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Les crimes israéliens en Palestine du 30 décembre au 5 janvier

Pas de trêve de nouvel an pour les assassins en uniforme 

Les crimes israéliens en Palestine du 30 décembre au 5 janvier

Vendredi matin, dernier jour de l’année, Amir Rayyan (36 ans), père de cinq enfants, demande à son beau frère Omar Abu Ali de le conduire en voiture jusqu’à l’arrêt d’autocar de Haris, au nord de Salfit. Il se rend à l’hôpital où il suit un traitement pour des troubles psychologiques. Parvenu à destination, il descend de voiture et se précipite vers l’arrêt qu’il n’atteindra jamais : sans sommation, des soldats postés au carrefour le criblent de balles et le laissent se vider de son sang jusqu’à ce que mort s’ensuive. Dans la foulée, l’armée bloque le carrefour et arrête Omar ainsi que son cousin Mohammed, l’autre passager du véhicule.L’occupant justifie cet assassinat par l’excuse bateau d’une tentative d’attaque au couteau mais se montre incapable d’exhiber la moindre preuve, pas plus le couteau en question qu’une quelconque vidéo, alors que ce carrefour est truffé de caméras de surveillance. En plus, Amir a été tué à bonne distance des soldats, endroit où il n’aurait présenté aucun danger quand bien même il aurait été porteur d’un sabre de samouraï !

Un meurtre semblable s’est produit l’an dernier au même carrefour, à l’entrée de Haris, village dont 310 hectares ont été confisqués au profit de cinq colonies ou zones industrielles de l’occupant. 

Balles contre pierres 

L’occupant a procédé cette semaine à 103 « incursions » en Cisjordanie, causant 39 blessés. Ainsi, ce même 31 décembre, à Beita, la manifestation du vendredi contre « l’avant-poste » d’Evyatar, sur le mont Sobeih, est comme toujours durement réprimée. Parmi les trois victimes de la répression, Husam Dwaikat n’a que seize ans.

Au même moment, à Kafr Qaddoum, près de Qalqiliya, les habitants protestent contre la fermeture de l’accès oriental à leur village. Cinq d’entre eux, dont un mineur, sont blessés par balles.

Le jour de l’an, à midi et demi, six manifestants de Qalqiliya, dont trois mineurs, sont eux aussi blessés par balle.

A Sheikh Jarrah, comme dans les autres quartiers de Jérusalem Est (Al Qods), la résistance au nettoyage ethnique ne faiblit pas. Vendredi, en début d’après-midi, manifestants palestiniens et activistes israéliens et internationaux viennent en nombre apporter leur soutien à la famille Salem menacée d’expulsion. Parmi les victimes de la répression figurent Mohammed Abu al-Hummus (56 ans), dont les soldats ont cassé la béquille avant de le tabasser. Ahmed al-Shweiki (12 ans), est trainé vers les geôles israéliennes.

Mais pas besoin de manifester pour subir la violence de l’occupant ! Mercredi, un homme de 75 ans, Suleiman Al-Hathlin, est renversé par un véhicule militaire. Hospitalisé, il souffre de multiples blessures et de fractures du crâne.  

Rafles tous azimuts 

Cette semaine, 101 habitants de Cisjordanie ont rejoint les quelque 5000 prisonniers politiques piégés par la toile carcérale israélienne. Parmi eux, au moins 8 mineurs.

A Silwan (quartier de Jérusalem), les rafles se multiplient contre les enfants et adolescents. Jeudi, Mohammed Zaytoun (13 ans) et Omar Mayalah (14 ans) sont kidnappés à domicile. Lundi, à 1h du matin, c’est au tour de Nasim Dmeiri (15 ans) et des frères Ahmed et Mahmoud ‘Ez al-Deen Shobaki (respectivement 13 et 15 ans). Mardi après-midi, Wasim al-Rajabi (13 ans) est enlevé chez lui.

Le 31, à Beit Fajjar, au sud de Bethléem, Hisham Taqatqh (17 ans) connait le même sort.

Ailleurs, des familles sont décimées : jeudi, à Silat al-Harithiya, à l’ouest de Jénine, l’armée prend d’assaut la maison des Jaradat et rafle Ziyad (65 ans) et ses deux fils Tareq (41 ans) et Mohammed (39 ans).

Même le Fatah n’échappe pas au harcèlement. Le 31 décembre, l’occupant commémore à sa façon le 57ème anniversaire de la première action armée de ce mouvement (actions auxquelles il a renoncé depuis les accords d’Oslo) : Israël convoque dix de ses dirigeants aux centres d’interrogatoire d’Oz et de Moscobyia. L’un d’entre eux, Eyad Bashir, se voit interdire l’accès à la mosquée d’Al-Aqsa. 

Un plan de paix au bulldozer 

Sous Biden, l’application du plan Trump continue ! Mercredi, à Jérusalem Est, le Comité de construction de la municipalité approuve la construction de 3 557 nouveaux logements dans les colonies. Quelque 1 465 de ces logements doivent être intercalés entre les colonies de « Givat Hamatos » et de « Har Homa », afin de les relier entre elles et de couper la liaison entre Jérusalem et Bethléem. Les 2 092 logements qui restent doivent être édifiés aux abords de la Colline des Français.

Parallèlement, l’expulsion des Palestiniens de Jérusalem Est bat son plein. Le scénario est toujours le même : la municipalité n’accorde aucun permis de construire et délivre un ordre de démolition tout en imposant de lourdes amendes. Les actions en Justice, ruineuses, ne donnent rien. Au bout de plusieurs années, le propriétaire doit détruire lui-même sa maison et, s’il n’y arrive pas, doit acquitter des frais prohibitifs. Jeudi, Ali Dabash est ainsi forcé de démolir lui-même la maison où il vivait depuis six ans avec sa femme et ses 11 enfants. La famille se retrouve sans abri en plein hiver ! Samedi, c’est au tour de Rami Owidah d’auto-détruire sa maison dans le quartier de Silwan, jetant à la rue sa femme, sa mère et ses 5 enfants. Quant à Jamal Nijmah, c’est sa cafétéria qu’il doit réduire en gravats, et avec elle son unique moyen d’existence. En 2000, la municipalité de Jérusalem avait détruit son précédent commerce pour y faire passer une route sur le terrain dont elle l’avait dépossédé.

Lundi, la municipalité délivre des ordres de destruction pour une mosquée en construction dans le faubourg d’Issawiya, ainsi que pour plusieurs maisons et bâtiments agricoles alentour. Mardi à 4h du matin, à Az-Za’ayyem, autre village voisin de Jérusalem, des bulldozers pulvérisent sans prévenir le magasin de Abed Abu Irmilah. C’est là qu’il commercialisait les produits de son usine… détruite deux mois plus tôt. 

Un centre de vaccination réduit en miettes 

Encore plus fort : non contents de ne pas vacciner les Palestiniens, comme ils en ont l’obligation en tant qu’occupants, les Israéliens vont jusqu’à les empêcher de se protéger. Ce même mardi, des engins de chantier désintègrent un bâtiment attenant au centre médical Abdullah al-Sheikh, dans le quartier de Jabel Mukaber. Ce bâtiment servait notamment de centre de vaccination anti-Covid. Le centre médical venait de recevoir une décision du juge repoussant la démolition jusqu’à ce que la municipalité en fournisse une justification. Mais les bulldozers ont faim.

A Beit Hanina, autre village voisin de Jérusalem, Suhaib al-Rajbi avait obtenu une décision de Justice différant la démolition de sa maison. Là encore, la municipalité de Jérusalem n’en a cure. Mardi matin, un grand déploiement de flics et d’officiels l’informe qu’il doit quitter les lieux et ne peut emporter que des vêtements. Tout le reste disparait dans les décombres. Le mur de la maison de ses parents, mitoyenne de la sienne, est gravement endommagé dans l’opération.

Non loin de là, à Jabel Mukaber, les bulldozers terminent la démolition d’une maison, dont la destruction avait commencé… à la mi-décembre : malgré tous ses efforts, son propriétaire n’est pas parvenu à la réduire suffisamment en bouillie au gré de l’occupant. Mercredi, les bulldozers s’attaquent à la maison de  Sultan al-Helasi à Silwan.  

Nahalin, village encerclé 

Ces démolitions touchent aussi la vallée du Jourdain, autre cible du plan Trump. Mardi, à l’est de Tubas, l’occupant fait une razzia sur un village bédouin. Bilan : quatre tentes résidentielles, neuf tentes pour le bétail, quinze mangeoires, dix tonnes de fourrage et un réservoir d’eau détruits ou confisqués.

En fait, aucune portion de la Cisjordanie n’est à l’abri. Encerclé entre le mur de l’apartheid et une constellation de quatre colonies, à l’ouest de Bethléem, Nahalin est comme le village gaulois, avec son esprit de résistance en guise de potion magique*. Il en faut, face aux attaques de colons et aux bulldozers qui redoublent de virulence depuis un mois ! L’occupant ayant confisqué 97% des terres, la population est contrainte de construire sans ces fameux permis qu’elle n’obtient jamais. Lundi, un nouvel ordre de démolition frappe 8 bâtiments résidentiels, une mosquée et une installation civile. Et 300 hectares supplémentaires sont en passe d’être volés aux villageois.

Outre les démolitions, les forces d’occupation ont perpétré 18 destructions et 7 confiscations de biens divers. Pendant ce temps, les colons se sont encore illustrés par 14 agressions : attaque de berger (dimanche dans la vallée du Jourdain), destruction d’oliviers (jeudi près de Naplouse, vendredi à Kafr al-Dik avec le soutien de l’armée qui confisque aussi un tracteur, etc.), « cartons » avec des armes à feu sur des maisons (jeudi à Iraq Burin), caillassage de véhicules (jeudi à Burqa, Bazaria et Sebastia) et de maison (dimanche à Hébron), etc.

Sans compter les tournées provocatrices quasi quotidiennes sur l’esplanade des mosquées, avec la protection de l’armée…

Mais les colons sont aussi bâtisseurs : lundi, les activistes de l’avant-poste de Sidi Boaz entament la construction d’une route coloniale (interdite aux Palestiniens). Cet avant-poste est établi sur des terres volées à la ville d’Al Khader, à l’ouest de Bethléem.  

La Cisjordanie entravée 

Aux 108 points de contrôle permanents se sont ajoutés 55 checkpoints temporaires et 8 fermetures de points névralgiques pour compliquer encore un peu plus les déplacements à risque des habitants de Cisjordanie. Personne n’est sûr d’en sortir indemne : dimanche, à l’un de ces checkpoints, près d’al-Bireh, les soldats se sont emparés de Ra’fat al-Barghouthi, villageois de Deir Abu Mashal. 

Dans Gaza assiégée 

Les violations du cessez-le-feu par Israël continuent d’être quotidiennes. Tant que les Gazaouis ne ripostent pas, qui s’en émeut ? Ainsi, cette semaine :

– Alors qu’ils naviguent à moins de trois milles des côtes (la limite autorisée par les accords d’Oslo est de 20 milles), d’inoffensifs bateaux de pêche sont encore attaqués samedi, lundi et mercredi.

– Des terres agricoles sont encore visées par des soldats campés derrière la ligne de démarcation samedi, dimanche et mercredi. 

– Des habitants à proximité de la ligne de séparation essuient des coups de feu vendredi. 

* Sur Nahalin, la fiche Wikipedia en anglais est très instructive https://en.wikipedia.org/wiki/Nahalin

Compilé par Philippe G. pour CAPJPO-Europalestine à partir du Palestinian Centre for Human Rights (PCHR) et du Palestinian Monitoring Group (PMG): http://www.nad.ps/ .

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