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100.000 livres sous les ruines : à Gaza, Netanyahou dans les pas de Goebbels

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Mai 1933 : à Berlin et ailleurs en Allemagne, les nazis brûlent des milliers de livres d’auteurs dits « dégénérés » (juifs, marxistes, libéraux…) ; mai 2021 : à Gaza, les bombes israéliennes réduisent en poussière la librairie al Mansour et ses 100.000 volumes, neufs, d’occasion, et même une vaste collection de livres anciens.

100.000 livres sous les ruines : à Gaza, Netanyahou dans les pas de Goebbels
Mohammed Samir Mansour, libraire et éditeur, au milieu des ruines de 40 ans de travail

Et ce, avec un esprit de système plus vaste encore que celui des autodafés hitlériens, la destruction n’ayant pas fait le tri entre les « polars » d’Agatha Christie et diverses éditions du Coran, ni entre les romans du russe Dostoïevski et la poésie du Palestinien Mahmoud Darwich.

L’armée « la plus morale du monde » ne fait pas dans le détail ; c’est même à cela qu’on la reconnait

Hanya Aljamal, 24 ans, ne peut retenir ses larmes quand elle feuillette les pages du best-seller « Découvrir un sens à la vie » du rescapé d’Auschwitz Viktor Frankl : le dernier livre, dans une version anglaise, qu’elle avait acheté à la librairie al-Mansour.

Mais c’était le mois dernier, avant ce fatidique 18 mai 2021, lorsque l’aviation des barbares, entre deux éliminations de familles entières, a eu la « délicatesse » de passer un appel téléphonique au fondateur de l’établissement, Mohammed Samir Mansour, pour le prévenir de la frappe imminente.

« Le but d’Israël, c’est de tuer. Et à défaut, de rendre la vie impossible », commente sur le site TRT World la jeune Aljamal, traductrice et interprète dans le territoire martyr. 

Al-Mansour, souligne-t-elle, c’était le lieu où les lycéens et les étudiants pouvaient trouver un manuel, les plus pratiquants leurs livres de religion, et tous les autres ce qui permettait d’échapper un temps, au moins par l’esprit, au terrible enfermement imposé depuis 14 ans aux 2 millions de cet immense camp de concentration qu’est la bande de Gaza.

Au demeurant, la destruction d’al-Mansour ne résulte apparemment pas d’une « bavure ». L’aviation de l’agresseur a en effet manifestement visé tout ce qui pouvait concourir à la culture locale : plusieurs établissements de la rue Al Thalatiny à Gaza-ville, mieux connue sous le nom de rue Maktabat (« la rue des librairies ») ont ainsi été transformés en tas de gravats, les librairies Iqraa et al-Nahda en particulier.

Le chercheur israélien Baruch Kimmerling, aujourd’hui décédé, ne s’était pas trompé lui qui utilisait le terme de « politicide » pour décrire l’entreprise sioniste de destruction de la société palestinienne.

DÉTRUIRE DES LIVRES, UNE PASSION FASCISTE

Sous la houlette de leur « ministre de la Propagande » Josef Goebbels, les jeunesses nazies s’y adonnaient dans les années 1930.

Plus près de nous, les émules français de Netanyahou, membres de la mal nommée « Ligue de Défense Juive » (LDJ) saccageaient à Paris, en juillet 2009, la Librairie Résistances, connue pour son engagement dans le mouvement de solidarité avec le peuple de Palestine.

Paris, juillet 2009 : la Librairie Résistances, après le passage d’un commando de la « Ligue de Défense Juive »

Avec « Tsahal » et ses missiles ravageurs, évidemment, on change de dimension.

CAPJPO-EuroPalestine

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