoush en Israël.
De son côté, le comité de solidarité avec le prisonnier député Hussam Khadr et les prisonniers palestiniens a déclaré que » la décision d’engager une grève illimitée de la faim, la détermination du son début et sa fin et les tactiques engagées sont des prérogatives des prisonniers eux-mêmes, eux seuls peuvent choisir les parties avec lesquelles ils coordonnent, n’autorisant personne à parler en leur nom, du moins sans coordination avec eux. Ils soulignent que « la bataille n’est pas terminée » et que les actions de solidarité doivent se poursuivre dans le monde entier.
Le gouvernement israélien a par ailleurs annoncé la libération de 150 prisonniers palestiniens, mais dont la libération était imminente, selon plusieurs sources.
Pour la petite histoire, le ministre israélien de la sécurité intérieure, Tzahi Hanegbi, qui s’était fait remarquer par ses propos odieux en considérant que les prisonniers palestiniens pouvaient faire grève « jusqu’à ce que mort s’ensuive », vient d’être démis de ses fonctions pour corruption, tripatouillages politiques et malversations entre 2001 et 2003, tandis qu’il était ministre de l’environnement.
Le quotidien Haaretz rapporte qu’il a été remplacé dimanche par Gideon Ezra et que Hanegbi est désormais « ministre sans portefeuille », Sharon ayant déclaré qu’il « l’aime beaucoup » et ne voulant en aucun cas lui faire de peine.
Une majorité de parlementaires israéliens a accepté cette solution, alors que Hanegbi est accusé par le Contrôleur de l’Etat, le juge Eliezer Goldberg, d’avoir procuré des emplois, y compris fictifs, et des marchés publics de manière illégale, à des douzaines de membre du comité central du Likoud et à leurs proches au sein de son ministère. Il est accusé dans un rapport d »‘avoir puisé dans les caisses de l’Etat pour distribuer des enveloppes à des personnages pouvant lui rapporter un intérêt politique ou personnel ».
Punition du corrompu : « ministre sans portefeuille » = payé à rien faire avec tous les honneurs.


