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1967 : le bluff du danger existentiel

La « Guerre des Six Jours », au cours de laquelle l’armée israélienne écrasa celles de trois Etats arabes (Egypte, Syrie, Jordanie), du 5 au 10 juin 1967, fut un succès militaire impressionnant pour Israël. Elle généra, par contre, un sentiment d’humiliation et de colère pour tous les peuples arabes à qui leurs dirigeants avaient promis qu’en cas de conflit, la Palestine serait libérée de l’occupant sioniste. Ce ne fut pourtant ni la bataille de « David contre Goliath », ni la lutte du peuple juif pour conjurer un « nouvel Auschwitz », comme le claironnèrent les médias à l’époque.


Ne pouvant cacher que c’est leur armée qui avait pris l’initiative des opérations, au matin du 5 juin 1967, les dirigeants israéliens ont longtemps affirmé qu’ils n’avaient fait là que se prémunir d’une agression imminente, les discours belliqueux des dirigeants arabes confortant leur thèse.

A distance, la recherche a révélé un tout autre scénario. A savoir, que les dirigeants israéliens, et plus particulièrement les chefs de l’armée, réclamaient une guerre.

L’historien israélien Tom Segev raconte bien comment, dans les semaines puis les jours qui ont précédé l’attaque, les généraux n’ont cessé de faire pression pour « régler nos comptes avec les Arabes une fois pour toutes ». Enervé par les hésitations du Premier ministre Levi Eshkol, un général nommé Ariel Sharon envisage même un coup d’Etat militaire pour s’assurer que la guerre aura bien lieu, et il s’en ouvre à son chef Ytzhak Rabin.

Finalement, Eshkol accepte, mais il exige que Washington donne son feu vert préalable. Le Président américain Johnson dit OK, et confirme aux délégués israéliens que militairement, ils disposent bien d’une supériorité a priori écrasante. Un gouvernement « d’Union Sacrée » est formé, où est convié, pour la première fois, le patron de l’extrême-droite Menahem Begin, et c’est l’attaque.

L’aviation israélienne détruit au sol une armée de l’air égyptienne assoupie sur des aérodromes non protégés, et permet à ses troupes terrestres de mener une offensive-éclair, qui conduit à la conquête rapide de la bande de Gaza, du Sinaï, de la Vieille Ville de Jérusalem et de la Cisjordanie, ainsi que du plateau du Golan en Syrie, avant que les Nations Unies ordonnent un cessez-le-feu. Le « Grand Israël » prend forme.

par CAPJPO-EuroPalestine


ENGLISH TEXT—————————–

1967

Bluffing: the « Threat to Israel’s Survival »

The “Six Day War” which saw the Israeli army crush the armies of three states (Egypt, Syria and Jordan), between 5 and 10 June 1967, was an impressive military success for Israel, triggering feelings of humiliation and rage among all Arab peoples, whose leaders had promised them that, in the event of conflict, Palestine would be liberated from the Zionist occupier. This was neither the battle of David vs. Goliath nor the struggle of the Jewish people to ward off a “new Auschwitz”, contrary to the media trumpeting of the period.

Unable to hide the fact that their army had initiated the conflict on the morning of 5 June 1967, the Israeli leaders for a long time contended that they had done it in order to protect themselves against an imminent attack. The bellicose speeches emanating from Arab leaders served to back up this claim.

The perspective of history reveals an entirely different scenario. From what is now known, Israeli leaders, and particularly the heads of the army, had argued for a war. Israeli historian Tom Segev tells how, during the weeks and days leading up to the attack, the Israeli generals had applied constant pressure to settle the score with the Arabs once and for all. Irritated by Prime Minister Levi Eshkol’s hesitation, a general named Ariel Sharon had even thought about a military coup d’état in order to ensure that war did indeed take place, and confided in his chief Ytzhak Rabin.

Finally, prime minister Eshkol accepted, but demanded that prior to an attack, Washington should give the green light. The American president, Lyndon Johnson, gave his OK, confirming to the Israeli delegates that they had an overwhelming military superiority. A government of “Sacred Unity” was formed. For the first time, the head of the extreme right, Menachem Begin, was invited to participate. The attack was on.

Israeli aviation destroyed the Egyptian air force, still on the ground in unprotected airports, thus allowing Israeli land forces to engage in a lightning offensive. This led to the rapid conquest of the Gaza Strip, Sinai, the old city of Jerusalem, and the West Bank, as well as the Golan Heights of Syria, before the United Nations ordered a cease fire. The “Greater Israel” had taken shape.

By CAPJPO-EuroPalestine