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1970 : « Tous les Arabes sont contre nous »

Les événements de l’année 1970 en Jordanie, connus sous le nom de « Septembre Noir », apportent un démenti au discours que reçoit tout Israélien juif dès l’enfance, selon lequel « tous les Arabes sont contre nous ».


Ils permettront inversement l’émergence d’une autre formule, « les Arabes se mangent entre eux ». Pour une fois spectateurs plus qu’acteurs dans la répression du peuple palestinien, les dirigeants israéliens observent ainsi, avec intérêt puis une joie non dissimulée, l’affrontement entre le pouvoir du roi Hussein de Jordanie et la résistance palestinienne.

Créé au lendemain de la Première Guerre Mondiale par l’impérialisme britannique, le royaume de Jordanie s’est toujours opposé, comme Israël, à la création d’un Etat palestinien. La guerre de 1948-49 lui a été plutôt favorable, en lui permettant de s’emparer d’une partie de la Palestine (Jérusalem-Est et sa Vieille Ville, la Cisjordanie) sans qu’Israël puisse militairement l’y devancer. Les monarques jordaniens, Abdallah puis son petit-fils Hussein en 1953, sont satisfaits d’une telle situation, qui fait d’eux les gardiens officiels du lieu saint de Jérusalem tout en évacuant la question palestinienne. Mais ils doivent bien constater que leur royaume est désormais majoritairement peuplé … de Palestiniens !

Et quand Israël prend la Cisjordanie en 1967, c’est en Jordanie, dans les camps de réfugiés, que la résistance palestinienne armée prend son essor. Les organisations palestiniennes, Fath, FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine) entendent faire de la Jordanie la base arrière de la lutte armée contre l’occupant israélien de la Palestine. Hussein ne le veut pas, à la fois parce qu’il ne sait pas si les dirigeants sionistes ont renoncé à leurs plans initiaux d’un Grand Israël incluant la Jordanie, et aussi parce qu’il craint une extension de la mobilisation palestinienne au reste de la population de son pays, capable de le chasser de son trône. D’ailleurs, FPLP et FDLP prônent ouvertement le renversement des régimes arabes « réactionnaires ».

Au début de l’année 1970, après avoir consulté les Présidents américain Nixon et égyptien Nasser, Hussein prépare l’affrontement. Et en septembre, après que des commandos palestiniens ont fait atterrir en Jordanie des avions occidentaux détournés, c’est l’attaque : son armée bombarde les camps, tuant des milliers de combattants et de civils en quelques jours. La résistance palestinienne n’a plus de base en Jordanie, les dirigeants israéliens sont contents, les Etats-Unis et les dirigeants arabes aussi.

par CAPJPO-EuroPalestine

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ENGLISH TEXT—————————–

1970

« All the Arabs are against us »

In 1970, the events in Jordan, known as « Black September », contradicted what every Israeli Jew hears, starting in childhood: « all the Arabs are against us ». Another formula emerged: « the Arabs are devouring each other ». The Israeli leaders, for once spectators and not actors in the oppression of the Palestinian people, observed with barely disguised glee the confrontation between the power of King Hussein of Jordan and the Palestinian resistance.

Created by British imperialism in the aftermath of World War I, the kingdom of Jordan had, like Israel, always opposed the creation of a Palestinian state. The 1948-49 war was advantageous for Jordan, allowing it to take over part of Palestine (East Jerusalem and its Old City, plus the West Bank) before Israel was militarily able to get there first. The Jordanian monarchs, Abdallah and then his grandson Hussein in 1953, were well pleased with such a situation, which made them the official guardians of the holy site of Jerusalem. However, they then had to face the fact that, from then on, the majority of the kingdom’s population was… Palestinian!

And when Israel took hold of the West Bank in 1967, it was in Jordan, in the refugee camps, that the armed Palestinian resistance took off. The Palestinian organisations Fath, the PFLP (Popular Front for the Liberation of Palestine) and the DFLP (Democratic Front for the Liberation of Palestine) intended to make Jordan their rear base in the armed struggle against the Israeli occupier of Palestine. Hussein did not want this to happen, partly because he didn’t know if the Zionist leaders had given up their initial plans for a Greater Israel including Jordan, and partly because he feared that the Palestinian struggle might spread to the rest of his country’s population and that he might be chased from his throne. Moreover, the PFLP and the DFLP openly advocated the overthrow of the « reactionary » Arab regimes.

Early in 1970, after consulting Nixon and Nasser, the American and Egyptian presidents, Hussein prepared for the confrontation. And in September, after Palestinian commandos had hijacked Western aeroplanes and made them land in Jordan, he moved to the attack: his army bombed the refugee camps, killing thousands of fighters and civilians in the space of a few days. The Palestinian resistance movement no longer had a base in Jordan. The Israeli leaders, like the American and Arab leaders, were happy.

By CAPJPO-EuroPalestine