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1974 : Rabin / Sharon : le mythe gauche / droite

« La guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires », disait en 1917 le chef du gouvernement français Georges Clemenceau, pendant la boucherie de Verdun. En 1974, Israël applique un principe inverse, selon lequel « la politique est une chose trop sérieuse pour être confiée à des civils ».


C’est donc un militaire qui devient Premier ministre, en la personne du général Yithzak Rabin, auréolé de ses victoires de 1967. Pourtant, la carrière du futur Prix Nobel de la Paix a commencé de manière peu glorieuse.

Yithzak Rabin porte en effet la responsabilité d’avoir conduit l’une des opérations les plus dures de la déportation du peuple palestinien. En juillet 1948, ses troupes se sont emparées facilement des villes palestiniennes de Lydda (en hébreu, Lod) et Ramleh, après avoir mitraillé les rues et bombardé les mosquées.

Le jeune commandant de 26 ans demande à son leader Ben Gourion des indications concernant les 70.000 habitants des deux villes. Ben Gourion ne lui dit rien, mais fait de la main un geste éloquent. Rabin comprend vite, et les soldats expédient aussitôt la foule impuissante sur les routes, n’hésitant pas à tirer sur les traînards et les récalcitrants.

Il n’est donc pas étonnant, en 1974 en tout cas, que le nouveau Premier ministre « travailliste » aille chercher dans les rangs du Likoud un Conseiller spécial pour les affaires de sécurité nommé … Ariel Sharon !

Sharon est alors à l’exact milieu de sa très longue carrière criminelle. Né en 1928 près de Jaffa, élevé par des parents sionistes dans la haine de l’indigène arabe, Ariel Sharon est enfant-soldat dès l’âge de 14 ans dans une première milice, la Gadna, avant d’intégrer l’armée nationale en 1948, comme capitaine. Chaque épisode de la vie militaire de Sharon se caractérisera ensuite, non seulement par des exploits guerriers, régulièrement vantés par une presse complaisante, mais surtout par l’extrême brutalité du personnage, contre les populations civiles palestiniennes bien sûr, mais aussi dans l’exercice de la guerre conventionnelle, où il fait procéder à l’exécution sommaire de centaines de prisonniers égyptiens désarmés.

Pour autant, pas plus que Rabin, Sharon n’est une brebis galeuse de l’histoire du sionisme. Dès le début des années 1950, le fondateur de l’Etat, David Ben Gourion avait salué ce « bagarreur », et vu en lui le prototype du « Juif Nouveau », devant servir de modèle à tout citoyen du pays.

par CAPJPO-EuroPalestine


ENGLISH TEXT————————-

1974

Rabin/Sharon: the left-right myth

War is too important to be left to the generals,” said the head of the French government George Clemenceau in 1917 at the time of the slaughter at Verdun. In 1974, Israel applied the principle in reverse, in which “politics are too important to be left to the civilians”. Thus, a soldier became prime minister, in the person of Yitzhak Rabin, star of the 1967 victories. Yet the career of the future winner of the Nobel Peace Prize hardly began in a glorious way.

In fact, Yitzhak Rabin bears the responsibility for having led one of the harshest deportation operations against the Palestinian people. In July of 1948, his troops easily seized the Palestinian cities of Lydda (Lod in Hebrew) and Ramleh, after machine-gunning the streets and bombarding the mosques.

The young 26-year-old commander asked his leader Ben Gurion for information about the 70,000 inhabitants of these two cities. Ben Gurion said nothing but made an expressive hand gesture. Rabin quickly understood, and his soldiers were not long in sending the powerless crowds onto the roads leading out of town, not hesitating to shoot at the stragglers and resisters.

The exodus of Palestinians, without water, under the sweltering summer sun, was transformed into a death march for hundreds of infants and elderly. It was no coincidence, then, that in 1974 the new “leftist” Labour Party prime minister would search within the ranks of the right-wing Likud for a new Special Advisor on security affairs, a man by the name of…. Ariel Sharon.

Sharon was then at the mid-point in his long criminal career. Born in 1928 near Jaffa, raised by Zionist parents in a spirit of hatred for the indigenous Arab, Ariel Sharon became a child-soldier at the age of 14, in an entry-level militia, the Gadna, before joining the national army in 1948, as a captain. Each episode of Sharon’s military life was characterized not only by its warrior exploits, typically bragged about by a fawning press, but above all by its extreme brutality. This brutality was directed against Palestinian civilian populations, for sure, but it also occurred within the exercise of conventional war, for example when he proceeded to summarily execute hundreds of unarmed Egyptian prisoners.

Even with this background, Sharon is not a black sheep in the history of Zionism, no more than Rabin would be. Ever since the beginning of the 1950s, David Ben Gurion had saluted Sharon the “brawler”, and seen in him the prototype of the “New Jew”, serving as a role model for every citizen of the nation.

By CAPJPO-EuroPalestine