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BOUCLIERS HUMAINS : NOUVELLE PREUVE DE LEUR UTILISATION PAR L’ARMEE ISRAELIENNE, A JENINE

15 mai – L’armée israélienne a utilisé mercredi des civils palestiniens, y compris des jeunes enfants, comme boucliers humains, lors d’une opération dans la ville de Jénine en Cisjordanie, visant à arrêter des Palestiniens recherchés, selon des témoins et un journaliste de l’AFP, rapporte l’agence de presse.


Cette information a été corroborée sur la base d’autres témoignages par l’association de défense des droits de l’homme israélienne B’Tselem, ajoute l’agence.

Interrogée, l’armée israélienne, a nié ces affirmations, qu’elle a qualifiées d' »infondées », affirmant que des soldats avaient essayé d’aider un groupe de civils qui avaient fui leur maison dans laquelle s’étaient réfugiés des activistes recherchés.

Selon le témoignage d’un correspondant de l’AFP, une unité de soldats israéliens a arrêté dans le centre de la ville autonome de Jénine (nord de la Cisjordanie) deux voitures civiles à une centaine de mètres de la maison dans laquelle étaient réfugiés les Palestiniens recherchés.

Les soldats ont forcé quelques uns des passagers à sortir de leur voiture et à s’approcher de la maison, avant d’ouvrir le feu sur le bâtiment, proche de l’hôpital central.

Cette information a été également relevée par B’Tselem, qui a ajouté enquêter pour déterminer si l’armée avait utilisé ou non comme boucliers humains des membres des familles des palestiniens recherchés.

Ewa, une volontaire britannico-polonaise de 24 ans travaillant au sein d’une organisation humanitaire (et qui a refusé de dévoiler son nom de famille), raconte qu’elle s’est approchée des lieux dès qu’elle a entendu les premiers coups de feu.

« Moi-même, deux femmes et trois fillettes palestiniennes, dont une âgée de 4 ans, avons été forcées par les militaires de nous asseoir près de la maison (où étaient retranchés les trois activistes) alors qu’ils tiraient sur le bâtiment », a-t-elle déclaré à l’AFP.

« On m’a autorisé à quitter les lieux et quand je suis revenue avec de l’eau pour une des femmes qui nécessitait des soins médicaux, j’ai été forcée de m’asseoir contre un mur », a-t-elle ajouté.

« Des soldats étaient debout près de nous (…), et d’autres étaient derrière le mur contre lequel nous étions assis, et lançaient des grenades contre le bâtiment », a-t-elle expliquée.

Selon un voisin, Mohammad Rehad, 42 ans, les boucliers humains ont été forcés de rester sur les lieux pendant une heure, alors que les soldats tiraient contre la maison.

Mais selon le commandant Sharon Feingold, porte-parole de l’armée, « au moment où nous avons encerclé le bâtiment, des coups de feu nourris ont été tirés en notre direction. »

« Peu après, alors que les tirs se poursuivaient, environ cinq civils sont sortis de la maison, parmi eux des enfants, et nous les avons aidé à se cacher derrière le mur, loin des tirs », a-t-elle dit, « à aucun moment, ils n’ont été retenus où forcer de rester sur place ».

Lors de cette incursion, trois activistes ont été capturés, dont un membre des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, groupe armé lié au Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, et, selon Saïd Atatra, un infirmier de l’hopital, un garçon a été tué et six autres Palestiniens ont été blessés par des tirs israéliens, alors qu’ils se trouvaient dans l’enceinte de l’hopital.

Des ONG israéliennes et palestiniennes ont reproché à plusieurs reprises à l’armée ainsi qu’au gouvernement israéliens d’avoir enfreint un arrêt provisoire de la Cour suprême rendu en août 2002 interdisant à l’armée de se servir de civils palestiniens comme « boucliers humains » lors de ses opérations dans les territoires occupés.