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LES TERRITOIRES INTERDITS A LA PRESSE : PROTESTATION DE REPORTERS SANS FRONTIERES

27 juin (communiqué de presse de Reporters sans Frontières). Voici le communiqué publié jeudi par RSF, sous le titre « Six villes palestiniennes déclarées ‘zones militaires fermées’ et six journalistes palestiniens toujours emprisonnés »


« Suite aux derniers attentats suicides palestiniens en Israël, six villes palestiniennes autonomes de Cisjordanie (Bethléem, Tulkarem Qalqiliya, Jénine, Naplouse et Ramallah (photo)) ont été déclarées « zones militaires fermées » par l’armée. Les journalistes y sont interdits.
‘On ne peut s’empêcher de penser que, plutôt que de protéger les journalistes, cette mesure vise à mener une opération militaire sans témoins. D’autant que es journalistes basés dans ces localités sont tout autant empêchés de travailler là cause des couvre-feux. Une fois de plus, ces mesures risquent d’entraîner toute sortes de rumeurs et de la désinformation’, a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« Reporters sans frontières demande, par ailleurs, aux autorités israéliennes la libération immédiate des six journalistes palestiniens actuellement détenus par Israël.

« Ces arrestations sont totalement arbitraires. Si on reproche quelques chose à ces journalistes, que les autorités le disent.
Aucun élément n’a été fourni pour démontrer qu’ils auraient une quelconque relation avec une organisation terroriste. Nous demeurons extrêmement préoccupés par le sort de ces journalistes détenus dans des conditions particulièrement pénibles », a ajouté Robert Ménard.
Khalid Ali Zwawi, Maher al-Dessouki, de Al Quds Educational TV, Kamel Ali Jbeil, du quotidien Al Quds, Hussam Abu Alan, photographe de l’Agence France-Presse (AFP),Yousri El Jamal, preneur de son pour Reuters, et Ayman El Kawasmi, directeur de la radio locale El Horriya, ont été arrêtés entre le 15 et le 30 avril 2002 et mis en détention administrative pour trois mois.
Maher al-Dessouki, Kamel Ali Jbeil, Hussam Abu et Yousri El Jamal sont détenus dans le centre d’Ofer, près de Ramallah, dans des conditions très difficiles. Ils dorment avec plusieurs centaines de prisonniers par terre sous des tentes. Hussam Abu Alan (photo) qui a besoin de soins particuliers pour une blessure reçue il y a quelques années à la tête n’a pas pu recevoir un traitement approprié. Le 19 juin, la Cour militaire israélienne a rejeté les demandes de libération immédiate de Yousri El Jamal et Hussam Abu Alan.
Au-delà de l’interdiction d’accès à ces villes palestiniennes, des violations de la liberté de la presse continuent d’être régulièrement recensées.
Ainsi, le 10 juin, à Hébron, Nasser al-Shiokhy, photographe de Reuters, a été frappé à coups de crosse par un militaire alors qu’il filmait l’arrestation, par l’armée, de Palestiniens. L’officier, qui l’a frappé à la tête et à l’estomac, l’a menacé et lui a confisqué une partie de son matériel.
Le même jour, au matin, des soldats israéliens ont occupé le bureau de l’agence de presse Reuters à Ramallah et interdit à cinq de ses journalistes qui y travaillent d’y pénétrer. Ce n’est qu’après une protestation de l’agence que les soldats ont autorisé l’un d’eux à venir chercher du matériel. Ces derniers ont quitté le bureau le lendemain en fin de matinée.

Le 4 juin, Hussan el-Titi, cameraman de Reuters et Ala Badarneh, free-lance, ont essuyé des tirs de l’armée israélienne à Naplouse. Les deux journalistes se dirigeaient vers le camps d’Askar lorsqu’une balle provenant de soldats israéliens a frappé une vitre de leur véhicule blindé et identifié « Press ». Une seconde a crevé un pneu. Suite à une plainte de Reuters auprès de l’armée, un porte-parole de celle-ci a déclaré qu’une enquête serait ouverte.
Le 31 mai 2002, Mashhour Abou Eid, correspondant de l’agence de presse officielle jordanienne Petra, a été arrêté puis expulsé quatre jours plus tard. Mashhour Abou Eid a été accusé de n’avoir pas respecté une zone militaire fermée et d’avoir résisté à son arrestation »