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1975 : « L’Europe ne nous aime pas »

C’est en Europe que les Juifs ont subi les pires persécutions de leur histoire, qui ont atteint un paroxysme au XXème siècle avec le génocide, préparé puis perpétré par un régime nazi bénéficiant de la complicité, voire de la participation active de nombreux gouvernements du Vieux Continent.


Mais instrumentalisant cette réalité, les dirigeants israéliens ont toujours entretenu l’illusion que les Etats européens avaient des politiques « hostiles à Israël », à la différence des Etats-Unis, « naturellement alliés ».

Faux. C’est un pays européen, l’Union soviétique, qui est le premier à reconnaître Israël en 1948, et à lui vendre des armes sophistiquées, avant que les relations se détériorent dans les années suivantes. L’Allemagne de l’Ouest du début des années 1950, où bien des hauts fonctionnaires ayant fidèlement servi Hitler occupent encore des positions importantes, est pour sa part trop heureuse de s’acheter un brevet de bonne conduite, en versant à Israël des réparations financières au titre des souffrances infligées aux Juifs européens. C’est dans la société israélienne qu’on observe des réticences morales, bien compréhensibles, à la normalisation. Pas côté allemand.

Les autres grands pays européens, la France en premier lieu mais la Grande-Bretagne aussi, développeront très rapidement une relation privilégiée de soutien à Israël, dans le domaine militaire d’abord, puis économique, scientifique, culturel.

C’est dès 1975, on l’oublie souvent, que la Communauté économique européenne (CEE, ancêtre de l’Union européenne) donne à Israël un statut de membre associé, 10 ans avant la signature d’un accord similaire américano-israélien. Lorsqu’en 2002, les députés du Parlement européen votent la suspension du traité, pour protester contre la répression du peuple palestinien, leurs gouvernements refusent d’en tenir compte, et le statut privilégié d’Israël est maintenu. L’Union européenne est aujourd’hui le premier partenaire commercial d’Israël, loin devant les Etats-Unis.

C’est aussi dans les années 1970 qu’Israël entre dans les diverses institutions de l’Europe, bien que ce pays soit extérieur au continent : admission au réseau Eurovision, aux compétitions sportives européennes, etc.

Mais lorsqu’un dirigeant européen s’avise de lâcher quelques bonnes paroles sur les droits des Palestiniens, comme le fit le président français Jacques Chirac lors d’une mémorable scène filmée dans la Vieille Ville de Jérusalem en 1996, la « politique arabe de la France » est vite fustigée. Un « rééquilibrage », c’est-à-dire l’octroi d’avantages additionnels, est ensuite exigé par Israël. Et obtenu.

par CAPJPO-EuroPalestine


ENGLISH TEXT————————–

1975

“Europe doesn’t like us”

It was in Europe that the Jewish people suffered the worst persecutions in their history, reaching a nadir in the 20th century with the genocide prepared and perpetrated by a Nazi regime benefiting from the complicity, or even the active participation, of many governments on the Old Continent.

But the Israeli leaders have exploited this reality to maintain the fiction that European states conduct policies that are “hostile towards Israel”, unlike the United States, its “natural allies”.

This is false. It was a European country, the Soviet Union, which was the first to recognise the State of Israel in 1948 and to sell it sophisticated weapons, before relations deteriorated in the following years. In the early 1950s, West Germany, where many senior officials who had faithfully served Hitler still occupied important positions, was only too willing to buy itself a certificate of good conduct, by paying Israel damages for the suffering inflicted on European Jews. It was in Israeli society that reserves were expressed, quite understandably, about the morality of normalising relations. Not in Germany.

The other large European countries, France and then Great Britain, quickly developed a special relationship in support of Israel, firstly in the military domain, and then economic, scientific and cultural.

It is often forgotten that the EEC (European Economic Community – the forerunner of the European Union) gave Israel the status of associate member as early as 1975, ten years before the signing of a similar agreement between Israel and the USA. When the members of the European Parliament voted to suspend the agreement in 2002, to protest against the repression of the Palestinian people, their national governments refused to accept this vote, and the special status of Israel was maintained. Today, the European Union is the leading commercial partner of Israel, far ahead of the USA. And it was also in the 1970s that Israel entered many different European institutions (the Eurovision network, sporting competitions, etc.), despite the fact that the country actually lies outside the continent.

But when European leaders dare to say a few words about Palestinian rights, as French President Jacques Chirac did during a memorable scene filmed in the Old City of Jerusalem in 1996, their “pro-Arab policy” is immediately denounced. “Greater balance” – i.e. the granting of further advantages – was then demanded by Israel, and obtained.

By CAPJPO-EuroPalestine