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Le lobby israélien viole les lois américaines, mais qui s’en soucie ?

L’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies a donné aux groupes de pression israéliens 7 millions de dollars pour lutter contre le BDS, violant la loi fédérale, révèle un article publié le 11 septembre par le site canadien de PAJU (Palestiniens et Juifs Unis).

« Des rapports dans The Forward et le chien de garde des médias israéliens7th Eye, révèlent que le gouvernement israélien a offert des millions de dollars de financement à des groupes pro-israéliens aux États-Unis en violation de la loi américaine. Un certain nombre de groupes approchés par le ministère israélien des Affaires stratégiques ont refusé le financement, estimant qu’il les qualifierait d’agents de propagande au nom d’une nation étrangère. Mais de nombreux groupes n’avaient aucun scrupule et ont facilement pris l’argent en échange de la promotion des intérêts israéliens aux États-Unis », écrit Richard Silverstein.

« Onze groupes américains pro-israéliens ont reçu près de 7 millions de dollars l’année dernière. Près de 4 millions de dollars supplémentaires sont allés à des groupes en Amérique latine, en Afrique, en Europe et ailleurs. Parmi les groupes américains figuraient Christians United for Israel (1,3 million de dollars), Israel Allies Foundation (118 000 dollars), Aish HaTorah   (1,8 million de dollars), la Ligue d’amitié Amérique-Israël (33 000 dollars) et StandWithUs. Proclaim Justice to the Nations, un groupe évangélique chrétien qualifié de « groupe haineux » par le Southern Poverty Law Center a reçu 40.000 dollars pour ses efforts visant à adopter une législation anti-BDS au Tennessee et ailleurs.

Le lobby israélien viole les lois américaines, mais qui s'en soucie ?

Aucun de ces groupes n’est enregistré en vertu de la loi sur l’enregistrement des agents étrangers (FARA), qui oblige les particuliers ou les groupes américains payés directement par un État étranger pour faire du lobbying en son nom aux États-Unis, à s’enregistrer. Aucun des groupes n’indique sur ses sites Web avoir reçu un tel financement.

Dans certains cas, ils ont fait valoir que les fonds qu’ils recevaient étaient destinés à payer les voyages en Israël pour les leaders d’opinion américains: politiciens, journalistes, leaders étudiants, etc. , avec pour objectif qu’une fois rentrés chez eux, ils promeuvent les intérêts israéliens aux États-Unis. Cela constitue un lobbying pour un État étranger sous le FARA.

Ainsi, l’Israel Allies Foundation, qui a reçu une subvention importante d’Israël, représentant près de 10% de ses revenus annuels, a amené en Israël un législateur de Caroline du Sud qui a ensuite fait passer une législation anti-BDS adoptée dans six États (dont la Caroline du Sud) et proposée dans plus de 25 autres États. Des projets de loi très controversés, et violant les droits des personnes à la liberté d’expression, énoncés dans le le 1er amendement de la constitution américaine.

« Le ministère de la Justice américain, souligne Silverstein, n’a jamais poursuivi de tels agents travaillant pour Israël sans le déclarer, bien qu’il ait attaqué en justice d’autres personnes travaillant pour divers pays étrangers, comme Michael Flynn qui a accepté de prendre de l’argent à un homme d’affaires turc et allié d’Erdogan pour faire du lobbying au nom du gouvernement turc.

« Dans le passé, aucun groupe pro-israélien n’aurait osé prendre directement de l’argent du gouvernement israélien pour promouvoir ses intérêts aux États-Unis. Le lobby israélien et les dirigeants israéliens connaissent clairement les règles. Mais avec Donald Trump et le Likoud, les lois sont faites pour être enfreintes. », commente l’auteur.

« Ni Israël, estime-t-il, ni les groupes qui ont pris ces fonds ne semblent se soucier de la question plus large de la double loyauté. Et on devrait pourtant se la poser quand le gouvernement israélien finance directement les Juifs américains pour faire du lobbying, non pas au nom des intérêts américains, mais au nom d’Israël. Et quand on le fait, le lobby sort l’arme du chantage à l’antisémitisme.’

« Pourquoi les agences de renseignement des pays occidentaux sont-elles en état d’alerte en ce qui concerne l’ingérence de la Russie ou de la Chine dans leurs affaires intérieures, mais quand il s’agit d’Israël, elle obtient pratiquement un laissez-passer gratuit ? « , interroge Silverstein.

Et sachant que Gilad Erdan, a été promu à un nouveau rôle à la fois en tant qu’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU et aux États-Unis, il aura les coudées encore plus franches pour pratiquer son lobbying, conclut l’auteur.

Source : https://www.richardsilverstein.com/2020/09/04/israels-un-ambassador-gave-israel-lobby-groups-7-million-to-fight-bds-violating-federal-law/

Publié par PAJU (PALESTINIENS ET JUIFS UNIS) – PAJUMONTREAL.ORG/FR

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