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Le programme de Clinton : rayer l’Iran de la carte

Dans le cadre de la surenchère prétendument « pro-israélienne » à laquelle se livrent les deux candidats à l’investiture démocrate Barack Obama et Hillary Clinton, cette dernière vient de prendre un avantage, en promettant tout bonnement de « rayer l’Iran de la carte ».


Intervenant, une fois de plus, sur « le danger nucléaire iranien », alors même que les agences américaines d’espionnage ont publiquement affirmé que l’Iran avait selon elles cessé de travailler sur le nucléaire militaire depuis plusieurs années, Clinton a déclaré qu’elle n’hésiterait pas à « oblitérer totalement l’Iran », en cas d’attaque venant de ce pays dirigée contre Israël.

Pas de précautions oratoires dans le discours de Clinton : « Je veux que les Iraniens sachent que si je suis présidente, nous attaquerons l’Iran s’il s’avise d’attaquer Israël. Au cours des dix prochaines années, au cours desquelles ils pourraient caresser l’idée folle d’attaquer Israël, nous serions capables de les faire totalement disparaître de la carte », a-t-elle ajouté.

Obama, qui promet lui aussi, s’il est élu, de continuer la politique américaine de soutien total à Israël (l’intéressé a par exemple cherché à empêcher l’ancien président Jimmy Carter de parler avec les ministres du gouvernement palestinien membres du Hamas) a tenu à se distancier légèrement du langage ultra-belliqueux de sa rivale. « Je n’aime pas ce vocabulaire de traîneurs de sabre », a-t-il dit.

Mais ni Obama, ni Clinton, n’ont eu un mot de commentaire, mardi, après la révélation d’une affaire gênante pour Israël, et plus encore pour la classe politique américaine qui soutient les dirigeants israéliens quoi qu’ils fassent. En l’occurrence, l’annonce de l’arrestation d’un ancien militaire, citoyen américain, pour espionnage … en faveur d’Israël !

Nous pouvons également être sûrs que les grands médias, ici, resteront discrets tant sur cette nouvelle affaire d’espionnage « entre amis » que sur les vociférations guerrières d’Hillary Clinton.

Aussi discrets qu’ils ont été bruyants, et continuent de l’être, sur une déclaration mensongèrement attribuée à l’Iranien Mahmoud Ahmadinejad : la déclaration selon laquelle le président iranien aurait promis de « rayer Israël de la carte ».

Or, Ahmadinejad n’a jamais prononcé cette parole. Les termes du discours à l’origine de la formidable campagne d’inspiration israélienne relayée par des médias serviles, ignorants et incompétents, étaient en réalité nettement différents.

Le 25 octobre 2005, Ahmadinejad avait en effet textuellement déclaré : « Imam goft in regime é ichghalgar é qods bayad az safhéh yé rouzgar mahav chavad ». Ce qui veut très littéralement dire : « L’Imam (l’ayatollah Kohomeiny, mort en 1989, NDLR) a dit que ce régime d’occupation de Jérusalem doit disparaître de la page du temps ». Ni le mot « Israël », ni le mot « carte » n’étaient présents dans le discours attribué à Ahmadinejad, qui avait d’ailleurs illustré son propos en prédisant qu’il arriverait au « régime d’occupation de Jérusalem » la même chose qu’à « l’Union soviétique » et au « régime du Shah  ». Soit deux institutions qui ont effectivement disparu (sous forme d’auto-dissolution dans le premier cas, de révolution républicaine dans le second) sans que cela entraîne aucunement la disparition des pays ou territoires sur lesquels elles avaient autorité.

Un auteur iranien nommé Arash Norouzi, qui n’a aucune sympathie politique avec le gouvernement iranien, a fait le point complet, depuis plus d’un an, sur cette histoire de « Rayer de la carte », qu’il qualifie à juste titre de « Rumeur du siècle » (voir le site http://www.thetruthseeker.co.uk/print.asp?ID=5866
Mais cela n’a pas ralenti un instant les machines à diffuser le mensonge.

CAPJPO-EuroPalestine