Il y a 80 ans jour pour jour, le 22 juillet 1946, les milices juives installées en Palestine tuent 91 personnes, principalement civiles, lors d’un attentat contre l’Hôtel King David, à Jérusalem.

Sur les 91 morts, 28 sont des britanniques, 41 arabes palestiniens, et 17 juifs palestiniens. Les auteurs entendaient faire pression sur le Royaume-Uni, puissance occupante (« mandataire ») de la Palestine, pour qu’il laisse entrer davantage de juifs sur une terre qui ne leur appartient pas, mais dont ils ne cessent de chasser les autochtones, dans l’intention d’instaurer un Etat réservé aux Juifs avec le moins de Palestiniens possible.
Avant ce terrible attentat perpétré par l’Irgoun, (milice dirigée alors par Menahem Begin, futur Premier ministre d’Israël de 1977 à 1983), l ‘ensemble des milices armées juives ne chôment pas en matière d’actes de terreur : on recense 153 opérations de sabotage de chemin de fer et l’explosion de 11 ponts en Palestine à la même époque.
Si l’attentat du King David entraîne des condamnations unanimes au lendemain de l’explosion, y compris de la part de la direction du mouvement sioniste qui fait mine de se distancier de l’Irgoun, ses auteurs seront rapidement fêtés. Une fois l’État d’Israël proclamé en 1948, l’Irgoun fusionne d’ailleurs avec la principale milice, la Haganah, pour former l’armée officielle du pays (« Tsahal »).
Et à l’occasion du 60ème anniversaire de l’attentat, en 2006, Benjamin Netanyahou a l’impudence de dévoiler une plaque célébrant le crime dans l’enceinte même du King David. Il « est essentiel de ne pas confondre les groupes terroristes et les combattants de la liberté, l’action terroriste et l’action militaire légitime », déclare-t-il.
Comme le fait observer l’historien Jean-Pierre Filiu, c’est bien la première fois qu’une plaque commémore la mémoire des auteurs d’un massacre, et pas ses victimes !
CAPJPO-Europalestine


