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BDS : une intervention face à Taubira longuement applaudie à Paris 8

A l’occasion de sa venue à l’Université de Paris 8 à Saint-Denis ce mercredi, Christiane Taubira a été clairement interpellée au sein d’un amphithéâtre sur le caractère scélérat de la circulaire Alliot-Marie qui criminalise les personnes appelant au boycott des produits israéliens, et qu’elle n’a toujours pas abrogée. Intervention acclamée par tout l’amphithéâtre.


taubira_paris_8_re_duit.jpgLa ministre de la justice, venue à la rencontre des étudiants pour parler de « Liberté, de Justice et de Citoyenneté », en vantant les mérites de « la créativité et de la vitalité associative » a tout de même pris soin de faire écarter par un dispositif policier démesuré (policiers en uniforme et en civil dans tous les coins) le « Collectif Palestine Paris 8 », souhaitant l’accueillir.

Les militants pour le droit et la justice ont néanmoins distribué plusieurs milliers de tracts dans l’université pour dénoncer d’une part le maintien en prison depuis 30 ans de Georges Ibrahim Abdallah, alors que la justice française a demandé sa libération, et d’autre part le maintien de la circulaire Alliot-Marie, qui criminalise les femmes et les hommes de conscience qui appellent au boycott des produits israéliens tant que durent l’occupation et la colonisation illégales de la Palestine.

Dans l’amphi X où avaient pris place des centaines de personnes, la ministre n’a toutefois pas pu éviter une interpellation très argumentée d’une participante, invitée à s’exprimer au micro.

Aïda a en effet pris la parole pour s’étonner que Christiane Taubira, favorable à l’auto-détermination des peuples opprimés, n’ait toujours pas abrogé une circulaire qui ordonne à tous les parquets de faire condamner les citoyens qui appellent au boycott des produits israéliens pour faire respecter le droit international.

« Cette circulaire a pourtant été vivement critiquée tant par de nombreux responsables politiques, que par des magistrats et plus généralement par tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression et au combat anticolonialiste toujours nécessaire », a-t-elle souligné en reprenant les propos énoncés dans le tract diffusé à l’entrée par le Collectif Paris 8.

« Quand la ferez-vous abroger, vous qui parlez de justice et de liberté, et qui savez que c’est en vertu de cette circulaire que des poursuites pénales ont été engagées sur tout le territoire contre des militants associatifs pacifiques appelant à ne pas acheter des produits israéliens, afin que l’Etat d’Israël respecte le droit international et les droits des Palestiniens ? », a demandé Aïda, sous un tonnerre d’applaudissements de l’amphi X, où n’avaient pourtant pas pu pénétrer les militants du collectif, écartés par la police.

La ministre s’est alors sentie obligée de faire une longue réponse, reconnaissant que de nombreux magistrats étaient opposés à cette circulaire et admettant, de manière fort intéressante que « ce n’est pas la loi qui est en cause, mais son interprétation ».

Christiane Taubira a ainsi admis publiquement, en quelque sorte, qu’aucune loi ne permettait de condamner l’appel au boycott par les citoyens dans ce contexte, mais « seule une interprétation de cette loi était en cause ».

Elle a conclu en faisant savoir qu’une réflexion était en cours à ce sujet, et a invité Aïda à y contribuer.

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CAPJPO-EuroPalestine