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Boycott des produits israëliens : Un procès intéressant à Bordeaux

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Sakina Arnaud et Philippe Destandeau, militants bordelais pour la Palestine ne baissent pas les bras. Avec leurs avocats, ils ont fait appel du jugement qui les avait condamnés à 300 euros d’amende chacun en février dernier, pour avoir apposé des autocollants « Boycott made in Israel » sur des produits israéliens dans un supermarché de la ville. L’audience s’est déroulée vendredi à Bordeaux et le nouveau verdict ne sera connu que le 2 décembre prochain, mais nos amis nous font savoir que la tenue du procès a été très intéressante et que cette fois-ci l’avocat général n’a pas du tout fait le même réquisitoire.
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Le 4 février dernier, le procureur, n’ayant pas osé répondre à l’argumentation politique de la défense, avait demandé une condamnation pour des actes de « dégradation de biens » comme pour de vulgaires délinquants. Mais nos amis n’ont pas accepté ce traitement et on fait appel.

L’audience s’est déroulée vendredi à Bordeaux et le nouveau verdict ne sera connu que le 2 décembre prochain, mais ils ont eu l’agréable surprise d’entendre l’avocat général souligner que « la justice a été instrumentalisée dans cette affaire », et que celle-ci « n’a pas vocation à sanctionner des militants pour leurs idées ».

Nos camarades de Bordeaux ont quant à eux réaffirmé la nécessité de faire respecter le droit international. Leurs avocat ont bien montré (autocollant à l’appui) une nouvelle fois, que de tels autcollants ne pouvaient engendrer de dégradation. Ils ont également argué que, lors des manifestations, il y avait de nombreux collages dont certains peu faciles à nettoyer, et que ces actes n’avaient jamais entraîné de procès.

Ils ont demandé la relaxe. Ils ont aussi dénoncé le traitement politique inavoué et inadmissible de cette affaire : longue garde à vue, procés dure qui devrait rester exceptionnelle ; perquisition avec saisie de matériel informatique, interrogatoire pour « terroristes » ; dossier chez le ministre…

COMPTE-RENDU DU PROCES PAR SAKINA ET PHILIPPE

« Après notre jugement pour avoir apposé dans un magasin Champion des autocollants incitant au boycott des produits israéliens, nous avons comparu en appel le 7 octobre 2005 à 16 h. Une trentaine de militants et sympathisants de la cause palestinienne étaient là pour nous soutenir.
Lorsque nous fûmes appelés, après des ″droits communs″ banals, le président nous offrit l’occasion d’expliquer pourquoi nous avions souhaité faire appel.

Nous expliquâmes tous deux que nous ne pouvions accepter la qualification de ″dégradation″, même légère correspondant au jugement précédent, car nos professions respectives consistent à éduquer des enfants, et nous veillons à leur apprendre à ne rien dégrader ni détériorer. Être accusés ainsi sous ce terme nous choque donc profondément.

Nous avons rappelé que notre action devait être replacée dans son contexte. Nous étions tous les deux à Marseille en 2002 à l’appel d’une centaine d’organisations appelant au boycottage des produits israéliens pour une action pacifique pouvant contraindre l’occupant à la paix. Nous souhaitons aussi relayer l’appel de 174 organisations palestiniennes et israéliennes qui demandent de tout mettre en œuvre pour obtenir que notre gouvernement suspende les accords privilégiés avec l’État d’Israël tant que ce pays ne respectera pas le droit international, ne se conformera pas à l’arrêt de la Cour Internationale de Justice, et ignorera superbement les résolutions des Nations Unies.

Nos explications ont aussi mentionné:
– que nous avions vu sur place les maisons rasées non par un tsunami, mais par la seule volonté du Gouvernement israélien;
– que le boycottage paraissait légal puisque Ariel Sharon l’avait demandé à l’encontre d’Air France après qu’un pilote de ligne ait dit au micro ″nous atterrissons en Israël/Palestine″.
– que les militants politiques que nous sommes ne veulent pas être accusés de non assistance à peuple et personnes en danger.

L’avocat général à ensuite pris la parole pour dire:
– qu’il ne comprenait pas pourquoi nous étions en correctionnelle,
– qu’il avait suivi cette affaire de près et qu’il serait de l’honneur de la justice de reconnaître:
– qu’il y avait eu emballement,
– que la justice avait été instrumentalisée,
– que l’on n’avait pas le droit de sanctionner des militants pour leurs idées.

En suite de quoi nos avocats ont remercié l’avocat général d’avoir bien compris la situation et nos motivations. Ils ont insisté sur notre historique militant ainsi que sur tous les préjudices que nous avons subis lors de la garde à vue, en les énumérants.

Le Procureur nous a enfin rappelés pour demander si nous n’avions rien à ajouter. Réponse de Sakina: ″La Palestine à besoin de droit et de justice″.

Le verdict sera communiqué le 2 décembre. Nos avocats pensent que la présence sur place d’un fort soutien pourra être très utile. »

Sakina Arnaud et Philippe Destandau.

Photo prise par le site http://www.fsl33.org

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