Le Parquet a en effet détruit un livre saisi chez Nicolas Shahshahani à l’issue de sa garde à vue le 17 mars dernier, ce qui est assez incroyable. Ce livre écrit par l’universitaire Joseh Daher, et publié en 2019 par les éditions Syllepse, est toujours en librairie, et ne comporte aucun danger. Ce n’est ni un explosif, ni de la drogue. Son seul « tort » est de présenter le mot Hezbollah sur la couverture, son titre étant : « Un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme ».
Et il se trouve, en outre, que ce livre est un ouvrage critique sur le Hezbollah ! Ce qui montre non seulement la caractère inculte des policiers qui l’ont saisi, et de la magistrate qui a ordonné sa destruction sans même le lire, mais une volonté d’incriminer Nicolas Shahshahani à n’importe quel prix.

Communiqué des Éditions Syllepse et de Joseph Daher
« Nous avons appris que le 17 mars 2026, dans le cadre d’une enquête pour « apologie du terrorisme », lors de la perquisition du domicile de Nicolas Shahshahani, vice-président d’Europalestine, à qui nous apportons toute notre solidarité et soutien, la police avait saisi un exemplaire du livre de Joseph Daher, Le Hezbollah. Un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme, publié par les Editions Syllepse en 2019.
Selon le procès-verbal remis à Nicolas Shahshahani, cet exemplaire a ensuite été détruit. Nous apprenons également qu’au cours de sa garde à vue un policier lui aurait demandé ce qu’il pensait de ce livre, présenté comme étant « en faveur du Hezbollah ».
Le livre de Joseph Daher est un travail d’analyse politique, historique et sociale. Loin de toute apologie, il développe une analyse critique du Hezbollah, de son intégration au système confessionnel libanais, de son rôle dans les politiques néolibérales, de son opposition aux mouvements sociaux et de son intervention en Syrie aux côtés du régime dictatorial de Bachar al-Assad.
Qu’un livre puisse être considéré comme suspect simplement parce qu’il étudie une organisation politique, et que sa possession puisse retenir l’attention de la police dans une procédure pour « apologie du terrorisme », constitue une pratique extrêmement grave.
Étudier n’est pas approuver. Analyser n’est pas soutenir. Publier n’est pas faire l’apologie. Et détruire un livre légalement publié et diffusé n’est jamais un acte anodin.
Cette affaire s’inscrit dans une offensive plus large de répression et criminalisation contre le mouvement de solidarité avec le peuple palestinien. Depuis le début de la guerre génocidaire menée par l’armée israélienne contre Gaza, accusations d’« apologie du terrorisme », convocations policières, poursuites judiciaires et interdictions sont utilisées pour intimider celles et ceux qui dénoncent le génocide, l’occupation et la colonisation et qui défendent les droits du peuple palestinien. La répression s’abat également sur le monde du travail, incluant des sanctions, amendes et même licenciements dans une volonté claire de briser la solidarité avec le peuple palestinien et de discipliner les salarié-es.
L’auteur Joseph Daher a lui-même été victime de la répression de la part de la direction de l’Université de Lausanne en Suisse qui n’a pas « renouvelé son contrat » et l’a ensuite licencié à la suite de son soutien au mouvement étudiant en solidarité avec la Palestine et son engagement en faveur des droits fondamentaux du peuple palestinien.
Nous refusons cette criminalisation et dénonçons la répression qui l’accompagne.
Nous refusons que la soi-disant « lutte contre le terrorisme » serve à tracer les frontières du débat politique légitime et réduise la liberté d’expression.
Nous refusons qu’un livre devienne une pièce suspecte, qu’un auteur ou une autrice devienne suspecte pour ce qu’il ou elle étudie, qu’un lecteur ou une lectrice le devienne pour ce qu’il ou elle lit, et qu’une militant le devienne pour sa solidarité avec le peuple palestinien.
Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les conditions et les fondements juridiques de la saisie et de la destruction de cet ouvrage.
La solidarité avec la Palestine n’est pas un crime.
Lire un livre n’est pas un délit.
Éditer et débattre librement ne sont pas des actes de terrorisme. «
LES ÉDITIONS SYLLEPSE ET JOSEPH DAHER

CAPJPO-Europalestine


