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« Crimes et refoulement : la mémoire sélective de la société israélienne », par Sylvain Cypel

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Sylvain Cypel dresse dans OrientXXIVoici une liste instructive, même si elle est loin d’être exhaustive d’articles parus dans les médias israéliens sur une année, d’août 2021 à août 2022. Extraits.

Il n’y a pas eu que Sabra et Chatila

24 août 2021 : le Jerusalem Film Festival diffuse le documentaire de l’Israélienne Nurit Kedar La cour d’école. Il dit tout de la cruauté sidérante des soldats israéliens envers les prisonniers palestiniens ou libanais qu’ils incarcèrent lors de leur invasion du Liban en 1982. On connaissait les terribles conditions imposées après cette guerre durant des années aux milliers de détenus du camp d’Ansar, au Sud-Liban. On connait moins ce qui advint dans la cour de l’école du couvent Saint-Joseph, dans la ville de Saïda, où un millier de détenus furent enfermés. Soldats et rescapés évoquent la faim et surtout la soif effroyable imposée des jours durant aux détenus sous un terrible soleil (certains en viennent à boire leur urine), l’avalanche des coups assénés (yeux énucléés, sept morts à l’issue de frappes, des centaines de blessés à vie).

Évidemment, l’immense majorité des prisonniers n’a pas de liens avec « le terrorisme ». Aujourd’hui, les soldats-geôliers israéliens se confessent. Dans leur grande majorité, l’autojustification l’emporte. En résumé, piégés par une situation affreuse, ils ne pouvaient pas agir autrement, expliquent-ils. Tel est le discours d’Idan Harpaz, commandant de la compagnie israélienne. Plus tard, une plainte a été déposée contre lui. « J’ai été interrogé par l’armée. Mais il ne s’est rien passé », dit-il dans le film, tranquille.

Le 26 juillet 2022, sur le site israélien d’informations en ligne +972, le chercheur américain Seth Anziska décrit les réflexions que lui inspire ce documentaire. Anziska a publié en 2018 Preventing Palestine : A Political History From Camp David to Oslo (Princeton University Press) dans lequel il démontre, nouvelles archives à l’appui, l’implication d’Ariel Sharon, alors ministre de la défense, et de son entourage militaire dans le crime de masse perpétré en septembre 1982 par les Phalanges chrétiennes libanaises dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, crime coordonné avec l’armée israélienne et bénéficiant de son soutien logistique. Mais ce qui advenu à Saïda, écrit-il, montre l’insensibilité, le malaise et le refoulement de la culpabilité qui marquent la société israélienne contemporaine et son traitement déshonorant des Palestiniens. […] Les soldats trouvent un certain réconfort, peut-être même une absolution, en divulguant les détails de leurs actes sans jamais craindre de devoir en répondre.

« Théoriquement nous n’avons été coupables de rien », y explique le chef de leur compagnie, qui précise que le plus haut niveau de l’armée savait ce qui se passait au couvent. Dès lors, « je ne peux pas dire aujourd’hui que nous aurions dû procéder autrement ». Commentaire d’Anziska : « Le comportement d’Harpaz suggère que ce début des années 2020 est une période plus réceptive en Israël pour couvrir un crime de guerre ». « Harpaz, conclut-il, est le guide idéal des pathologies de la société israélienne […] qui ne voit la victoire que dans le malheur des autres ». Le film dévoile « un système qui refuse d’admettre sa propre part comme pourvoyeur de violence, un système si habitué à parler en termes déshumanisants de ses sujets arabes et palestiniens ».

Nouvelles révélations sur la guerre de 1948

9 décembre 2021. Avec l’accès à de nouvelles archives militaires, l’historien Adam Raz publie un article sur les massacres perpétrés par les Israéliens durant la période qui précéda et suivit l’indépendance d’Israël1. « Les minutes des réunions du gouvernement ne laissent aucune place au doute : les dirigeants israéliens connaissaient en temps réel les actes sanglants qui accompagnaient la conquête des villages arabes » en 1947-1948, écrit-il.

Lors des réunions du cabinet, des ministres évoquaient « l’effondrement des fondations morales » d’Israël, des « actes inhumains » commis. Le premier ministre David Ben Gourion tergiversait. Mais en novembre 1948, les massacres de civils palestiniens étaient devenus si nombreux que le cabinet décida de créer un comité d’examen des cas de meurtres par l’armée. Il faut dire que, un mois avant, par exemple, il ne restait déjà plus que 120 000 villageois palestiniens sur les 250 000 qui peuplaient la Galilée avant que l’armée israélienne n’engage sa conquête totale de cette région. Après son offensive éclair, il n’en restait plus que 30 000. Une semaine après sa création, le comité d’examen cessait d’exister. Ses membres expliquaient qu’il leur était impossible d’enquêter vu la pauvreté des moyens qui leur étaient alloués.

Raz recense de nombreux « massacres perpétrés contre des civils et des prisonniers arabes » au cœur d’une politique qui visait délibérément à faire s’exiler le plus possible d’habitants. Il y a trente ans, le chercheur Benny Morris était parvenu au chiffre de 24 massacres commis par les forces israéliennes en 1947-1948. Raz, après avoir épluché d’autres archives, parvient à « plusieurs douzaines », dont beaucoup jamais révélés. En février 1949, l’armée israélienne décréta une « grâce générale rétroactive » sur les actes commis les deux années précédentes. À Houla, un village à la frontière libanaise, seules soixante personnes âgées n’avaient pas fui lorsqu’un bataillon israélien s’en empara, le 31 octobre 1948. Son commandant se nommait Shmouel Lahis. Le premier jour, 18 Palestiniens furent assassinés, le lendemain 15. Lahis fut un des rares militaires jugés pour ses actes. Il fut condamné à sept ans de prison, peine réduite en appel à une année avant qu’il soit amnistié. Trente ans plus tard, il accédait au poste de directeur général de l’Agence juive, le plus important organisme du sionisme. C’est Adam Raz qui a aussi définitivement mis au jour la vérité sur le massacre de Tantoura en mai 1948.

L’usage régulier de la torture

17 février 2022. Haïm Rubovitch, ancien numéro 3 du Shin Bet, le service israélien de sécurité intérieure, explique dans un entretien à Haaretz (17 février 2022) que son service « a arrêté un nombre incalculable de Palestiniens sans motif » et confirme l’usage régulier de la torture à l’époque où il a servi le Shin Bet, de 1980 à 2005. Il évoque surtout les lendemains du déclenchement de la Seconde Intifada, en 2000, lorsque des dizaines de milliers de jeunes Palestiniens firent l’objet d’interrogatoires musclés, d’incarcérations abusives ou parfois de liquidation physique (en jargon du Shin Bet, des « préventions ciblées »). Rubovitch estime a posteriori que cette méthode a peut-être amélioré la sécurité d’Israël, mais qu’elle n’a certainement pas accru sa capacité de contrôle des populations occupées.

« Quand Reagan et Begin discutaient de l’expulsion des Palestiniens »

« Quand Reagan et Begin discutaient de l’expulsion des Palestiniens » (du Liban) titre Haaretz le 6 juin 2022. Le 21 juin 1982, le premier ministre israélien rend visite au président américain. L’invasion israélienne du Liban a commencé deux semaines avant. Menahem Begin souhaite « trouver une solution au problème » des réfugiés palestiniens — 400 000 au Liban à l’époque. Il faut les en expulser « au moins en partie », argue-t-il. Le président américain Ronald Reagan répond : « Quelqu’un a-t-il pris le temps de demander aux Palestiniens ce qu’ils en pensent ? ». Expulser les réfugiés n’est pas réaliste, plaide-t-il. « Une solution, on la trouve quand on a la volonté de la trouver », rétorque Begin. Une discussion entre amis…

8 septembre 2022. Nouvelles révélations. Ou plutôt confirmations. L’avocat Eitay Mack, l’Israélien qui a le plus contribué au dévoilement du scandale Pegasus, a cette fois obtenu de la Cour suprême israélienne l’ouverture d’archives classifiées du Mossad sur son activité au Liban2., en particulier durant la guerre de 1982. La Cour a cependant laissé au service de sécurité extérieure la possibilité de garder cachées les pièces les plus sensibles. Ces archives montrent qu’Ariel Sharon et l’état-major menaient cette guerre hors de tout contrôle gouvernemental. Que loin d’être une « rétorsion » spontanée après une tentative d’assassinat de l’ambassadeur d’Israël à Londres, cette guerre avait été « la plus planifiée » de l’histoire d’Israël. Sharon et son entourage la préparaient minutieusement depuis un an et demi. Que les liens avec les milices chrétiennes étaient très anciens et réguliers. Et que celles-ci, massivement armées par Israël, étaient à ses ordres. Enfin, c’est là le constat le plus grave, le verdict du juriste Mack est sans appel : les documents « suggèrent que le massacre de Sabra et Chatila n’était qu’un événement dans une chaîne de massacres, d’exécutions, d’enlèvements, de disparitions, d’amputations et de mauvais traitement des cadavres perpétrés par les milices chrétiennes » dans cette guerre.

Lettres à Ben Gourion

14 juin 2022. Une membre du kibboutz Nahshon (gauche sioniste) avait conservé un document qui ne devait jamais être publié. En juillet 1967, un mois après la guerre de juin 1967, l’assemblée générale de ce village collectiviste discute : que faire des terres de trois villages palestiniens, Imwas, Bayt Nuba et Yalo, dont la population a été expulsée ? La majorité est contre la captation de leurs terres, une partie est pour. Le débat terminé, les dirigeants du kibboutz décident de ne pas le publier dans leur bulletin hebdomadaire. Aujourd’hui un village juif, Mevo Horon, occupe les terres de ce que fut Bayt Nuba, et un parc d’attractions a été bâti sur celles des deux autres villages3.

29 juillet 2022. Une des affaires cachées les plus édifiantes des premiers pas de l’État d’Israël en Israël rebondit : celle du massacre de Kafr Kassem. L’ouverture de nouvelles archives en 2022 est venu confirmer le massacre délibéré.

10 août 2022. En 1948, Sami Saada travaillait au port de Haïfa, où il habitait. Survint les 21 et 22 avril l’expulsion manu militari des Palestiniens de la ville. Avant la guerre, elle en comptait 71 000, il n’en resta que 3 500. Ben Gourion ordonna qu’on les regroupe dans un seul quartier, appelé Wadi Nisnas. Saada se vit confisquer son appartement de quatre pièces. On lui en promit un nouveau, mais l’administration refusa de lui laisser l’habiter. Lui et sa famille se retrouvèrent sans-abris. Il écrivit des lettres à Ben Gourion, qui n’y répondit jamais. Un livre raconte son histoire, celle de tant de réfugiés palestiniens de l’intérieur, un aspect peu connu de l’histoire du conflit4.

11 septembre 2022, titre du Haaretz : « Comment Israël a décidé secrètement d’effacer la Ligne verte ». Sous-titre : « Les minutes de réunions top secret en 1967 révèlent comment fut prise cette décision ».

On pourrait citer encore d’innombrables récits et révélations parus en Israël sur le comportement de ses forces armées et de ses dirigeants d’hier… et d’aujourd’hui. On terminera cette recension par un exemple contemporain. À la veille de l’ouverture de l’année scolaire, la mairie de Tel-Aviv a autorisé un livre d’histoire pour enfants où figurait la Ligne verte, la frontière internationalement reconnue séparant avant juin 1967 Israël des territoires palestiniens occupés. Le ministère de l’éducation du gouvernement du « centriste » Yaïr Lapid a exigé le retrait du livre du circuit scolaire. À bas la mémoire. « Comment on enseigne aux Israéliens à effacer les Palestiniens », titre Haaretz5.

Des révélations pour rien ?

Lorsque fin juillet 2022 les nouvelles révélations sur Kafr Kassem sont parues, l’historien israélien Tom Segev, évoquant la mascarade de procès où furent jugés les soldats, écrivit ceci : Si ses minutes sont si choquantes, ce n’est pas parce qu’elles révèlent des informations inconnues des historiens, mais parce qu’elles montrent combien les crimes de guerre israéliens ont joué un rôle marginal dans la formation des principes fondamentaux de l’État6.

En termes crus, ces « principes fondamentaux » ne se préoccupaient pas des crimes contre les Palestiniens. Au fond, estime Segev, ce qui compte est assez simple : les soldats ont obéi aux ordres parce qu’ils les estimaient justifiés. Ils s’inscrivaient dans la droite ligne des ordres qui avaient mené à l’expulsion massive des Palestiniens sept ans auparavant. « En 1956, écrit-il, beaucoup d’Israéliens vivaient encore dans l’esprit des événements de la Guerre d’Indépendance ». Ben Gourion, le premier ministre d’alors, « était favorable à divers plans de transfert » — le mot « transfert » étant entré dans le langage codé israélien pour désigner en termes choisis l’expulsion légitime des Palestiniens. Haaretz, dans un éditorial, a demandé l’ouverture des « milliers de documents restant classifiés »7. Elle serait très utile pour approfondir la connaissance sur l’affaire Kfar Kassem. Mais de là à imaginer qu’elle modifie les mentalités majoritaires en Israël…

Car ce qui caractérise ces révélations actuelles, c’est qu’elles sont beaucoup le fait de jeunes chercheurs, mais que les témoignages recueillis sont souvent ceux de témoins âgés qui donnent l’impression, sur leurs dernières années de vie, de vouloir se libérer d’un fardeau. C’est typiquement le cas des voltefaces d’acteurs qui, sur Tantoura, reconnaissent aujourd’hui des faits qu’ils niaient il y a vingt ans. Comme c’était vraisemblablement le cas du général Shadmi, qui rappelle l’aveu du général français Jacques Massu reconnaissant la pratique de la torture en Algérie près de quarante ans après la fin de la guerre. Et celui de Yaakov Sharett, important responsable du Shin Bet qui était aussi le fils de Moshé Sharett, premier ministre d’Israël en 1954-1955, et qui déclarait en septembre 2021, arrivé à l’âge de 95 ans : « L’État d’Israël et l’entreprise sioniste sont nés dans le péché. J’ai collaboré avec un pays criminel ».

Mais l’impact de leurs confessions tardives reste infinitésimal. Pourquoi ? Il y a eu en Israël une véritable entreprise menée par les gouvernants tant de la gauche que de la droite sioniste de présentation fallacieuse des faits pour tout ce qui touche aux Palestiniens. On a expliqué à des générations d’enfants que ces derniers ont « fui volontairement » leur pays entre 1947 et 1950. Bref, que les victimes étaient responsables de leur propre sort. Ce que montrent toutes les révélations récentes, c’est d’abord la propension des gouvernants, des forces de l’ordre et de la justice israélienne, depuis la formation de l’État, à présenter une version tronquée des faits dérangeants, à les nier ou en réduire systématiquement la portée — et pour masquer leur propre adhésion aux actes commis par des criminels. Mais ce qu’elles montrent aussi, c’est combien l’accumulation des témoignages sur les crimes du passé ne modifie rien de fondamental au rapport global des Juifs israéliens aux Palestiniens.

Expulser les citoyens déloyaux

On peut désormais discerner trois pôles en Israël sur la question mémorielle. Le premier regroupe les supporteurs inconditionnels des forces de l’ordre. Ceux-là soutiennent souvent l’idée que la répression des Palestiniens a été et reste insuffisante. Sur les deux dernières décennies, cette mouvance s’est notoirement renforcée, engoncée dans l’idée que seul le recours à une force accrue délivrera Israël du dibbouk8 palestinien. Itamar Ben Gvir, le leader de l’extrême droite kahaniste ouvertement raciste, exige la « déportation » hors du pays de ses citoyens « déloyaux » (c’est-à-dire hostiles à sa politique coloniale) — pas seulement ses citoyens palestiniens, mais aussi juifs. Un sondage récent montrait que 60 % des Israéliens soutiennent sa position. Comment s’étonner, dès lors, que le regard collectif porté tant sur le passé que le présent amène aussi 64 % des Juifs israéliens à soutenir l’idée d’une nécessaire « ségrégation » entre Juifs et Palestiniens sur leur territoire ?

"Crimes et refoulement : la mémoire sélective de la société israélienne", par Sylvain Cypel
Itamar Ben Gvir, successeur du terroriste Kahana

Face à cette large majorité, une autre mouvance s’est aussi renforcée : celle précisément de ces « déloyaux » qui supportent de moins en moins l’apartheid infligé aux Palestiniens. Cette tendance a imposé dans le débat public israélien l’usage du terme « apartheid », que les dirigeants ne parviennent plus à endiguer. C’est elle qui multiplie les enquêtes sur le passé et le présent. Elle ne se résume pas aux seuls B’Tselem et Breaking the Silence. Elle croît aussi sans cesse, même si beaucoup de ses membres, ne supportant plus l’atmosphère qui règne dans le pays, finissent par choisir l’exil. Et elle reste confinée à des cercles restreints, moins de 5 % de la population juive sans doute. Et puis il y a un ventre mou qui, lui, n’a cessé de s’effilocher. Il représente ce tiers de la population qui préfère se boucher le nez et les oreilles et fermer les yeux et qui trouve toujours une raison d’accepter tacitement les crimes mis au jour. Israël n’est-il pas en danger permanent ?

Sur le plan de la répression, les forces israéliennes ne se sont pas comportées, face aux Palestiniens, différemment des forces britanniques au Kenya, françaises en Algérie ou américaines dans le Nouveau Monde. La grande différence est qu’« avec le temps », l’ère de la domination coloniale s’est dissipée dans ces pays, même s’il en subsiste des séquelles béantes. Alors qu’en Israël, cette domination coloniale reste en vigueur à ce jour. Certes, ce colonialisme toujours à l’œuvre en Palestine peine de plus en plus à préserver l’image de son passé (comme celle de son présent, d’ailleurs). Mais la multiplication des révélations régulières sur les crimes passés ou actuels reste sans effet sur une opinion israélienne majoritaire qui, au contraire, ne fait que se radicaliser dans un sens colonial.

Cela advient pour une raison principale : tant que le colonialisme israélien perdurera, tant que son État continuera de s’enfoncer dans ce que les organismes israéliens de défense des droits désignent désormais comme un « apartheid » à l’égard des Palestiniens, la population juive israélienne ne sera pas en mesure de se départir de cette mentalité. Car ce qui ressort d’abord des récentes révélations, c’est l’impunité systématique dont ont bénéficié les auteurs des faits incriminés. Segev, pour symboliser la vision moyenne des Israéliens sur le crime de Kafr Kassem, cite une lettre de lecteur parvenue à la rédaction de Haaretz : « Et quand publiera-t-on les minutes des pogroms de Kichinev ? » Dans cette ville moldave, deux tueries de juifs et saccages de leurs biens eurent lieu en 1903 et 1905. Bref, quels que soient les crimes commis par Israël aujourd’hui, les Israéliens restent, en toutes circonstances, d’abord les héritiers des victimes du passé.

C’est cette nécessité de préserver la position de la victime constamment menacée qui explique pourquoi les Israéliens restent si massivement indifférents aux crimes des leurs, passés ou présent, lorsqu’ils sont révélés. L’assise de cette attitude a divers motifs, mais elle nous semble essentiellement dictée par le sentiment d’impunité qui préserve les Israéliens de procéder collectivement à tout bilan. De même que l’impunité passée a permis d’élaborer une historiographie fake, l’impunité dans laquelle vivent les Israéliens aujourd’hui les empêche de pouvoir s’émanciper de la mentalité colonialiste désormais archidominante dans leur société. »

Source : https://orientxxi.info/magazine/crimes-et-refoulement-la-memoire-selective-de-la-societe-israelienne,5858

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