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Les Bédouins se révoltent contre le vol de leurs terres par le « Fonds National Juif »

Une révolte a éclaté dans le sud d’Israël, pour s’opposer à un plan du gouvernement de planter une forêt sur les terres des fermiers de la minorité palestinienne, dite bédouine, du pays.

Les Bédouins se révoltent contre le vol de leurs terres par le « Fonds National Juif »
Scène de la révolte, mardi soir dans le sud d’Israël

Depuis sa création il y a plus d’un siècle, le Fonds National Juif (appelé en hébreu KKL pour « Keren Kayemeth le Israel ») a été un levier essentiel du projet sioniste de dépossession des indigènes de la terre de Palestine. 

Il n’a ainsi cessé, au fil des décennies, de planter des arbres (entre autres des pins, ce qui constituait un non-sens du point de vue écologique dans cette région du monde) sur les terres des villages palestiniens rasés, dont les habitants avaient été chassés.

La guerre contre les Bédouins se poursuit au XXIème siècle, comme en témoigne l’acharnement des autorités contre le village d’al-Arakib dans le désert du Neguev, qui a été détruit, puis reconstruit et encore détruit des dizaines de fois pour satisfaire les plans du KKL.

Mais lundi, lorsque des centaines de policiers ont escorté des employés du KKL et leurs engins en route pour le site du futur « reboisement », la colère a explosé. Le quotidien Haaretz rapportait mardi soir des incidents dans plusieurs zones du sud du pays où résident les communautés bédouines, avec jets de pierres sur des autobus, obstacles sur des voies de chemin de fer, et fermetures de routes.

Tandis que des manifestants mettaient le feu à la voiture d’un reporter de Haaretz, la police signalait une série d’arrestations, et des blessés dans ses propres rangs.

La question est délicate pour l’assemblage hétéroclite qui constitue la majorité parlementaire du Premier ministre Naftali Bennet. Cette majorité repose en effet sur le soutien que lui apportent les 4 députés de la Liste Arabe Unie de l’islamiste Mansour Abbas, dont la base électorale principale se trouve précisément être dans la population bédouine du sud.

Et Abbas a prévenu que si le nouveau plan du KKL prospérait, il cesserait d’apporter ses voix au gouvernement.

C’est sans doute pourquoi Yair Lapid, l’un des principaux membres de la coalition gouvernementale -et lui-même promis à devenir Premier Ministre l’année prochaine dans le cadre d’un accord avec Bennett- a prudemment appelé mardi soir à la suspension du projet KKL.

CAPJPO-EuroPalestine