Israël a dépêché au Vénézuela, pays frappé par un séisme, une délégation de ZAKA, l’organisation israélienne dont les récits fabriqués concernant le 7 octobre ont été utilisés par Netanyahou et d’autres dirigeants pour susciter un soutien international au génocide à Gaza .

Cette initiative vise à rétablir des relations avec un gouvernement désormais aligné sur Washington, à la suite de l’enlèvement du président vénézuélien par les États-Unis.
Israël et le Venezuela avaient rompu leurs relations diplomatiques il y a 17 ans. Netanyahou a publiquement qualifié le déploiement de ZAKA d’opération de « reconstruction des relations » avec le Venezuela, rendant ainsi explicite la dimension politique de la mission.

La manière dont la délégation se présente soulève des questions quant à l’objectif réel de sa mission. Ses membres sont arrivés en uniforme de type militaire et ont été photographiés en train de poser, drapeaux israéliens à la main, au milieu des décombres de bâtiments vénézuéliens.

ZAKA a documenté et diffusé ces images sur ses réseaux sociaux tout au long du déploiement.
ZAKA a été au cœur de la campagne de désinformation la plus marquante concernant les événements du 7 octobre en Israël. Son responsable régional pour le sud, Yossi Landau, a affirmé à des journalistes du monde entier avoir découvert, au kibboutz Be’eri, une femme enceinte dont le ventre avait été ouvert et le fœtus poignardé. Une enquête du journal Haaretz a révélé que ce récit était faux
Parmi les autres récits infirmés impliquant des bénévoles de ZAKA et des secouristes israéliens, on compte ceux faisant état de bébés placés dans des fours, d’enfants pendus à des fils à linge et de bébés décapités. Netanyahou a affirmé au président américain Joe Biden que des Palestiniens avaient « attaché des dizaines d’enfants » entre eux, les avaient brûlés et exécutés. Biden a prétendu avoir vu des photos de bébés décapités. La Maison Blanche a par la suite précisé qu’aucune photo de ce genre n’existait.
iI a fallu des mois à l’organisation pour reconnaître l’inexactitude de ces récits, leur laissant ainsi le temps de se propager sans être contestés. Netanyahou lui-même a décrit le rôle de ZAKA dans l’effort de guerre lors d’une visite dans ses locaux en novembre 2023, déclarant aux bénévoles : « Nous devons gagner du temps, ce que nous obtenons en nous adressant aux dirigeants mondiaux et à l’opinion publique. Vous jouez un rôle important en influençant l’opinion publique, laquelle influence à son tour les dirigeants. Nous sommes en guerre ; elle se poursuivra. »
Un consultant du bureau de diplomatie publique de Netanyaho a affirmé que les témoignages des bénévoles de ZAKA avaient eu un « impact décisif » sur les journalistes étrangers et servaient le narratif de l’État selon lequel « le Hamas équivaut à Daech », renforçant ainsi « la légitimité de l’État à agir ». Cette légitimité a servi de fondement pour tuer plus de 73 000 Palestiniens, en blesser plus de 173 000 et détruire 90 % des infrastructures civiles de Gaza, alors que les démolitions massives de ce qu’il en reste se poursuivent encore aujourd’hui.
La situation financière de ZAKA ajoute une autre dimension à l’affaire. L’organisation a reçu des millions de dollars de dons provenant de soutiens occidentaux après le 7 octobre. En juin 2026, le journal Haaretz a rapporté qu’un membre du conseil d’administration avait affirmé que 26 millions de dollars de dons avaient disparu des caisses de l’organisation.
CAPJPO-Europalestine


