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UNE MISSION MEDICALE FRANCAISE INTERDITE DE SEJOUR A GAZA

28 mai – Tandis qu’à Jérusalem, le ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin célébrait la « relance » de la coopération scientifique entre la France et Israël, une mission médicale française, venue soigner des malades dans la bande de Gaza, a été contrainte d’annuler son départ, sans entraîner de protestation publique de la part des autorités françaises.


La mission, conduite par le Dr Philippe Luxereau, devait effectuer une série d’interventions de chirurgie réparatrice du handicap dans les hôpitaux de Khan Younès et Al Chifa (bande de Gaza). Sous l’égide de L’ONG Aide Médicale Internationale, elle devait également inclure le Pr Zulmar Accioli chirurgien, Le Dr Christophe Denantes anesthésiste, Mme Fara Benarab infirmière de bloc opératoire.

Elle devait arriver mercredi à l’aéroport Ben-Gourion, et de là se rendre à Gaza.

Mais lundi, les médecins français reçoivent un email du Consulat de France à Jérusalem, qui avait soutenu le projet, le 11ème du genre depuis février 2002.

Le diplomate leur écrit : « S’agissant du passage à Erez (frontière entre Israël et la bande de Gaza, NDR), la situation à ce jour reste inchangée : seuls peuvent passer les diplomates et aucune dérogation n’est accordée. Je ne vois malheureusement pas d’autres solutions que de remettre votre venue à des jours meilleurs. Croyez bien que j’en suis désolé.
Avec mes salutations les meilleures… »

Le lendemain, le même diplomate constate que la situation a empiré, puisqu’on a appris qu’à ce même point de passage d’Erez, des soldats israéliens ont ouvert le feu sur la voiture du représentant de la Suisse auprès de l’Autorité Palestinienne, sans faire de blessés.

Quant au nouveau formulaire d’entrée à Gaza qui comprend entre autres une décharge que tous les étrangers candidats à l’entrée à Gaza sont désormais obligés de signer à l’armée israélienne, dégageant par avance cette dernière de toutes les exactions qu’elle peut commettre, le Consulat de France à Jérusalem déconseille de la signer.
C’est bien beau, mais que faire ? Aucune protestation officielle du gouvernement français n’a été rendue publique à ce sujet, pas plus que sur l’impossibilité faite aux équipes médicales de faire leur travail. Le droit international et les considérations humanitaires ne semblent pas peser bien lourd.
On applaudit la décision du gouvernement israélien d’accepter le principe de la feuille de route (ne parlons pas de son contenu, qui ne l’est toujours pas), et l’on ferme les yeux sur le fait que ce dernier continue parallèlement à tuer des civils palestiniens à détruire des maisons et à refuser les soins qui doivent être apportés aux blessés.

« Dans de telles conditions d’incertitude, nous avons donc été contraints d’annuler la mission. C’est scandaleux, car elle avait été préparée de longue date. Nous avions prévenu le Consulat, et sollicité son aide, pour faire les démarches nécessaires auprès des autorités israéliennes. Il y a des patients qui nous attendent, là-bas. Mais nous ne lâcherons pas. Nous projetons un nouveau départ, fin juin, avec une équipe doublée, afin de pouvoir réaliser toutes les interventions programmées », nous déclare un des membres de la mission.