Pendant que l’on disserte sur la charte du Hamas et sur les menaces de « destruction d’Israël » (faudrait déjà se lever de bonne heure !)le gouvernement israélien ne perd pas le nord et poursuit les assassinats de civils dans les territoires palestiniens, sans que personne ne crie au terrorisme. Une fillette de 9 ans, Aya Al Astal, a été tuée sans sommations par les soldats israéliens pour s’être approchée trop près de la barrière de sécurité entre la Bande Gaza et Israël, la semaine dernière.
Cela s’est produit tandis que les adultes de sa famille étaient occupés à compter les bulletins de vote. L’armée a parlé de « bavure ».
Juste avant elle, un garçon de 13 ans, Mohamed Abu Aaalia, avait également été tué par l’armée, d’une balle dans le dos parce qu’il marchait le long d’une route réservée aux colons juifs. L’armée a expliqué que le jeune garçon « avait l’intention de lancer des pierres sur des voitures israéliennes ». Un acte de « terrorisme » caractérisé, donc pas de problème.
Quels sont les journalistes qui en ont parlé ? Ils ne peuvent pas tout faire : ils étaient occupés à demander au Hamas quand il allait déposer les armes !
Dans la famille de la petite Aya, certains ont voté pour le Hamas, d’autres pour le Fatah, mais ce n’est pas leur principale préoccupation aujourd’hui, comme vous l’aurez compris.
A part cela, deux autres Palestiniens, dont un enfant handicapé mental ont subi le même sort, tandis que 13 autres civils palestiniens, dont un enfant, ont été blessés ces derniers jours.
Ne parlons ni des 27 « incursions » de l’armée en Cisjordanie, ni des 53 Palestiniens arrêtés, dont 6 enfants, ni des 6 maisons palestiniennes transformées en postes militaires israéliens en moins d’une semaine. Le Mur de l’annexion se porte bien, merci. Il progresse, rapporte le PCHR; A Hébron notamment où 15 hectares de terre palestinienne ont été rasés au bulldozer; les colons israéliens poursuivent leurs agressions et ont entre autre détruit deux maisons à Bethléem.
Au lendemain des élections, Avi Dichter, ancien responsable des services secrets israéliens et principal chef d’orchestre des assassinats « ciblés » en Palestine vient de déclarer tranquillement (propos rapportés par l’agence Reuters le 29 janvier) qu' »Israël allait continuer à assassiner les militants du Hamas, qu’ils deviennent ministres ou pas ».
Ce criminel, auquel on ne manquera pas de dérouler le tapis rouge chez nous, a même donné des noms, citant celui d’ Ismael Haniyeh, l’un des responsables du Hamas, comme étant en bonne position sur sa liste. Amen ! Ont dit les médias en coeur.
Enfin, pour « solde de tous comptes », le ministre israélien de la défense vient de débourser quelques dizaines de milliers d’euros pour dédommager des Palestiniens qui avaient été torturés lors d’interrogatoires par les services secrets ou l’armée. Ils avaient été relâchés sans que rien ne puisse être retenu contre eux, et qui avaient déposé plainte il y a des années.
L’un d’entre eux a touché 25 000 euros pour la perte de ses testicules qui ont dû être amputés après avoir été sauvagement frappés. Ce qui a, comme on peut s’en douter, engendré quelques problèmes psychologiques chez ce jeune homme actuellement âgé de 31 ans.
Pas de tribunal, cela fait désordre, et que chacun se le tienne pour dit, cela ne créera aucun précédent, les tortures pourront continuer tranquillement, puisque depuis l’été dernier une nouvelle loi interdit à tout Palestinien des territoires occupés de porter plainte contre l’occupant.
Traduit par CAPJPO-EuroPalestine à partir du communiqué du PCHR, du Guardian et de Haaretz
http://www.haaretz.com/hasen/spages/677160.html


